[LE RÉSUMÉ] « Les beaux jours de la télévision »

Retrouvez l’essentiel de la conférence « Les beaux jours de la télévision ».

Bolloré a fait parler de lui pendant la conférence. Photo : Lucie Martin

 

Animé par Albéric de Gouville, rédacteur en chef de France 24, avec Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, journalistes à Les Jours et auteurs de Comment Vincent Bolloré a mangé Canal+ aux éditions du Seuil et Bruno Patino, directeur éditorial d’Arte et auteur de Télévisions aux éditions Grasset.

 

LES ENJEUX

L’image et la vidéo sont plus de plus présentes sur les réseaux sociaux mais la télévision, elle, est toujours là. Alors que la mutation numérique qu’elle a entamée s’annonce floue, certaines chaînes sont en pleine reconstruction.

 

CE QU’ILS ONT DIT

Bruno Patino : « L’histoire du livre est assez simple : j’ai toujours écrit sur l’évolution du média dans lequel je travaillais. La télé a été faite par des êtres humains et elle en train d’être prise par des systèmes. Je suis convaincu que le moment de disruption de la télévision ces dernières années, c’est Facebook Live et Periscope. Les chaînes se réfugiaient derrière le direct. Mais on s’est rendu compte qu’un réseau social pouvait faire du live. La télévision n’est pas en train de disparaître mais les chaînes vont être une des nombreuses propositions éditoriales en terme de vidéo. »

Raphaël Garrigos : « Vincent Bolloré a revendu Direct 8 à Canal contre de l’argent et des actions Vivendi et il a réussi à prendre la présidence de Vivendi. Un des premiers gestes de Canal + après avoir repris Direct 8, c’est d’avoir viré Jean-Marc Morandini. Quand Vincent Bolloré reprend le groupe, il met Jean-Marc Morandini sur Itélé. Si cette violence avait rapporté de l’argent à l’actionnaire… Mais ça ne marche pas. Vincent Bolloré fait de la télévision comme avec ses conteneurs en Afrique. »

Isabelle Roberts : « Ce qui est très violent dans l’histoire des licenciements des cadres de Canal +, c’est que Vincent Bolloré n’a même pas prononcé leur nom. Il a réussi à faire partir la rédaction d’Itélé sans plan social, ce qui n’est pas légal. Il a un aspect paternaliste envers les anciens de Direct 8, il leur dit bonjour. Certains l’appellent Papa Bolloré. »

 

À RETENIR

Les beaux jours de la télévision : un nom pas forcément approprié pour cette conférence au cours de laquelle ont été abordées le moment compliqué que vit Canal+ et la mutation en cours de la télévision.

Marcellin Robine

[EN PLATEAU] Jean Kouchner, secrétaire général de l’Union internationale de la presse francophone

Quelle est la situation de la presse francophone aujourd’hui ? Quelles évolutions connaîtra-t-elle dans les prochaines années ? Plusieurs facteurs entrent en jeu. La démocratisation et la liberté de la presse avant tout. Mais aussi la situation politique et économique dans les quelques 110 pays où intervient l’Union internationale de la presse francophone (UPF). Jean Kouchner, secrétaire général de l’UPF, a répondu aux questions de Naïla Derroisné et de Mathilde Errard. 

[LE RÉSUMÉ] « Des blogs aux réseaux sociaux : vers un journalisme d’indépendants »

Découvrez l’essentiel de la conférence « Des blogs aux réseaux sociaux : vers un journalisme d’indépendants ».

Twitter est devenu un outil primordial pour les journalistes. Photo : Martin Esposito

 

Animé par Jean-Marie Charon, avec Corine Audouin, journaliste Enquêtes-Justice France Inter et livetweeteuse de procès, Jean-Sébastien Barbeau, doctorant au Centre d’analyse et de recherche interdisciplinaire sur les médias (CARISM) et Grégoire Lemarchand, journaliste à l’AFP.
 

LES ENJEUX

Des blogs aux réseaux sociaux, les journalistes adoptent toujours de nouveaux espaces d’expression. Sur Twitter, ils trouvent un fil d’information continu auquel ils contribuent plus ou moins ponctuellement. Ces outils permettent aux journalistes de devenir plus indépendants face à leurs rédactions et changent leur relation au public.

 

CE QU’ILS ONT DIT

Corinne Audoin : « Le premier procès que j’ai live-tweeté, je l’ai fait pour moi, j’avais besoin d’extérioriser. Par la suite, j’ai trouvé ça addictif, en terme d’écriture c’est proche de l’écriture radiophonique. Je ne vais pas dire que j’écris sur Twitter comme en radio mais je m’oblige à faire des phrases courtes et simples, je m’oblige pour que ça rentre. Maintenant je ne m’imagine plus un procès sans live-tweeter. Quand je tweete c’est pour les gens qui sont à l’extérieur du procès. Je réponds volontiers à toutes les questions, il y a un vrai côté pédagogique. Si un journaliste se prive de Twitter, je trouve qu’il s’ampute de quelque chose. »

Grégoire Lemarchand : « Les réseaux sociaux ont bousculé les médias mais encore plus l’AFP, car du jour au lendemain on s’est retrouvé face au public, aux lecteurs. Il y avait une méconnaissance de l’AFP : non, on n’est pas qu’une agence nationale, non, on n’écrit pas de communiqués mais des dépêches. »

 

À RETENIR

Twitter et Facebook sont aujourd’hui un enjeu important du journalisme. Ils deviennent des portes d’entrée vers les médias et apportent de nouveaux lecteurs. Ils permettent aussi de se rapprocher de ces derniers. Pourtant, les réseaux sociaux restent un risque pour les journalistes : il faut faire attention à ne pas aller trop vite et à vérifier ses sources.

Laura Bannier

[LE RÉSUMÉ] « Quel statut pour les journalistes dans dix ans ? »

Découvrez l’essentiel de la conférence  « Quel statut pour les journalistes dans dix ans ? »

 

Les pigistes étaient au centre du débat. Photo : Lucie Martin

 

Animé par Manuel Jardinaud, président d’honneur de l’Association des journalistes de l’information sociale (AJIS). Avec Delphine Bauer, journaliste indépendante, membre du collectif Youpress ; Isabelle Bordes, secrétaire générale de CFDT-Journalistes ; Marianne Chollet, Audiens ; Camille Dupuy, chercheuse, auteure de Journalistes, des salariés comme les autres ? ; Mehmet Koksla, représentant de la FEJ (Fédération européenne des journalistes) ; Vincent Lanier, secrétaire général du SNJ ; Anne-Gaëlle Moulun, journaliste scientifique et co-présidente de profession : pigiste ; Hervé Rony, directeur général de la SCAM ; Emmanuel Vire, secrétaire général SNJ-CGT ; Bénédicte Wautelet, président de la CCIJP.

 

LES ENJEUX

Les métiers du monde des médias ont muté avec la révolution du numérique et des pratiques. Alors que la profession se précarise, et que ses modes de rémunérations se diversifient, qu’en sera-t-il dans dix ans ? Le rôle de la carte de presse va-t-il évoluer ? Comment le statut de journaliste doit-il changer pour garantir la protection et donc la qualité de ce métier ?

 

CE QU’ILS ONT DIT

Vincent Lanier : « Une partie des employeurs ne veulent plus payer en salaire mais sous le régime de l’autoentrepreneuriat. C’est un danger. D’autant que la plupart des journalistes connaissent mal leurs droits. À se demander si on en parle assez dans les écoles…. Il faut surtout mettre en garde les jeunes journalistes sur les chimères des entrepreneurs qui coupent le journaliste de ses droits. La réalité, c’est qu’on a des employeurs qui voudraient qu’on travaille gratuitement. »

Isabelle Bordes : « Il y a un paradoxe. La France est un pays où les journalistes sont les plus protégés, les pigistes notamment. Mais ce droit devient une fiction. Tous les textes existent mais on ne les respecte pas. On ne peut pas faire ce métier en dehors du salariat. La CCIJP a une responsabilité dans l’évolution du statut. Mais on voit bien qu’il y a tous ces statuts parallèles qui se développent, et donc il y a des milliers de journalistes qui s’éloignent de la carte. Ce n’est pas la CCIJP qui peut obliger les employeurs à payer. C’est le boulot des pouvoirs publics de faire appliquer le droit et celui des syndicats mais pour ça il faut se syndiquer. »

Delphine Bauer : « Évidemment qu’il y a un droit qui nous encadre et nous protège. Mais le problème, c’est que nous ne sommes pas formés à nos propres droits. Il est très difficile de les faire respecter. Certains directeurs de rédaction sont bienveillants, mais dans toutes les étapes de notre travail, c’est un parcours semé d’embûche. On adore notre métier, on a choisi d’être pigiste, mais c’est très compliqué. On veut autant faire réfléchir à des nouvelles pratiques et à la qualité de l’information qui est mise à mal par la réduction de notre rémunération. »

Hervé Rony : « Aujourd’hui, à un moment où il y a de plus en plus de pigistes et donc moins de salariés, il faut que le métier de journaliste intègre la dimension du droit d’auteur. Il faut réfléchir ensemble au poids du droit d’auteur. »

 

À RETENIR

Le débat a beaucoup tourné autour de la pige, un débat cristallisant de la profession. Les intervenants ont plutôt fait état du statut actuel du journaliste plus que de l’avenir en lui-même.

Lénaïg Le Vaillant

[ENQUÊTE] Opérateurs mobile, sauveurs
de la presse ?

SFR et Orange proposent une initiative inédite : coupler abonnements téléphoniques et kiosques en ligne. Les opérateurs ont la volonté de donner un second souffle à la presse écrite. Mais ce modèle est-il une solution pour des journaux qui peinent à se vendre ?

En janvier 2017, l’application SFR Presse aurait été téléchargée 1,5 million de fois. Photo : Martin Esposito

 

Le Figaro, Libération, Le Parisien – Aujourd’hui en France, l’Express, Sud Ouest, le Journal du dimanche, Elle, Paris Match… Tous ces titres sur une même plateforme, tous réunis dans une application téléchargeable sur les téléphones portables, les tablettes et les ordinateurs. C’est ce que propose SFR Presse depuis le mois d’avril 2016. L’offre contenait à l’origine 18 titres. Depuis, elle n’a cessé de s’enrichir au fil des mois, pour atteindre le nombre de 65.

Un kiosque virtuel : rien de nouveau à première vue. L’un des plus connus, le néerlandais Blendle regroupe déjà plus de 100 titres, dont le New York Times et le Huffington Post. Mais les différences de fonctionnement sont majeures. Pour SFR, le kiosque est compris dans la plupart des abonnements mobile et englobe tous les titres alors que pour Blendle, l’achat se fait à l’unité. Les personnes qui n’ont pas de forfait chez l’opérateur ne sont pas en reste. Elles peuvent s’abonner pour la modique somme de… 19,99 euros par mois. C’est parfois le prix d’un unique abonnement pour certains titres de presse.

Le principe ? Les utilisateurs téléchargent les journaux de leur choix au format PDF, avant la sortie en kiosque. L’accès en avant-première et en illimité est garanti pour 65 titres. Et ça semble marcher : l’opérateur annonçait, dans un communiqué de presse en date du 8 mars 2017, avoir franchi les dix millions de téléchargements. Pour le seul mois de janvier 2017, SFR Presse a battu des records : l’application aurait été téléchargée 1,5 million de fois. Une explosion certainement due à l’arrivée de nouveaux titres sur la plateforme : Elle, Paris Match, Le Figaro, Le Figaro Magazine, Madame Figaro, Télé 7 jours et La DépêcheEt tout ça pour le même prix.

 

 

SFR n’est pas le seul opérateur à avoir mis en place une offre. Depuis juillet 2015, Orange est partenaire de ePresse. Ce kiosque en ligne compte plus de 500 titres. Mais le système diffère : l’engagement comporte là quinze crédits mensuels à dépenser dans le catalogue de quotidiens. Un titre correspond généralement à un crédit. L’option est uniquement accessible aux clients Orange. Les abonnés déboursent seulement 10 euros par mois, sans engagement, et peuvent résilier leur abonnement dès qu’ils le souhaitent.

Johan Hufnagel, numéro deux de la direction de Libération, paraît satisfait du service : « Faire partie du service SFR Presse est extrêmement intéressant. SFR a 18 millions de clients, ce qui représente pour nous un immense réservoir de lecteurs. » A l’heure où les kiosques meurent à petit feu, SFR Presse représente une option intéressante. Libération enregistrait par exemple pour l’année 2015 une importante baisse de 17,04 % de ses ventes en kiosque, selon l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias.

Merci les opérateurs ?

Michel Combes, le PDG du groupe SFR voit grand pour le projet : « Tous nos compétiteurs vont faire la même chose : je pense que notre initiative sera copiée, y compris à l’étranger. »  Et si la presse toute entière devait dire merci aux opérateurs ? En façade, le modèle paraît être une véritable révolution. Dans les faits, c’est bien moins idyllique.

Dès lors qu’on aborde la question de la rémunération, les portes se ferment. Libération fait partie des titres les plus téléchargés chaque jour sur l’application SFR Presse mais Johan Hufnagel reste discret concernant les tarifs. Il confie tout de même que « tous les titres de presse ne touchent pas la même somme. Libération est en train de négocier, dans l’intérêt de tous. » Selon une enquête du magazine Challenges de février, « l’éditeur ne perçoit généralement que quelques centimes par exemplaire. »

C’est pour ça que certains refusent de se soumettre à ce système. Etienne Gernelle, directeur du Point, s’indignait mardi 14 mars dans l’émission L’instant M sur France Inter : « SFR est une machine à tuer la presse. » Il reproche à l’opérateur les tarifs qu’il propose. Une rémunération trop faible qui met, selon lui, en danger la qualité de la presse. D’autres, comme le magazine Society, ont quitté le service.

 

 

Cela n’empêche pas les opérateurs mobiles de se présenter comme les sauveurs de la presse. « Nous rémunérons les journaux, c’est une nouvelle source de revenus pour eux », se félicitait Michel Combes, le 10 février 2017 devant l’Association des journalistes médias. Certes, mais cette nouvelle offre peut aussi ralentir les autres options de ventes, en kiosques, avec des abonnements directs à un titre… Des offres qui sont, finalement, davantage rémunératrices que le téléchargement d’exemplaires en passant par SFR ou Orange.

Cet intérêt soudain pour sauver la presse pourrait cacher aussi un tout autre dessein : assurer une optimisation fiscale. La presse bénéficie d’un taux de TVA à 2,1 %, nettement plus bas que celui appliqué habituellement sur les abonnements téléphoniques, qui s’établit à hauteur de 20 %. Le groupe, en couplant le service SFR Presse et les abonnements, finit, grâce à ce tour de magie, par faire des économies sur ses reversements de TVA à l’Etat. Le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne dénonçait une « instrumentalisation fiscale » dans un communiqué publié le 28 avril 2016 avant de rappeler que « ce taux réduit tire sa légitimité du rôle constitutionnellement reconnu de la presse pour permettre aux citoyens d’accéder à l’information nécessaire à la formation de leurs opinions. »

Patrick Eveno, spécialiste de l’histoire des médias et utilisateur assumé de l’application, admet que le modèle ne va peut-être pas durer avant de poursuivre : « Certes, la rémunération est faible mais SFR Presse donne quelques années de sursis à des titres, comme Libération, dont le modèle est déjà mort. »

Philippine David et Léna Soudre

 

[EN PLATEAU] Jason Reifler, chercheur spécialisé
du fact-checking

Le fact-checking, ou l’art de vérifier les faits relatés par les personnalités politiques, les experts ou les médias eux-mêmes. Pourquoi est-il si populaire aujourd’hui ? Est-ce un effet de mode ? Quels impacts a-t-il sur la société et peut-il renouer le lien de confiance entre journalistes et publics ? Pour répondre à ces questions, Lénaïg Le Vaillant et Salomé Mesdesirs ont reçu Jason Reifler, Professeur en Sciences politiques à l’Université d’Exeter (UK) et chercheur spécialisé dans le fact-checking.

La vidéo étant en anglais, nous vous conseillons d’activer les sous-titres afin de bénéficier d’une traduction en français.

[LE RÉSUMÉ] « L’ODI présente son rapport annuel : « l’information au cœur de la démocratie »

Découvrez le résumé de la présentation du rapport annuel de l’Observatoire de la déontologie de l’information (ODI).

Patrick Eveno. Photo : Simon Bolle

 

Animé par Patrick Eveno, président de l’ODI. Avec Michèle Léridon, directrice de l’information à l’Agence France Presse, Marcel Desvergne, président de l’association des lecteurs, internautes et mobinautes de Sud-Ouest.

 

LES ENJEUX

La tension s’est accrue entre les médias et les politiques. Entre post-vérité, fake news et propagande, l’ODI estime que les médias doivent prendre le dessus sur cette situation avec leurs armes professionnelles. La déontologie est l’une d’entre elle.

 

ILS L’ONT DIT

Michèle Léridon : « L’année 2016 a été marquée par l’élection de Donald Trump. Ça a entraîné un mea culpa de la part des médias. À l’Agence France Presse (AFP), nous avons lancé une réflexion dans toute la rédaction pour tirer les leçons de l’élection. Dans les enseignements, nous avons remarqué qu’il y avait un retour aux fondamentaux, à l’impartialité, à la prudence. Il faut privilégier le travail sur le terrain. »

Marcel Desvergne : « Il y a quelque chose de très important, c’est la notion de confiance. J’ai été président de la société des lecteurs du Monde et j’ai vu que les questions autour de la confiance ne se sont jamais posées. On a traité des questions liées au traitement de l’actualité mais nous n’avons jamais fait de réunion sur les problèmes déontologiques. »

À RETENIR

La tendance constatée lors de l’année écoulée est qu’il y a une pression croissante de certaines institutions. Certaines cherchent à brider l’information au nom d’un intérêt économique par exemple. Pour cela, l’ODI estime que les politiques et les pouvoirs publics doivent garantir aux journalistes le libre exercice de leur profession. Mais l’observatoire estime qu’il est urgent de retisser les liens qui unissent les médias à la société. Les journalistes doivent réaffirmer le respect des faits contre les mensonges, les manipulations et autres propagandes toxiques tout en rappelant que le journalisme est une composante essentielle de la société démocratique.

Bastien Bougeard

[LE RÉSUMÉ] « Place et rôle du community manager »

Retrouvez l’essentiel de la conférence : « Place et rôle du community manager »

Le community manager fait le pivot entre le journaliste et l’aspect marketing. Photo : Martin Esposito

 

Animé par Aurélie Aubert, maître de conférence à l’Université Paris 8. Avec : Sandy Montanola, enseignante chercheure à l’Université de Rennes 1 et responsable du DUT Journalisme de l’IUT Lannion ; Christophe Gimbert, maître de conférence à Sciences-Po Rennes ; Coralie Le Caroff, enseignante à l’Université Paris 2 ; Nikos Smyrnaios, maître de conférences à l’IUT A de l’Université Toulouse 3.

 

LES ENJEUX

En quelques années, les modalités d’information ont diamétralement changé – surtout chez les 18-35 ans -, donnant aux réseaux sociaux une place centrale. Dans ce nouvel écosystème informationnel, les community managers (CM) voient les contours de leur profession évoluer, entre journalisme 2.0, marketing et interaction avec le public.

 

CE QU’ILS ONT DIT

Sandy Montanola : « Le rôle du community manager évolue petit à petit au sein des entreprises. Le métier tend un peu plus vers le journalisme que vers le marketing. On passe du community manager au journaliste réseaux. »

Christophe Gimbert : « Pour faire le métier de community manager, il faut être courageux, endurant et porter des lunettes roses, pour résister à la vague de méchanceté qui se déverse sur les réseaux sociaux. »

Coralie Le Caroff : « Aujourd’hui, quand on est en désaccord avec un article, on partage notre indignation sur la page du média en question. Mais quand on est d’accord, on le partage sur les réseaux sociaux. »

Nikos Smyrnaios : « L’information en ligne prend une tournure difficile. D’une part, touchés par la crise économique, les médias n’ont plus les ressources nécessaires pour gérer le volume des commentaires. D’autre part, les médias doivent faire face à la crise politique avec une montée des populismes, des propagandes extrêmes, des théories conspirationnistes. »

 

CE QU’IL FAUT RETENIR

Le community manager est un membre de la rédaction à part entière. Il fait le pivot entre journalisme et marketing, en saisissant les réseaux sociaux pour amener le journal au coeur du débat citoyen. Le community manager a aussi le rôle de modérateur des commentaires : il filtre ce qui va être visible, ou pas, sur le web. Mais comment allier ligne éditoriale du média pour lequel il travaille, stratégie économique et liberté d’expression ? La question reste en suspens.

Sophie Lamberts

[EN PLATEAU] Maria Santos Sainz, maître de conférence à l’IJBA

Après avoir participé à l’atelier « Journalisme dans 10 ans : la parole aux étudiants », Maria Santos-Sainz, maître de conférences au sein de l’Institut de journalisme Bordeaux-Aquitaine (IJBA), est passé par le plateau de l’EPJT. Simon Abraham et Manon Vautier-Chollet, étudiants à l’EPJT, l’ont interrogé sur le journalisme de demain.  Selon elle, dans dix ans, le journaliste devra être de plus en plus polyvalent. La formation, elle, va devoir s’adapter aux évolutions de la profession. Et les étudiants se questionnent sur l’avenir de leur métier. 28 d’entre-eux, issus des 14 écoles de journalisme reconnues, étaient présents au cours de cet atelier.

[LE RÉSUMÉ] « 2007-2017, le grand bouleversement »

Retrouvez l’essentiel de la conférence : « 2007-2017, le grand bouleversement ».

Pour Patrick de Saint-Exupery, les dix dernières années ont été une période de bouleversement. Photo : Lucie Martin

 

Animé par Jacques Rosselin, dirigeant de l’EFJ. Avec Agnès Chauveau, directrice de la direction déléguée à la diffusion et à l’innovation à l’INA, Pierre Haski, chroniqueur à l’Obs, Géraldine Muhlmann, professeur des universités (science politique et philosophie et journaliste) et Patrick de Saint-Exupéry, journaliste, cofondateur de la revue XXI.

 

LES ENJEUX

Retour une décennie en arrière pour cette conférence. 2007-2017 sonnait la naissance des pureplayers, puis des réseaux sociaux, complétés par la vidéo, sans oublier l’arrivée de la gratuité. Des changements qui ont façonné l’information d’aujourd’hui, et la manière de la traiter. Comment créer et innover par les temps qui courent ? Et à l’ère du web, le journalisme est-il une affaire de technologie ? La question se pose. L’enjeu est aujourd’hui de savoir comment s’inscrire dans une nouvelle dynamique d’information.

CE QU’ILS ONT DIT

Jacques Rosselin : « La première moitié des années 1990 a connu l’arrivée d’internet. Et le net a explosé dans la deuxième moitié des années 1990. C’est maintenant que les choses sérieuses commencent. »

Agnès Chauveau : « Nous n’avons pas vécu un grand bouleversement, mais des grands bouleversements. La manière de s’informer s’est modifiée, tout comme la manière d’informer. Les réseaux sociaux ont aujourd’hui un poids considérable, et les rédactions sont comme dépossédées de leur contenu. J’ai la sensation qu’il n’y a plus de hiérarchie de l’information. Mais notons que nous n’avons jamais été aussi informés. »

Pierre Haski : « Le maître mot de notre époque reste expérimentation. On continue à expérimenter. Le produit de ces dix ans passés est la vivacité des entreprises de presse indépendantes qui continuent de créer. Il faut continuer à se jeter à l’eau sans avoir la garantie que ce que nous faisons est au point. »

Géraldine Muhlmann : « Le journalisme, c’est d’abord raconter des morceaux de réalité. Il permet d’apporter des faits. Il y a dix ans, nous nous sommes dits : le net sera un moment important, on aura plus de place, on pourra raconter plus de choses. Quand les nouveaux médias sont apparus, comme les réseaux sociaux, on a eu l’impression de ne plus raconter des histoires mais de devenir une presse d’opinion. Et ça, ça a fait du mal au journalisme. »

Patrick de Saint-Exupéry« La promesse ces dix dernières années est la gratuité. Quand on rentre dans cette logique, quelle est la valeur de l’information ? Et puis l’audience est liée à la publicité… Je fais un constat : nous arrivons peut-être à la fin de ce cycle. L’information a une valeur, c’est du travail, ce sont des compétences. Ça n’est pas gratuit. Pendant ces dix années, j’ai parfois eu le sentiment de voir un film en accéléré. Je ne comprenais plus rien, je ne voyais pas le journalisme dedans. Enfin le ressort fondamental du journalisme est-il le moyen ou la finalité ? »

 

À RETENIR

Un fossé s’est creusé entre l’univers des médias et des citoyens. Un brouillage total pour lequel il n’y a pas de réponse pour l’instant. Mais en dix ans la profession a fait énormément de chemin, bien que de nombreux problèmes restent à régler. Un n’a pas été résolu et reste essentiel : la crédibilité des journalistes. Tous les médias n’ont pas encore émergé. Quant à la question de la gratuité, la fin de ce cycle est peut-être arrivée…

Manon Vautier-Chollet

[LE RÉSUMÉ] « EMI : jamais sans la famille ! »

Retrouvez l’essentiel de la conférence « EMI : jamais sans la famille ! ».

Selon les responsables de médias français, les parents ont un rôle à jouer dans l’éducation à l’information de leurs enfants. Photo : Lucie Martin

Animé par Marie-Laure Augry, médiatrice des rédactions de France 3, avec Stéphane Fouéré, vice-président national en charge des droits et libertés et international à la FCPE, Olivier Gérard, coordonnateur du pôle média-usages numériques à l’UNAF, Hélène Grimbelle, secrétaire nationale de la Ligue de l’enseignement ; Alexandrine Blavet, PEEP, Laurent Garreau, CLEMI.

LES ENJEUX

Lutter contre la désinformation. Apprendre à décrypter les milliers d’informations que se partagent les jeunes, cela ne peut ne faire sans les familles. Pour la première fois, les responsables des grandes associations familiales et de parents d’élèves étaient réunis pour parler de l’EMI.

CE QU’ILS ONT DIT

Stéphane Fouéré : « Les parents sont les premiers éducateurs des enfants, il faut du dialogue avec les chefs d’établissement. Dans la relation à l’enfant, il faut que l’enfant soit entendu en tant que citoyen, de jeune qui s’implique dans l’établissement scolaire. Je pense qu’il y a des points d’appui dans le primaire. On essaye d’intervenir dans les temps d’activité périscolaire. On ne doit pas construire des murs aujourd’hui mais des passerelles, des ponts pour mieux se connaître. Mais un mur se construit entre parents et écoles. Il faut donc faire rentrer les parents dans l’école, dans des espaces, des temps dédiés. »

Alexandrine Blavet : « Les parents sont souvent démunis, ils n’ont pas grandi avec les médias numériques. Les jeunes peuvent trouver n’importe quoi sur internet, il y a une non maîtrise des parents sur l’information, sans filtre, avec une utilisation individualiste. On organise des temps de formations aux parents de collégiens. On soutient le développement de médias dans les établissements. L’éducation aux médias doit d’abord être faite en famille. Pour cela, il faut apprendre aux parents à faire attention »

Hélène Grimbelle : « Ce qu’on entend remonter des parents, c’est un besoin d’éducation aux médias et à l’information. On fait partie des associations de la société civile et on porte un message, une vision sur l’école. Dans la loi de refondation de l’école, il y a la base d’une évidence : on ne peut pas former un citoyen sans EMI dans l’école. Je ne suis pas d’accord avec le titre de la conférence « EMI : Jamais sans la famille ». Il faut garder des moments éducatifs hors de la famille. »

Olivier Gérard : « Avant 6 ans, beaucoup d’enfants ont accès à l’information. Il faut mettre un place une EMI pour les enfants mais aussi pour les parents. J’aimerai que l’année prochaine, on discute d’initiative d’EMI en direction des familles et qu’on agrandisse la semaine des médias au week-end pour que les familles puissent s’impliquer. »

Laurent Garreau : « 77% des enfants s’informent par internet. On publie un guide vendredi, qui sera disponible sur internet et dans les centres de documentation Canopé. Il aide les parents à informer ses enfants, conseille sur les réseaux sociaux, aide à maîtriser le temps d’écran en famille et parle de la protection des enfants aux images violentes et pornographiques. »

À RETENIR

Selon les associations de parents d’élèves, les parents ont besoin d’une formation au numérique. Ils proposent de se retrouver dans un an afin d’échanger sur l’EMI en direction des familles et d’ajouter une journée aux Assises pour le grand public et les familles.

Marcellin Robine

Médias participatifs : dans 10 ans, tous journalistes ?

AgoraVox, Mediapart, Radio Londres… Tous ces médias vous disent sûrement quelque chose, mais qu’ont-ils en commun ? Une nouvelle vision du journalisme. Ces sites participatifs ont révolutionné l’information en invitant le lecteur à contribuer.

Certains sites comme Agoravox n’hésitent pas à recruter des contributeurs depuis leur page d’accueil. Photo : Laura Bannier/EPJT

Avec internet, plus besoin d’avoir des qualifications journalistiques pour pouvoir débattre, interagir ou s’exprimer sur un sujet. Tout ça, grâce aux médias participatifs, des sites web diffusant des contenus fournis par des personnes qui ne sont pas forcément journalistes de formation ou de métier. Médias participatifs, journalisme citoyen, audience active, médias alternatifs… Les appellations sont nombreuses mais elles soulèvent une même question : sommes-nous tous amenés à être journaliste ?

Apparu en 2000, le journalisme participatif s’est développé par l’intermédiaire des blogs et de l’autopublication, utilisés alors pour apporter des informations complémentaires voire opposées à celles publiées dans les médias traditionnels. Le mouvement s’est ensuite accentué avec l’apparition de médias participatifs encadrés avec Rue 89, lancé en 2007, ou Le Bondy Blog. On distingue deux types de médias participatifs : les sites autoproduits, qui ne sont constitués que de bénévoles, et les sites autorégulés, dont les rédactions sont peuplées de journalistes et qui s’appuient sur des participations ponctuelles de lecteurs. La première est donc un contenu directement publié par les citoyens, la seconde est un module où les échanges se font notamment en commentaires. Les récepteurs d’un média participatif ne sont pas une audience passive mais sont invités à réagir et à s’exprimer.

Aujourd’hui, le journalisme participatif est normalisé et bien intégré. Les sites se sont professionnalisés et leurs éditeurs également. Il est maintenant possible de lire du contenu de qualité et il devient parfois difficile de discerner média participatif et média traditionnel. Nous ne sommes pas tous journalistes, mais nous pouvons tous apprendre les codes pour le devenir.

Laura Bannier

[LE RÉSUMÉ] « Le journalisme en résidence »

Retrouvez l’essentiel de la conférence « Le journalisme en résidence ».

Selon les intervenants, il y a un besoin de réappropriation de l’information par les citoyens. Photo : Lucie Martin

 

Animé par Nordine Nabili (Université de Cergy-Pontoise), avec Marie-Emmanuelle Boileau (journaliste montréalaise en résidence à Tours), Jean-Michel Dumay (journaliste en résidence dans le Val d’Oise), Julia Beurq (journaliste en résidence à Allones), Arnaud Jacquart (journaliste en résidence à Tulle) et Lucas Roxo (journaliste en résidence à Roubaix).

 

LES ENJEUX

Le journalisme en résidence est né d’une réflexion des acteurs des médias de quartier en 2009. L’idée est de s’inspirer des enseignements des artistes en résidence. Pourquoi ne pas proposer à des écoles ou à des associations de faire un travail plus concret en collaboration avec des journalistes ? Depuis un an et demi, l’idée a fait son chemin. Aujourd’hui, nous avons les premiers acteurs du journalisme en résidence. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils s’impliquer pour continuer de faire vivre cette expérience ? Cinq journalistes rendent compte de leur expérience.

 

CE QU’ILS ONT DIT

Jean-Michel Dumay : « Je suis allé en résidence car j’ai la conviction que les citoyens ont le besoin de se réapproprier l’information. L’univers médiatique est concentré dans un « ballon » excentré. C’est ce que je remarque avec les personnes avec lesquelles je travaille : elles ne se sentent pas concernées. »

Julia Beurq : « Le but est de partir des bases, ce que les élèves connaissent des médias et des journalistes, pour arriver à la construction d’un format journalistique. Il faut redonner de l’importance à l’information et à la manière dont on s’informe et pousser les jeunes à avoir un esprit critique. »

Arnaud Jacquart : « À part les écoles de journalisme, il n’y a pas de formation à l’information. C’est ce que le journaliste en résidence vient combler. Mon idée est d’accompagner dans l’information pour déconstruire les préjugés envers les médias. »

Lucas Roxo : « Il y a de nombreux médias et pigistes qui n’arrivent pas à vendre des reportages, qui sont pourtant de qualité. J’ai eu envie d’avoir une plus-value, j’ai donc travaillé sur la réappropriation des outils médiatiques par les jeunes de quartier populaire. Je suis arrivé à Roubaix avec cette idée de permettre à certains de ces jeunes d’accéder à des écoles de journalisme. » 

 

À RETENIR

À travers leurs expériences, les journalistes intervenants ont mis en évidence le besoin de la réappropriation de l’information par les citoyens. Beaucoup se méfient aujourd’hui des médias et ne se sentent pas concernés par certaines informations. Le rôle du journaliste en résidence est de permettre une éducation à l’information et à la manière de s’informer. Ce projet tend à se développer grâce au soutien du ministère de la Culture et de la Communication, et de l’Education nationale.

Laura Bannier

 

[ENQUÊTE] Robots : amis ou ennemis ?

Depuis quelques années, les robots-journalistes s’immiscent dans les rédactions. Et commencent à inquiéter la profession. Peut-être à tort. 

Dans la presse française, Le Monde a ouvert le bal en 2015. En collaboration avec la société Syllabs, 36 000 articles ont été générés automatiquement. Claude de Loupy, de Syllabs, précise : « Notre objectif n’est pas de remplacer les humains. » Photo : Martin Esposito


 

N’imaginez-pas un humanoïde qui tape sur son clavier. En réalité, le robot-journaliste s’apparente plus à un algorithme qui transforme différentes données en articles. L’expression laisse imaginer une forme d’intelligence artificielle, et donc une capacité à la prise de décision. Le robot-journaliste est, certes moins sociable, mais tout aussi performant.

Ces robots, ou plutôt ces algorithmes, ne sont pas que pure fiction. Ils existent déjà. Aux Etats-Unis, Forbes, le Los Angeles Times, ou encore Associated Press ont déjà eu recours au système. Leur utilisation reste, pour le moment, limitée à des dépêches ou des résultats sportifs, voire à des biographies. À la lecture de ces articles, difficile de dire si l’auteur est un journaliste ou un robot. 

 

Une percée au Monde

La forme des papiers est plutôt basique, mais l’écriture, elle, tend à se complexifier. « Certains robots ont déjà des dispositifs qui leur permettent d’angler et de s’adapter dans les choix du vocabulaire en fonction du lectorat », explique la journaliste Laurence Dierickx, spécialiste des questions liées à la génération automatique de textes. 

La France n’est pas en reste. Lors des dernières élections départementales de 2015, la société Syllabs a conçu un robot pour le site internet du Monde. L’objectif ? Se démarquer de la concurence en donnant les résultats sous forme d’articles pour chaque canton. En tout, 36 000 papiers ont été publiés par ce biais. Créée en 2006, Syllabs a été l’une des première en France à s’attaquer au marché du robot-journalisme. Avec sa solution nommée « data2contents », elle propose de transformer des données en texte. « Nous ne faisons pas du journalisme, tient à rappeler Claude de Loupy, cofondateur de l’entreprise. Nous produisons juste de l’information sous la forme de texte. Notre objectif n’est pas de remplacer les humains. » Un leitmotiv que matraquent les entreprises spécialisées en programmation. Le robot-journaliste n’est pas présenté comme un concurrent mais plutôt comme un allié du rédacteur. Pour Laurence Dierickx, « il est nécessaire que les journalistes s’approprient ces nouveaux outils qui doivent les aider dans leur travail. Nous sommes dans une dynamique dans laquelle les journalistes ont de plus en plus de données à traiter. Et dans ces données, il y a de l’information qui est intéressante ».

Aider, un autre maître-mot qui a poussé Benoît Raphaël à créer Flint, une newsletter innovante. Derrière cette lettre d’informations, on retrouve un robot. Il sélectionne des articles qu’il définit lui-même de qualité, et qu’il juge susceptibles d’intéresser son lecteur. Pour cela, il s’appuie notamment sur « l’intelligence collective » de Twitter.

Les robots-journalistes arrivent à retranscrire des émotions dans leurs articles. Photo : Arthur Garanta


 

À partir du réseau social, il analyse comment sont partagés les articles. « Dans la masse de contenus qui est produite et publiée chaque jour, il y a énormément de choses. Seul un robot est capable de faire émerger le contenu qui saura nous intéresser », explique Benoît Raphaël. 

La technologie utilisée va au-delà de l’algorithme. C’est ce que l’on appelle du « machine learning ». Une expression un peu barbare pour qualifier l’apprentissage automatique d’un robot. En effet, il peut avoir la capacité de s’enrichir au fur et à mesure. Une forme d’intelligence artificielle qui, dans un futur proche, serait capable d’analyser et de rédiger de manière autonome des sujets sans que la différence puisse se voir à l’écrit. « Par exemple, ils vont lire toutes les critiques culinaires auxquelles ils ont accès. Ils vont ensuite s’inspirer du style des journalistes humains pour écrire leur propre critique », note Jean-Hugues Roy, professeur à l’école de médias à Montréal. De quoi remplacer certains journalistes ?

 

Les mains dans le code

Dans un secteur qui peine à trouver son modèle économique à l’ère du numérique, l’inquiétude autour de l’emploi est légitime face à ces nouveaux concurrents. « Il y aura sans doute un impact, mais pas à très grande échelle. Nous avons besoin de l’humain. Il y a des choses qu’un logiciel ne peut pas faire. Est-ce qu’il peut donner une opinion ? Est-ce qu’il peut être créatif ? Il y a aussi un rapport humain entre le journaliste et ses sources », nuance Laurence Dierickx.

Ainsi les machines, comme les journalistes, ont encore besoin d’adaptation. Ces derniers vont, en effet, devoir apprendre de nouvelles compétences. Pour Jean-Hugues Roy, c’est dans l’air du temps. « Il ne sera pas nécessaire que tous les journalistes sachent programmer mais il faudra au  moins qu’ils aient quelques notions. Les algorithmes tendent à devenir des sièges de pouvoirs. Il faut que les rédacteurs puissent leur demander des comptes de la même manière qu’un journaliste demande des comptes aux élus, aux entreprises. »

Développer des robots-journalistes et travailler avec, tend aujourd’hui à prendre de l’importance. Programmer, coder ou éditer seront des compétences bientôt indispensables dans les différentes rédactions. Plus qu’un ennemi, le robot pourrait bien permettre aux journalistes d’approfondir leur compétences. Ils programmeront peut-être bientôt les robots, pour écrire les articles de demain.

 

Sauriez-vous reconnaître la plume d’un robot ? 

Comment écrivent les robots-journalistes ? Nous avons sélectionné deux exemples d’articles :

Une biographie de Marvin Lee Minsky, sur le site wired. com (traduit de l’anglais) : « Marvin Lee Minsky, 88 ans, est décédé 24 janvier 2016 à Boston, dans le Massachusset, d’une hémorragie cérébrale. […] Marvin Minsky était connu pour sa contribution dans le domaine de l’intelligence artificielle. […] On retiendra de lui la création du MIT Computer Science et du laboratoire d’intelligence artificielle en 1959. Minsky était marié à Gloria Minsky et avait trois enfants. […] »

Un compte-rendu de la finale de Roland Garros Djokovic-Murray en 2015, par la société Yseop : « Malgré la perte du premier set, Djokovic a remporté le tournoi de Roland Garros en battant Murray (3-6, 6-1, 6-2 et 6-4). Le faible pourcentage de premières balles (42 %) de l’Écossais ne l’a pas empêché de gagner le premier set en seulement 32 minutes de jeu. Encore moins performant dans ses premières balles lors de la deuxième manche, l’Écossais s’est fait logiquement breaker à deux reprises et a concédé le deuxième set 6-1. Il est à noter que Djokovic a réussi 6 aces dans cette manche, et que ses vingt-cinq coups gagnants lui ont permis de renverser le cours du match. »

Théo Caubel et Mary Sohier

[INTERVIEW] Roger Motte : « On ne pourra plus se passer des drones »

Roger Motte est à la tête du pôle drone innovation de France TV. Un pôle encore en gestation qui servira les JT et les magazines de France 2 et France 3. Il nous éclaire sur la question des drones dans la profession. 

Roger Motte fait partie du pôle de réflexion sur les drones à France TV. Photo: D.R

Qu’est-ce que les drones apportent au journalisme ?

Le drone est un nouvel outil pour le journalisme, à l’instar des nouveaux outils apparus ces dernières années comme les grands capteurs sur les boîtiers reflex ou autres OSMO. Le drone ouvre un nouveau point de vue, offre une impression de première fois. Il permet des plans descriptifs ou de situations uniques. Il est également beaucoup plus économique que tout autre moyen aérien pour la prise de vue aérienne comme les hélicoptères, les avions ou encore les ballons.

Quelles sont les limites, les contraintes d’utilisation des drones ?

Les contraintes sont principalement liées à la réglementation, même si elle devient plus simple pour les professionnels. Deux scénarios concernent notre profession : les vols en zone non peuplée et les vols en zone peuplée par des humains ou animaux. Pour faire voler un drone en zone peuplée, il est obligatoire d’avoir une autorisation préfectorale. Il y a aussi des contraintes liées à la météo. Il est impossible de voler par très grand vent ou sous une pluie très forte. Des limites aériennes sont aussi à respecter. Il y a des zones interdites dans l’espace aérien français, tels que les aéroports, les zones de parachutages, d’ULM, de couloirs militaires de basses altitudes etc. En ce qui concerne la technologie, la durée de vol est limitée de 15 à 20 minutes. Pour la prise de vue, les seules limites sont celles du niveau et de la qualité de pilotage, donc du pilote.

Que pensez-vous de cet outil ? Comment va-t-il évoluer ?

C’est un outil fantastique qui ouvre de nouvelles perspectives. On ne pourra plus se passer des drones en mag et en documentaire. Il évolue très rapidement. On note de nouvelles assistances électroniques, de nouvelles fiabilités et des batteries supérieures qui permettent des temps de vols plus long. Il ne faut cependant jamais oublier que le drone est une machine volante qui peut donc être potentiellement dangereuse. Il faut donc de vrais professionnels avec les bonnes formations. Être conscients que ce n’est pas un outil comme un autre. Nous sommes ici, et avant tout, dans le domaine aérien public qui concerne tout le monde. Le ciel au-dessus de son propre jardin ne nous appartient pas. Il y a, de plus, toutes les questions liées à la vie privée et aux autorisations des particuliers en zone non peuplée.

Propos recueillis (par mail) par Philippine David et Yleanna Robert

Pour aller plus loin :

[DÉCRYPTAGE] Demain tous pilotes de drones ? Pas si sûr

[INTERVIEW] Sandy Montañola, responsable du DUT de Lannion : « Comprendre les évolutions techniques pour garder la main »

Sandy Montañola est responsable du DUT journalisme de Lannion. Selon elle, il faut que les étudiants apprennent à collaborer avec les techniciens pour ne pas se laisser dépasser par la technologie.

Dans un contexte où le métier de journaliste est en constante évolution, comment former les étudiants tout en sachant que les outils actuels risquent de devenir obsolètes ?
On essaye d’expliquer aux étudiants que leur métier évolue constamment. On leur apprend à être en veille sur les nouveaux outils qui apparaissent, utilisés par des médias, et à réfléchir également sur une approche critique. Tout ça pour dire que le journalisme ne dépend pas que de la technique et qu’il y a quand même des fondamentaux à apprendre, peu importe les évolutions technologiques.

Votre but est de rendre les étudiants autonomes. Comment cela se manifeste-t-il dans vos programmes ?
On a eu une adaptation progressive de nos programmes. Par exemple, on avait des cours de recherche d’outil et d’information et ont les a adaptés au web, comme le travail de veille. On leur apprend aussi à dialoguer avec des professions techniques comme des développeurs, graphistes. C’est une des façons de s’adapter aux évolutions.

Avec la multiplication des nouveautés, comment différencier l’indispensable du gadget ?
C’est relatif, à toutes les époques on dit qu’il y a une révolution. On a eu ces mêmes discours avec l’arrivée de la TV ou d’internet. Au niveau des outils, oui il y a pleins d’outils sur internet. Donc on essaye de leur apprendre, dans une perspective critique, à aller chercher les outils qui sont adaptés pour l’évolution de leur métier à eux, ou du genre journalistique concerné. Pour nous, l’essentiel c’est que les journalistes gardent la main. Dans un contexte où de nouvelles professions apparaissent (développeur, graphiste), il faut que les étudiants arrivent à collaborer avec eux pour comprendre les technologies et ne pas en être victime. Et idéalement qu’ils puissent adapter l’outil à leurs besoins. Notre école propose une formation de deux ans et ce serait une illusion de se dire qu’on va apprendre aux journalistes à être développeur. Mais ils doivent avoir des notions pour répondre aux attentes de leur futurs employeurs.

Est-ce vous que anticipez, ou vous vous adaptez aux médias ?
Je pense que les écoles ont une grande marche de manœuvre car il n’y a pas la pression du modèle économique. Quand on a commencé à faire du web documentaire, ce n’était pas encore très développé dans les médias. Car à l’époque, ils se posaient la question du modèle économique. Le web documentaire fait partie des choses qu’on a pu anticiper car justement c’est le lieu pour. Certains membres de l’équipe pédagogique sont allés à des rencontres sur le journalisme avec l’iPhone. Le but n’est pas d’arrêter de filmer avec les caméras mais d’essayer de s’adapter et de voir les contraintes de ce nouveau format. Autant les professeurs que les étudiants font des recherches sur les nouveaux outils.

Comment devrait évoluer le journalisme dans dix ans ?
Pour moi, l’enjeu est de continuer à former des étudiants qui réussissent à avoir suffisamment de culture médiatique discursives pour garder cette identité de journaliste. Quant à la technique, si elle aide l’éditorial, c’est intéressant. Finalement, l’enjeu est de réussir à collaborer avec plusieurs professions qui élaborent les outils de demain pour qu’ils nous soient utiles, tout en gardant une liberté éditoriale.

Propos recueillis par Lénaïg Le Vaillant et Salomé Mesdesirs

[INTERVIEW] Nicole Gauthier, directrice du CUEJ : les étudiants doivent « développer leur faculté d’adaptation »

Nicole Gauthier est directrice du Centre universitaire d’enseignement du journalisme (CUEJ) à Strasbourg. Pour elle, le rôle des écoles, aujourd’hui comme dans dix ans, est de former des journalistes autonomes et attentifs aux innovations.

Dans un contexte où le métier de journaliste est en constante évolution, comment former les étudiants tout en sachant que les outils technologiques actuels risquent de devenir obsolètes rapidement ?

Nous leur apprenons à se servir des outils mainstream du moment. Mais surtout nous les sensibilisons à la veille permanente et continue, et au fait qu’un outil d’aujourd’hui ne sera pas celui de demain. Ce sont les seuls à pouvoir se construire une attention à ces mutations ; une attention qu’ils devront poursuivre après leur formation. Car ils le savent : on ne peut pas apprendre quelque chose à l’école et le faire fructifier pendant des années. Ça ce n’est plus possible, aujourd’hui. Bien sûr, il y a toujours des fondamentaux qui constituent le socle de l’information, mais tout le monde doit développer une faculté d’adaptation à ces mutations : les écoles, les médias, les journalistes y compris les étudiants.

L’enjeu des écoles est donc de pousser les étudiants à être autonomes dans la recherche de nouveaux outils ?

Oui. Un exemple : les logiciels de data. Souvent nos étudiants nous demandent pourquoi nous ne leur donnons pas un catalogue de ces logiciels. Je trouve que ça ne sert à rien. Dans trois ou six mois, l’outil qu’on leur aura présenté aura soit disparu, soit été vendu, soit sera devenu payant… Nous pouvons leur indiquer des pistes, mais il y a une partie de la recherche que nous ne pouvons pas faire à la place des étudiants, et heureusement. Car ça fait partie de la construction de l’univers professionnel que chacun doit être en mesure de faire.

Avec la multiplication des nouveautés, comment différencier l’indispensable du gadget ?

Aujourd’hui, il y a un certain nombre d’études sur les pratiques de l’information, sur l’ordinateur, la tablette ou encore le smartphone. On peut en observer l’évolution sur plusieurs années, que cela soit du point de vue du consommateur ou des entreprises. D’ailleurs, quand nous échangeons avec les entreprises, nous voyons comment elles utilisent le smartphone non pas comme outil commercial ou de consommation, mais comme outil journalistique : pour poster des vidéos sur le site, créer des alertes… On a des repères en termes d’usage professionnel. Mais selon moi, ce n’est pas si grave qu’on utilise un outil destiné à disparaître dans trois mois. L’important c’est pourquoi on a choisi cet outil en particulier. En quoi est-ce pertinent de l’utiliser à un certain moment ou un autre ? Que permet-il de faire, quel type de phase d’apprentissage permet-il de combler ? Et finalement, est-ce qu’il a rendu de bon et loyaux services ?

Vous êtes plutôt dans l’anticipation ou vous vous en tenez aux outils déjà instaurés ?

Les deux. Par exemple, on utilise In design parce qu’il est installé dans la profession, et accessoirement qu’il a fait ses preuves. Mais on travaille aussi sur la construction de médias interactifs avec des étudiants de l’IUT d’Haguenau, formés aux métiers du multimédia et de l’internet. On coproduit avec eux, et on invente des choses qui n’existent pas. Rien de révolutionnaire, mais c’est l’occasion de réfléchir en même temps au fond et à la forme du journalisme en associant nos étudiants à des graphistes ou à des développeurs. Donc il y a deux types de réponses. Et je défends les deux : qu’on puisse utiliser les logiciels professionnels qui sont encore très répandus au sein des médias et qu’on puisse par ailleurs, pour d’autres productions et une autre offre éditoriale, être dans une démarche d’innovation et de faire des choses à nous, si je puis dire.

Le journalisme dans dix ans s’appuie plutôt sur le fond ou la forme ?

Les formes de narration ou le fond, elles évoluent et se multiplient. Après dans dix ans, je n’en sais rien. On a déjà du mal à savoir pour l’année prochaine… Il y a à la fois des choses extrêmement pérennes comme l’investigation et il y a des choses qui évoluent beaucoup. Il y a des nouveaux outils, des nouveaux modes de consommation de lecture, des nouveaux formats, la rapidité de la circulation de l’information… Mais on est aussi sur un mélange, avec des éléments durables et d’autres en pleine mutation et qui sont pour certains assez fantastiques.

Propos recueillis par Lénaïg Le Vaillant et Salomé Mesdesirs

[INTERVIEW] Marc
Capelle : « Ne pas trop fantasmer sur la possibilité d’anticiper »

Marc Capelle est l’ancien directeur de l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Lille. Il dirige actuellement l’ESJ PRO médias qui propose des formations continues. Selon lui, les écoles peuvent anticiper les outils de demain. Mais elles doivent surtout se concentrer sur la réalité professionnelle d’aujourd’hui.

Depuis septembre 2015, Marc Capelle dirige l’ESJ PRO médias. Photo : Marc Capelle

Dans un contexte où le métier de journaliste est en constante évolution, comment former les jeunes journalistes tout en sachant que les outils actuels risquent de devenir obsolètes ?
L’ESJ pro est là pour accompagner les rédactions dans leur bascule vers le numérique. Nous ne sommes pas là pour inventer les outils de demain. Si nous organisons des formations pour apprendre à faire un live sur Facebook, c’est parce que c’est un besoin actuel. Les médias doivent développer leur présence sur les réseaux sociaux, et particulièrement la couverture de sujet en live sur Facebook. Il faut apprendre à le faire correctement du point de vue technique mais aussi éditorial. Si dans cinq ans Facebook n’existe plus, il sera remplacé par autre chose. En formation initiale, on peut se dire que notre rôle est de suggérer de nouvelles pratiques, de faire évoluer les médias. C’est moins notre problématique en formation continue. Nous devons d’abord coller à la réalité des besoins de la profession aujourd’hui plutôt que de rêver ce qui va exister dans dix ans.

Avec la multiplication des nouveautés technologiques, comment faire le tri entre l’indispensable et le gadget ?
En formation continue, nous sommes là pour répondre aux demandes et aux besoins de nos clients. En général, ils savent ce qu’ils veulent, donc nous n’avons pas besoin de faire le tri. Cependant, il nous arrive d’envoyer des équipes dans des congrès nationaux ou internationaux pour anticiper sur ce que nous pourrions avoir à faire. Mais nous ne sommes pas non plus un centre de recherches.

Donc vous anticipez ?
Oui, nous avons une petite marge de manoeuvre. Mais il faut être réaliste, dans les écoles de journalisme, et dans les organismes de formation en continue, nous sommes là pour tenir compte de la réalité professionnelle d’aujourd’hui. On ne peut pas se dire dans dix ans ça sera comme ça, donc aujourd’hui on fait comme ça. C’est bien gentil, mais derrière il y a des jeunes diplômés qui doivent trouver un travail, non pas dans dix ans, mais maintenant. Il ne faut pas trop fantasmer sur la possibilité d’anticiper. Je ne dis pas qu’il ne faut pas anticiper mais ça ne doit pas être l’essentiel de l’activité d’une école.

Faut-il former un étudiant à s’adapter aux prochaines évolutions plutôt que de le former à un média en particulier ?
Certes, il y a des spécialisations de fin de cursus, mais les apprentis sont avant tout formés pour s’adapter aux demandes variées. C’est l’esprit global de la formation et aussi l’attente des employeurs. Il ne faut pas faire des outils une obsession. Ce qui est important, à fortiori dans un environnement de plus en plus bouffé par la technique, c’est de se former à être et à rester positionné comme journaliste et non pas comme technicien de l’information. Les outils, on finit toujours par les maitriser et s’y adapter. Aller chercher des informations, lever le nez de son écran, comprendre que c’est sur le terrain que ça se passe… Ça c’est essentiel.

Propos recueillis par Lénaïg Le Vaillant et Salomé Mesdesirs

 

 

[ENQUÊTE] Les enfants, les grands oubliés des JT

Ils sont un demi-million à s’installer, chaque soir, devant un journal télévisé. Les enfants entre 4 ans et 10 ans visionnent les mêmes images que les adultes. Alors, pourquoi n’auraient-ils pas leur propre émission ? Nos voisins britanniques et allemands ont leurs JT destinés aux enfants depuis plus de trois décennies. En France, les tentatives sont timides, laborieuses ou de courte durée.

Franck-André Rauschendorf, l’un des présentateurs d’Arte Journal Junior. Photo : Capture d’écran d’Arte

« Salut, je suis heureux de vous retrouver pour ce journal junior ! Soyez les bienvenus », lance Frank-André Rauschendorf. Le présentateur d’Arte Journal Junior prend place sur le plateau. Classique jusqu’ici. Mais derrière lui, les décors des capitales sont remplacés par une mascotte animée. Et tous les reportages lancés par le présentateur ont été écrits spécialement pour des enfants de 8 à 12 ans.

Cette émission est la seule à occuper le créneau des JT destinés aux enfants en France. La grande ligne directrice ? Décrypter et expliquer le monde. En 2014, Jean-François Ebeling, rédacteur en chef d’Arte Journal Junior, se rend en Allemagne pour voir comment travaille la rédaction de Logo!, la référence des journaux pour enfants depuis 1989 : « Je ne savais pas comment m’y prendre. Je faisais essentiellement du news. J’ai surtout retenu une leçon : il ne fallait censurer aucun sujet. »

Lancé en 2014 en hebdomadaire, Arte Journal Junior devient un JT quotidien un an plus tard. Axé sur l’international, le journal propose toujours une formule plus longue et magazine le dimanche. Un portrait d’un enfant étranger sert de fil rouge, comme celui de Marcos Jesus, un enfant andalou dans une école de corrida ou encore Aminata, une jeune Malienne qui ne peut pas aller à l’école, faute d’argent.

« L’audience est très variable, explique Jean-François Ebeling. On passe du simple au double, de 50 000 à 100 000 téléspectateurs. » Une audience faible par rapport à celle des dessins-animés. « On n’est pas TF1 ou France 2. Nous avons du mal à se faire connaître auprès des parents. » La chaîne franco-allemande fait pourtant confiance à l’émission. Récemment, Jean-François Ebeling a pu embaucher un assistant de production. « Ça ne se verra pas directement à l’antenne, mais on va pouvoir développer plus de projets. »

Problème : le journal est diffusé à 7 h 35, et l’horaire sera même avancé à 7 h 10 à partir du 13 mars. Or, selon la psychologue Geneviève Djenati, qui travaille sur les images des scénarios de dessins animés, il faudrait diffuser ces JT destinés aux enfants à l’heure du goûter : « Les écrans occupent trop l’esprit le matin, et l’enfant n’a pas possibilité d’échanger avec des adultes sur ce qu’il a vu alors que le soir si. »

Jean-François Ebeling ne cache pas son désir d’avoir un JT en fin d’après-midi et regrette que ce ne soit pas en son pouvoir. Pour pallier ce problème, la chaîne donne exceptionnellement la priorité au web. Le journal est diffusé la veille, à 18 h sur le site et la chaîne Youtube, avant de passer à la télévision le matin.

Le journal, parce qu’il est également diffusé outre-Rhin, en allemand, fait très peu écho aux préoccupations nationales. C’est un parti-pris compréhensible et cohérent avec la ligne éditoriale forte de la chaîne. Mais en conséquence, les enfants français n’ont pas accès à un JT sur l’actualité de leur pays.

Si l’offre existe en France, elle reste fragile, incomplète, alors qu’ailleurs, elle fonctionne. La BBC diffuse Newsround depuis 1972 et la chaîne publique allemande ZDF a fait de son magazine Logo! une référence depuis sa création en 1989. Rien d’impossible donc d’autant plus que la France a déjà fait l’objet de tentatives.

En 1998, l’idée d’un journal télévisé pour enfants est évoquée lors du Parlement des Enfants. Message reçu pour France Télévisions qui lance en 2000, A toi l’actu@, sur France 3. Présenté par Peggy Olmi, Thomas Sotto puis François Barré, le programme propose un véritable journal d’information quotidien, après l’école. Tous les sujets sont évoqués, des marées noires aux Pokémon, des enfants soldats aux célébrités de l’époque.

Au bout de deux ans, le programme est remplacé par Mon Kanar, produit par 2P2L et présenté par François Pécheux. D’abord en quotidienne, le programme change plusieurs fois d’horaires pour passer en hebdomadaire à la rentrée 2005. Des bouleversements qui ont contribué à l’arrêt du programme quatre mois plus tard. Entre 2005 et 2014, en France, plus aucun programme d’information n’est proposé aux jeunes.

Après la violence des attentats de Charlie Hebdo, on prend alors conscience de l’importance d’adapter l’information pour les enfants. Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation, en visite dans une école fin janvier 2015, s’interrogeait très clairement : « Est-ce qu’il ne faudrait pas un journal télévisé d’actualité pour les enfants ? »

L’appel lancé par la ministre a été entendu par LCI en mars 2015, avec l’hebdomadaire le Petit JT en partenariat avec Mon quotidien. Présenté par Benjamin Cruard, le programme devient bihebdomadaire en 2016 et est diffusé le mercredi et le week-end. Mais la direction a décidé de concentrer ses forces sur l’élection présidentielle. Le Petit JT, en stand-by depuis fin décembre, n’est même pas sûr de revenir à la rentrée 2017. Ce choix montre que, pour le moment, l’information destinée aux enfants n’est pas une priorité dans les rédactions, alors que l’élection présidentielle est un enjeu de taille à leur expliquer.

Pour Benjamin Cruard, l’année électorale n’est pas la seule fautive : « La chaîne n’avait sûrement plus les moyens de mettre en oeuvre l’émission. Pour une économie de chaîne d’information en continu, cela coûte cher. » Pourtant, LCI doit beaucoup au Petit JT. L’émission a aidé la chaîne à plaider son dossier auprès du CSA pour passer sur la TNT gratuite. Il fallait montrer une différence par rapport aux autres chaînes. « Le problème aussi, c’est que les enfants n’ont pas le réflexe d’aller voir ces JT, complète le présentateur du Petit JT. Mais quand ils sont devant, qu’ils prennent l’habitude, ils ne lâchent pas. Le manque de communication fait échouer ces émissions. »

Mémona Hintermann-Affégée, présidente du groupe de travail Audiovisuel et Éducation au Conseil supérieur de l’audiovisuel, souhaite mettre une pression supplémentaire sur les chaînes, publiques et privées. « Il y a une solution : que l’Etat force l’audiovisuel public à faire un journal pour enfants. Pour les chaînes privées, elles exploitent gratuitement des fréquences qui appartiennent à notre pays. Il faut donc exiger des programmes lors des renouvellements de convention. C’est au CSA d’agir. »

Mais que fait le service public ? Mis à part la pastille Un jour Une question et le contenu riche sur la plateforme francetveducation, on ne trouve pas de reportages pour les enfants sur France Télévisions. Amel Cogard, directrice de France TV Education, confie qu’un projet est en réflexion mais pas encore à l’oeuvre : « C’est vrai qu’il n’y a rien à l’antenne. Nous ne savons pas quelle forme ça doit prendre : de l’actualité pure, du magazine, du décryptage, du reportage… Nous vous en dirons plus pendant les Assises du journalisme. »

Marcellin Robine et Léna Soudre

[DÉCRYPTAGE] Jamais sans mon smartphone

2017 célèbre un anniversaire bien particulier : celui du premier iPhone, qui fête ses dix ans. En une décennie, les smartphones se sont imposés comme le nouvel ami de l’homme. Au point que le journalisme ne peut plus passer à côté.

Aujourd’hui, les journalistes de certaines chaînes de télévision produisent leurs sujets avec leur mobile. Photo : Lucie Martin

S’il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher aux grands médias, c’est d’avoir raté le virage du smartphone. En 2010, alors que 17% de la population française dispose d’un « téléphone intelligent », la plupart des journaux nationaux possèdent déjà leur application. Le Figaro, Le Monde, Libération et L’Équipe sont téléchargeables sur son compagnon de poche. Au début simple accès au journal numérisé, les applications ont depuis évolué pour proposer des contenus “smartphone ready”.

 

Quand les journaux s’inspirent des applications

 

Pour le grand public, le smartphone permet d’accéder à l’information partout, sans avoir à allumer son ordinateur. Pour les journalistes, il est un véritable outil de poche : vérifier une dépêche, répondre à un mail, servir d’enregistreur. Aujourd’hui encore, les possibilités multimédias de nos portables sont en constante évolution. Au point qu’en juin 2015, la chaîne genevoise Léman Bleu a produit le premier journal télévisé filmé totalement au smartphone. Aujourd’hui, la chaîne n’utilise plus que des smartphones à l’heure actuelle, preuve du succès de l’initiative. La formule a également été reprise par BFM Paris, lancée le 7 novembre dernier.

Mais le succès des smartphones tient beaucoup aux applications. Ces micrologiciels, très simples à installer, adaptent pour la plupart le contenu des sites web. Mais de plus en plus de contenus exclusifs, pensés pour les mobiles, apparaissent. Après les jeux, les développeurs ont délaissé l’internet classique pour les applications. Par exemple, Periscope, Snapchat, et Tinder sont inaccessibles sur un ordinateur.

Tinder, justement, a inspiré les développeurs du quotidien Le Monde, qui ont repris l’idée de la sélection avec un glissement de doigt pour lancer La Matinale. L’utilisateur choisi du bout de ses doigts les articles qui l’attirent le plus, puis accède à son tri. Et cela fonctionne : selon des chiffres de juin 2016, l’appli comptait plus de 450 000 téléchargements à son actif.

La Matinale a ainsi ouvert une piste : celle de pouvoir copier le concept d’une application à des fins informatives. Techniquement possible et efficace, elle peut permettre de toucher un public jeune qui délaisse la presse, la radio, la télé et même les ordinateurs au profit de leur écran de 5 pouces.

L’été dernier fut marqué par un phénomène de société sur smartphone : Pokémon Go. Le célèbre jeu de carte offrait à chaque utilisateur la possibilité de pouvoir attraper Pikachu, Dracaufeu et autres Roucool via son portable dans un environnement bien familier : la rue. De quoi démontrer que les possibilités sont grandes.

Martin Esposito

Pour aller plus loin :

[DÉCRYPTAGE] Le news snacking, vite et bien

 

[DÉCRYPTAGE] Le news snacking, vite et bien

Pour séduire les (jeunes) internautes présents sur les réseaux sociaux, les médias misent sur des vidéos très courtes et conçues pour le mobile. C’est le news snacking.

Le nouveau média Brut s’est imposé comme une référence dans le domaine de l’information courte. Photo : Martin Esposito.

Durée d’attention réduite, lecture verticale de son smartphone… Informer et divertir le plus rapidement possible, c’est le défi que les nouveaux médias souhaitent relever à l’ère des Facebook, Snapchat et Twitter. On appelle cela le news snacking, la consommation de nombreuses vidéos d’informations courtes.

Problème : cette audience est plutôt difficile à capter. Collée à son smartphone en continu, grâce auquel elle s’informe du bout des doigts, la génération des 18-24 ans s’informe majoritairement sur les réseaux sociaux, au détriment des médias traditionnels comme la télévision.

La start-up NowThisNews, née en 2012, est le précurseur américain du news snacking. A son lancement, sa promesse éditoriale était radicale : informer en moins d’une minute. « Nous nous sommes libérés des contraintes de la diffusion traditionnelle », explique son rédacteur en chef, Ed O’Keefe. Un modèle qui s’est développé en France sous les noms de Brut ou Explicite. L’âge moyen des journalistes de ces nouveaux médias se rapproche souvent de celui de son public, l’objectif étant d’être au plus proche pour mieux percuter le lecteur.

Positionné sur des sujets de politique et de société, Brut publie entre cinq et huit contenus par jour, confectionnés par une équipe d’une douzaine de personnes, journalistes comme graphiste. « Selon nous, les formats télévisuels n’intéressent plus les jeunes et il n’y avait pas d’offre alternative indépendante », explique Laurent Lucas, le directeur éditorial de Brut.

Mais dans des formats aussi brefs, qu’en est-il du sens de l’information ? Laurent Lucas le reconnaît lui-même, il est parfois impossible d’informer en une minute. « Nous préférons ne pas faire un sujet plutôt que d’essayer de le réduire et de le bâcler », explique t-il. A l’heure des fake news et des « faits alternatifs », informer sur les réseaux sociaux reste un pari risqué.

Laura Bannier et Lucie Martin

Pour aller plus loin : 

[DÉCRYPTAGE] Jamais son mon smartphone

[INTERVIEW] « Faire des Assises un lieu d’action »

Marc Mentré est président de l’association Journalisme & citoyenneté, qui organise les Assises du journalisme et de l’information. Selon lui, cette 10e édition conciliera préoccupations professionnelles et thèmes grand public : de l’élection présidentielle au développement d’algorithmes producteurs d’information, des rencontres avec les auteurs, lors du Salon du livre de journalisme, au workshop consacré à Google…

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[REPORTAGE] Dysturb dissèque l’info avec les ados

Les informations apportées par les médias sont de plus en plus remises en question en France, particulièrement chez les jeunes. Pour lutter contre ce phénomène, le collectif Dysturb intervient dans des classes afin de donner aux élèves les clés pour vérifier et comprendre les informations.

Les photojournalistes conseillent les élèves de la section photo du lycée Victor Laloux. (Crédit photo : Noémie Lair)

Les photojournalistes conseillent les élèves de la section photo du lycée Victor Laloux. Photo : Noémie Lair

« On est photojournalistes. Est-ce-que vous savez ce qu’est ce métier ? », demande Benjamin Girette aux élèves du Bac pro photographie du lycée Victor Laloux de Tours. En réponse, un long silence. Puis, « c’est quelqu’un qui fait des photos pour des journaux », finit par proposer, timidement, une élève.

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[ENQUÊTE] Le data journalisme, l’information par la donnée

Elle est au cœur d’une conférence des Assises, ce vendredi à 9h30. Et pourtant, la pratique du data journalisme reste encore méconnue du grand public, tandis que de nombreux journalistes y sont encore très rétifs. Pour ses défenseurs, il s’agit avant tout d’une nouvelle manière de faire du journalisme.

La dénomination vient de l’anglais « data journalism », littéralement le journalisme de données. Cette pratique journalistique consiste à exploiter des données grâce à des formats plus ou moins structurés, comme les tableurs. Si l’utilisation de statistiques publiques à des fins journalistiques remonte au XIXe siècle, l’essor du web au début des années 2000 a complètement chamboulé la pratique du data journalisme.

Commons Wikimedia/Duncan Webb

Photo : Commons Wikimedia/Duncan Webb

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[EXPOSITION] Dysturb fait le mur

Dysturb est un collectif de photojournalistes qui affichent sur les murs des villes les clichés de grands photographes pris dans le monde entier. L’objectif est de rendre visible leur travail et de relayer des informations étrangères. Dans la nuit de mercredi 9 au jeudi 10 mars, le collectif crapahutait dans les rues de Tours.

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Le collectif Dysturb placarde la photo de Giles Clarke. « Ateeq, 15 ans, avec sa mère Shehnaz à Bhopal. Il est né de parents contaminés par de l’eau cancérigène. » (Photo : Lucas Barioulet)

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[ENQUÊTE] Financement participatif :
à l’aide, citoyens !

Quand les médias manquent d’argent pour subsister ou se créer, beaucoup font appel à la générosité publique via le crowdfunding. Suffisant ? Pas si sûr.

Depuis février, Alternatives Economiques a lancé une campagne de crwfunding par "palier". Plus de 73 000 € ont déjà été récoltés. Crédit : Victorine Gay.

Depuis février, Alternatives Économiques a lancé une campagne de crowdfunding par « palier ». Plus de 73 000 € ont déjà été récoltés. (Photo : V. Gay.)

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Assises du journalisme à Tours : le début d’une histoire

Depuis neuf ans, les Assises du journalisme posent leurs valises un peu partout en France. Lille, Strasbourg, Poitiers, Metz et Paris les ont déjà accueillies par le passé. Pour la première fois, c’est à Tours que des dizaines de conférences, 200 intervenants et quelque 2 000 visiteurs se sont donnés rendez-vous : les Assises du journalisme ouvrent leurs portes ce mercredi au centre de congrès Vinci, au cœur de la Touraine. 

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[ENQUÊTE] Les journalistes face aux théories du complot

Les attaques menées en janvier 2015 contre la rédaction de Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher ou encore la nuit d’horreur au Bataclan … Ces événements traumatisants ont laissé bon nombre de citoyens en proie à de multiples questions. En face, les thèses du complot font florès. Plus un événement est médiatisé, plus elles sont nombreuses. 

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Capture d’écran Spicee

« Confrontés à une catastrophe telle que celle des événements de janvier à Paris, certains veulent une cause forte. Un tel cataclysme ne peut être le fait de quelques individus de 30 ans au triste destin. » Comme l’explique Jérôme Jamin, sociologue et auteur du livre L’imaginaire du complot, certains citoyens ont parfois du mal à accepter la réalité de notre histoire. Doutant de la version officielle des événements, ils cherchent à s’informer autrement.

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[PORTRAIT] Vincent Nguyen, journaliste à 360°

Depuis quelques mois, Vincent Nguyen parcourt le monde avec Jean-Sébastien Desbordes pour la série documentaire « 360@ », sur France 5. Le concept : proposer des séquences filmées avec une caméra 360 degrés. Un nouveau défi qui ravit le journaliste, formé à l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT).

Vincent Nguyen prépare actuellement la deuxième saison de 360@. Photo : Yann L'Hénoret.

Vincent Nguyen prépare actuellement la deuxième saison de 360@. Photo : Yann L’Hénoret

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[PORTRAIT] Raphaël Garrigos, l’obsession des Jours

Raphaël Garrigos a quitté Libération en janvier 2015. Photo : Sébastien Calvet / Les Jours

Raphaël Garrigos a quitté Libération en janvier 2015. Photo : Sébastien Calvet / Les Jours

Raphaël Garrigos a été journaliste plus de 15 ans à Libération. Il a quitté le journal il y a un an pour se lancer dans un projet : le site d’information Les Jours.

Lui et sa femme, Isabelle Roberts, avaient un principe : ne jamais apparaître à la télévision parce qu’ils travaillaient sur les pages médias pour Libération. Mais le 14 février dernier, au cours de l’émission Médias le mag, sur France 5, ils ont fait tomber le masque. Invités pour présenter leur nouveau projet, « les Garriberts », sont apparus « à nu ». « Nous, on les connaissait, mais le public découvre Isabelle Roberts et Raphaël Garrigos », lançait alors Thomas Hugues, le présentateur du programme.

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[ENTRETIEN] Marc Mentré : « Rassembler la famille des journalistes »

" Rassembler la famille des journalistes et des médias chaque année est primordial " Crédit photo : Journalisme & Citoyenneté

Marc Mentré. Photo : Journalisme & Citoyenneté

Nouveau président de l’association Journalisme et Citoyenneté, qui organise les Assises du journalisme, Marc Mentré évoque le choix stratégique de la ville de Tours et appelle le public à assister à l’événement. Il insiste sur la nécessaire réflexion qui doit être mise en place au sein d’une profession plus que jamais malmenée.

 

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Programme 2016

9e édition des Assises du Journalisme

PROGRAMME COMPLET

LES ATELIERS

MERCREDI 9 MARS

Nouvelles pratiques

Robots et journalistes : vers le grand remplacement ? 9h30 – 11h00
Avec Helena Blancafort (co-fondatrice et directrice des opérations de Syllabs), Dominique Cardon (sociologue, Orange Labs et Université de Marne-la-Vallée), Samuel Laurent (journaliste au Monde.fr, créateur et responsable des Décodeurs), Bertrand Pecquerie (CEO de Global Editors Network). Animé par Maëlle Fouquenet (journaliste, responsable des formations numériques, ESJ-Pro).

Reportage à 360° et journalisme en réalité virtuelle. 11h00 – 12h30
Avec Raphaël Beaugrand (rédacteur en chef, Okio Report), Vincent Nguyen (concepteur, co-réalisateur et co-présentateur de 360@, France 5), Aksel Piran (COO de VideoStitch), Eric Scherer (directeur de la prospective, France Télévision).

Marsactu

Quand la presse local innove. Avec le Laboratoire de l’information locale. 11h00 – 12h30
Avec Soizic Bouju (directrice de l’innovation éditoriale du Groupe Centre France – La Montagne), Yves Harté (Sud-Ouest), Yohan Nicolas (rédacteur en chef de France Bleu Touraine), Clémentine Vaysse (Marsactu) et Jean-Pierre Vittu de Kerraoul (président de Sogémédia). Animé par Marie-Christine Lipani (IJBA) et Patrick Eveno (Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Animé par Loïc Hervouet, journaliste, ancien directeur de l’ESJ LIlle.

Ethique

Carte de presse : quels revenus pour l’obtenir ? 9h30 – 11h00
Avec Basile Ader (Avocat), Isabelle Bordes (CFDT journalistes, journaliste à Ouest-France), Claude Cordier (vice président de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels) et Emmanuel Vire (secrétaire général SNJ-CGT).

Nouvelle économie

Reportage, média : trouvez vos mécènes grâce au financement participatif. 9h30 – 11h00
Avec Adrien Aumont (Cofondateur de KissKissBanBank), David Even (directeur de publication de Soixante-Quinze), Charles-Henry Groult (Le 4 heures).

Quand les citoyens financent l’info. 11h00 – 12h30
Avec Adrien Aumont (Cofondateur de KissKissBankBank), Gabrielle Boeri-Charles (J’aime l’info), Michel Françaix (Député) et Denis Sieffert (Politis). Animé par Didier Falcand (Les clés de la presse).

Lycée Grandmont éducations aux médias Crédit - Apolline Merle

Education aux médias

Comment les jeunes s’informent ? 9h30 – 11h00
Avec Cécile Bourgneuf (journaliste, cofondatrice du P’tit Libé), Amel Cogard (directrice de France TV Education), Monique Dagnaud (directrice de recherche émérite CNRS), Emmanuelle Daviet (responsable de l’opération InterClass, France Inter) et Laurence Fredet (rédactrice en chef de la revueTopo). Animé par Fleur de la Haye (journaliste chef de rubrique actualité Phosphore).

médiaéducation

Lancement de la plateforme Mediaeducation.fr. 11h00 – 12h30
Avec Alain Devalpo (journaliste Globe reporters), Elodie Gautier (déléguée académique à l’éducation aux médias, coordinatrice du Clemi, Académie de Créteil) et Valérie Rohart (journaliste). Animé par Manola Gardez (directrice de l’Alliance internationale de journalistes) et François Longérinas (directeur général de l’EMI-CFD).

Remise des prix éducation aux médias par Marie-Laure Augry ainsi que les prix jeunesse de la ville de Tours. 12h30 – 14h00

JEUDI 10 MARS

Formation

Enseigner l’entrepreneuriat aux jeunes journalistes. 9h30 – 11h00
Claire Berthelemy (cofondatrice et directrice générale de L’Imprévu), Sébastien Bossi-Croci (créateur et rédacteur en chef de Ijsberg magazine), Faustine Kopiejwski (cofondatrice de Cheek magazine), Charlotte Menegaux (responsable des enseignements multimédia ESJ Lille), Alice Pitoizet (cofondatrice et directrice générale de Particité.fr), Jacques Rosselin (directeur de l’EFJ). Animé par Pierre Haski (cofondateur de Rue89).

Libertés

Indépendance et modèles économiques, l’Europe interpellée ! 9h30 – 11h00
Avec Christophe Deloire (secrétaire général de Reporters sans frontières), Roberto Fasino (chef du service de la culture, des questions sociales et du développement durable à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe), Christophe Leclercq (fondateur d’Euractiv), Renate Schroeder (directrice de la Fédération européenne des journalistes). Animé par Giovanni Melogli (responsable des Affaires européennes, Alliance internationale de journalistes)

Ethique

Sponsoring, native advertising : valoriser son média à tout prix ? 9h30 – 11h00
Avec Vincent Coquaz (journaliste, @rrêt sur images), Eric Mettout (directeur adjoint de la rédaction L’Express), Viviane Rouvier (responsable des opérations spéciales, Le Point Communication). Animé par Emmanuel Parody (secrétaire général du Groupement des Éditeurs de contenus et de Service en Ligne – GESTE -, ex-directeur des rédactions de ZDnet, CNETFrance et Gamekult).

Lanceurs d’alerte : état des lieux, préconisations, actions. Avec RSF. 11h00 – 12h30
Avec Patrick Apel-Muller (directeur de la rédaction de L’Humanité), Rémy Garnier (lanceur d’alerte – Affaire Cahuzac -, ancien vérificateur fiscal d’Agen), Stéphanie Gibaud (lanceuse d’alerte, Affaire UBS), Eloise Lebourg (journaliste et gérante de Mediacoop), Corinne Lepage (présidente, Le Rassemblement Citoyen – Cap21 et avocate).

Les journalismes

COP21, quel bilan éditorial trois mois après ? 9h30 – 11h00
Jean-Baptiste Comby (maître de conférences à l’Institut français de presse de l’université Paris 2), Catherine Guilyardi (journaliste, réalisatrice de documentaires pour la BBC et France Culture, auteure du livre Que feriez-vous si vous saviez ? aux éditions Le Pommier), Anne-Sophie Novel (Place To B), Emile Palmantier (Radio Campus France). Animé par Geneviève De Lacour (Association des journalistes environnementaux).

Le photojournalisme se réinvente. Avec l’AFP. 11h00 – 12h30
Avec Molly Benn (chargée de la communauté francophone sur Instagram), Michel Diard (membre de la Scam), Francis Kohn (directeur de la photographie à l’AFP en France et à l’International), Jean-François Leroy (directeur et fondateur de Visa pour l’image), Béatrice de Mondenard (journaliste, auteure du rapport de la Scam « Photojournaliste, une profession sacrifiée »), Pierre Morel (photojournaliste). Animé par Wilfrid Estève (président de l’association RUP FreeLens, directeur du Studio hans lucas).

Mise en place d’une dynamique locale autour des médias citoyens participatifs.
Avec l’Université Populaire pour une Information Citoyenne (UPIC) 9h00 – 12h30

Nouvelles pratiques

Des incubateurs pour les médias ? 11h00 – 12h30
Avec Jean-Cristophe Boulanger (président du Syndicat de la Presse Indépendante d’Information en Ligne – SPIIL -, PDG de Contexte), Émilie Friedli (directrice adjointe de Créatis, résidence d’entrepreneurs culturels), Nathalie Guicherd, responsable incubateur des start-ups, Groupe Amaury), Mael Inizan (innovation programs manager, NUMA), Johan Weisz-Myara (fondateur de StreetPress et co-fondateur de Media Maker). Animé par Ziad Maalouf (journaliste, présentateur et producteur de l’émission l’Atelier des médias, RFI).

Drones : quelle valeur ajoutée pour l’info ? 11h00 – 12h30
Avec Antoine Machon et Antoine Lagarde (ingénieurs, fondateurs de Dronecontrast), Benjamin Turquier (responsable du pôle vidéo de L’Express.fr). Animé par Arnaud Mercier (professeur à l’Institut Français de Presse, président du site d’information theconversation.com/fr, responsable de l’Observatoire du Webjournalisme).

VENDREDI 11 MARS

Nouvelles pratiques

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Data reporters, quelle plus-value pour une rédaction ? 9h30 – 11h00
Avec Marie Coussin (data journaliste, Askmedia), Nicolas Kayser-Bril (fondateur de journalism++), Sylvain Lapoix (data journaliste et co-auteur de #Datagueule, France 4), Cédric Rouquette (journaliste, fondateur de l’agence CReaFeed, directeur des études au CFJ Paris).

Comment le journalisme regarde ailleurs pour innover ? Avec l’EPJT. 11h00 – 12h30
Bastien Kerspern (game designer pour Casus Ludi) et Alexandre Leray (graphiste open source). Animé par Benoit Renaudin et Nicolas Sourisce de l’Ecole publique de journalisme de Tours.

Ateliers Recherche. Avec le Comité Recherche des Assises.

Actionnariat de presse et transformations du journalisme. 9h30 – 11h00
Avec Claire Blandin (maître de conférence en Histoire contemporain UPEC – CRHEC), Rodney Benson (Université de New York), Matthieu Lardeau (Université de Clermont-Ferrand) et Julie Sedel (maître de conférence en sociologie et en science politique (Université de Strasbourg)).

Le média comme marque. 11h00 – 12h30
Avec Caroline Marti (maître de conférence au Celsa), Alan Ouakrat (chercheur post doctoral Université de Lorraine) et Valérie Patrin-Leclère (maître de conférence Celsa). Animé par Antoine Boilley (secrétaire général de France Télévisions).

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Francophonie

La langue française, respect ! Un impératif pour les journalistes. Avec l’Ucp2f et l’Uipf. 9h30 – 11h00
Avec Jean-Pierre Colignon (journaliste, ancien correcteur du Monde), Patrice Gelinet (membre du CSA, en charge de la langue française et de la francophonie, de l’outre-mer et de la radio), Aurore Vincenti (linguiste, chroniqueuse dans l’émission Agora, France Inter). Présenté par Jean Miot (vice-président de l’Union internationale de la presse francophone). Animé par Romain Hugon (journaliste, délégué de l’Union des clubs de la presse de France et francophone).

Les journalismes

Actualité internationale : la nécessité de l’information citoyenne. Avec Médias Citoyens. 9h30 – 11h00
Avec Radjaa Aboudagga (journaliste, ancien correspondant à Gaza), Rafika Bendermel (journaliste, fondatrice du Tunisie Bondy Blog), Garance Le Caisne (journaliste indépendante, auteure de Opération César, Au coeur de la machine de mort syrienne), Julien Pain (rédacteur en chef et créateur des Observateurs, France 24), Youcef Seddik (journaliste, directeur du Centre de Presse d’Alep). Animé par Thierry Borde (journaliste, animateur et fondateur de Médias Citoyens).

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Médias des villes, médias des champs, les médias de proximité en zones urbaines et rurales. Avec la Coordination Permanente des Médias Libres. 11h00 – 12h30
Avec Laurent Cougnoux (Le Lot en Action), François Malabave (Radio Fréquence Mistral), Nordine Nabili (journaliste, Bondy Blog), Jean-Noël Robillard (TV Bruits). Animé par Eloise Lebourg (journaliste, gérante de Mediacoop).

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LES DÉBATS PUBLICS

MERCREDI 9 MARS

L’éducation aux médias hors de France. 14h00 – 15h45
Avec Evelyne Bévort (EuroMediaLiteracy, ancienne directrice déléguée du Clemi), Aralynn McMane (directrice exécutive Worls Association of Newspapers and News Publishers), Nic Nickels (secrétaire général Editpress), Dr Ida Pöttinger (représentante du comité Global Media Literacy de l’Association pour l’éducation aux médias), Patrick Verniers (président du Conseil supérieur de l’éducation aux médias). Animé par Albéric de Gouville (rédacteur en chef France 24 et vice-président de la Maison Des Journalistes).

Ils ont innové cette année. 14h00 – 15h45
Avec Sylvain Attal (directeur adjoint chargé des nouveaux média France 24/ partenariat avec Mashable), Raphaël Garrigos (journaliste, cofondateur de Les Jours), Didier Pourquery (directeur de la rédaction The Conversation) et Alexandre Michelin (directeur de Spicee). Animé par Alice Antheaume (directrice adjointe de l’école de journalisme de Sciences Po Paris).

Des rédactions à l’image de la société ? 16h00 – 17h45
Avec Florian Bardou (journaliste pigiste, représentant de l’Association des Journalistes LGBT), Marc Epstein (président de la Chance aux Concours), Mémona Hintermann-Affejee (membre du CSA, grand reporter à France 3 jusqu’en 2013), Widad Ketfi (journaliste, pigiste au Bondy Blog), Wassim Nasr (journaliste, Les Observateurs & Pas 2 Quartier, France 24), Catherine Puiseux-Kakpo (présidente du Comité diversité du groupe TF1). Animé par Rachid Arhab (écrivain, ancien journaliste et ex-membre du CSA).

Infomédiaires et médias : quel partage de la valeur ? Avec Les Entretiens de l’Information et l’INA. 16h00 – 17h45
Philippe Colombet (Google), Johan Hufnagel (Directeur de la rédaction de Libération), David Lacombled (directeur délégué à la stratégie des contenus chez Orange), Clara Schmelck (Intégrales magazines), Nikos Smyrnaios (Université de Toulouse) et Sebastien Soriano (président de l’Arcep). Animé par Jean-Marie Charon (chercheur associé à l’EHESS et président de la CNMJ).

Comment lutter contre les théories du complot ? 18h00 – 20h00
Agathe André (journaliste à Charlie Hebdo et présidente de Dessinez Créez Liberté), Luc Hermann (journaliste-producteur, PREMIÈRES LIGNES), Thomas Huchon (réalisateur #ConspiHunter, Spicee), Daniel Schneidermann (fondateur d’@rrêt sur images).

 

JEUDI 10 MARS

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Quatre chaînes tout info, est-ce trop ? 14h00 – 15h45
Avec Hervé Beroud (directeur de la rédaction, BFMTV), Nicolas Charbonneau (directeur adjoint de l’information, TF1), Guillaume Zeller (directeur de la rédaction d’ITélé). Animé par Laurence Benhamou (chef du service Médias, AFP).

Rencontre étudiants – employeurs. 14h00 – 15h45
Avec Laurent Drezner (secrétaire général des rédactions de BFMTV et BFM Business), Valérie Lelasseux (chargée du recrutement à la Nouvelle République), Rémi Monnier (secrétaire général de Sud-Ouest) et Eric Thomas (chargé du recrutement de l’AFP). Animé par Marie-Christine Lipani (IJBA Bordeaux / Mica) et les étudiants des écoles de journalisme reconnues par la profession.

L’Observatoire de la Déontologie de l’Information présente son 3e rapport annuel. 14h00 – 15h45
Avec Bernard Angaud (président de la société des lecteurs du Monde), Michèle Léridon (directrice de l’information de l’Agence France Presse) et Marie-Christine Saragosse (présidente de France Médias Monde). Présenté par Patrick Eveno (président de l’Observatoire de la déontologie de l’information).

Le baromètre social des Assises du journalisme. Bilan de l’emploi des journalistes en 2015. 16h00 – 16h15
Animé par Jean-Marie Charon (chercheur associé à l’EHESS et président de la Conférence nationale des métiers du journalisme).

Concentration, indépendance, secret des sources, les grands dossiers de l’année. 16h15 – 17h45
Avec Patrick Bloche (député, président de la Commission des affaires culturelles), Marie-Anne Chapdelaine (députée), François Ernenwein (rédacteur en chef La Croix), Laurent Joffrin (directeur de publication Libération), Vincent Lanier (premier secrétaire général du SNJ). Animé par Richard Sénéjoux (Télérama).

Journalisme, terrorisme, état d’urgence. Avec RSF. 18h00 – 20h00
Avec Christophe Deloire (secrétaire général de Reporters Sans Frontières), Eric Valmir (chef du service reportage de France Inter).

 

VENDREDI 11 MARS

Quel est le prix de l’info sportive ? Avec l’Agence France Presse (AFP). 14h00 – 15h45

Avec Vincent Duluc (journaliste à L’Equipe), Florent Gautreau (journaliste RMC info), Didier Lauras (chef du département sport de l’AFP), Jean-Marc Michel (président de l’Union des journalistes de sport en France) et Karim Souanef (sociologue).

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Médias et laïcité. 16h00 – 17h45
Avec Jean-Louis Bianco (Observatoire de la Laïcité) Jean Birnbaum (directeur du Monde des Livres), Christophe Habas (Grand Orient de France) et Jean-François Kahn (journaliste et écrivain).

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Le Grand reportage : quels regards sur les migrants ? Avec l’Institut national de l’audiovisuel (INA). 18h00 – 20h00
Edith Bouvier (journaliste indépendante), Géraldine Poels (Responsable de la valorisation scientifique INA), Olivier Poujade (grand reporter France Inter), Phiippe Rochot (grand reporter), Christophe Stramba-Badiali (photojournaliste). Animé par Patricia Loison (journaliste France 3).

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LES SOIRÉES

Soirée d’ouverture « Le Prix de l’info »

Avec Julia Cagé (professeur d’économie à Sciences Po Paris), François D’Orcival (Presse et Pluralisme), Jacques Trentesaux (L’Express).

Débat et présentation de l’enquête exclusive Harris Interactive avec Presse et Pluralisme. Mercredi 9 mars, 20h30 – 22h30.

Remise des prix des Assises du journalisme par Laurent Joffrin,

Jeudi 10 mars, 20h30 – 22h30, à l’Hôtel de ville de Tours.

Interview à front renversé

Les journalistes face aux politiques. Vendredi 11 mars, 20h30 – 22h30.

ET AUSSI…

 

« Capa et la couleur » au Château de Tours. 25, avenue André Malraux. 37000 Tours. Visite privée proposée par l’équipe du Jeu de Paume, le vendredi 11 mars de 13h à 14h (réservation : administration@journalisme.com).

Salon du livre du journalisme. Rencontre avec les auteurs des livres qui font l’actualité avec la libriairie La Boîte à Livres. Du mercredi au vendredi au centre de congrès Vinci.

Exposition #jedessine en partenariat avec Dessinez, créer, liberté. Exposition de dessins reçus à la rédaction de Charlie Hebdo après les attaques de janvier. Dans le péristyle de l’hôtel de ville, du 8 au 13 mars.

Exposition Reporters sans frontières, 30 ans de campagnes en partenariat avec RSF. Sur le Boulevard Heurteloup du 9 au 11 mars.

Reportage pour mémoire de Philippe Rochot en partenariat avec Les promenades photographiques de Vendôme. Sur l’Avenue André Malraux, du 8 au 13 mars.

L’oeuvre-monument « Anything to say ? » de l’artiste Davide Dormino. Sur le parvis de la gare de Tours du 8 au 13 mars.

Les collages du collectif de photojournalistes #Dysturb. Dans plusieurs espaces publics de la ville à partir du 9 mars.

Démonstration de drone journalisme. Le jeudi de 12h30 à 13h30, au centre de Congrès de Vinci.

Présentation du dépôt légal du web à l’INA. Le jeudi de 12h30 à 13h30, au centre de Congrès de Vinci.

Le programme en PDF

Télécharger le programme complet en cliquant ici.
Le résumé du programme est disponible ici.

Prix & Jury

Les Assises du journalisme sont l’occasion de récompenser des projets et publications journalistiques. Au programme : les traditionnels Prix des Assises du journalisme, mais aussi plusieurs autres récompenses liées à l’éducation aux médias.

Prix des Assises du journalisme

Chaque année, l’association Journalisme et citoyenneté couronne le meilleur des enquêtes et des reportages publiés dans la presse ou en librairie. Pour la 10e édition cette année, pas moins de quatre prix seront remis. Le jury peut également décider de remettre un prix spécial. Le jury de ces Assises 2017 est composé d’étudiants issus des 14 écoles de journalisme reconnues par la profession. Il est présidé par Anne-Claire Coudray.

Le Grande prix « journalisme de l’année »

Ce premier prix sera décerné au journaliste, ou à la rédaction, qui aura le mieux incarné le journalisme et ses valeurs.

  • La rédaction de Nice Matin pour sa couverture de l’attentat du 14 juillet à Nice.
  • Sammy Ketz et le bureau de l’AFP de Beyrouth, pour sa couverture de la guerre en Syrie, et notamment la bataille d’Alep.
  • La rédaction d’i-Télé pour son combat collectif en faveur de l’indépendance éditoriale des rédactions.
  • David Thomson, journaliste à RFI, pour son travail sur le Jihad, notamment son enquête « Les revenants ».
  • Édouard Perrin, Premières Lignes, Cash Investigation, pour ses enquêtes sur les pratiques fiscales (Luxleaks) et son travail sur les Panama Papers.
Le prix des Assises, catégorie « Journalisme »
  • Laurent Mauduit, Main basse sur l’information, aux éditions Don Quichotte, 2016.
  • Aude Lancelin, Le monde libre, aux éditions Les liens qui libèrent, 2016. Prix Renaudot de l’Essai 2016
  • Claude Angeli et Pierre-Edouard Deldique, Les Plaisirs du journalisme, aux éditions Fayard, 2016.
Le prix des Assises, catégorie « Recherche »
  • Camille Dupuy, Journalistes, des salariés comme les autres ?, aux éditions PUR, 2016.
  • François Robinet, Silences et récits. Les médias français à l’épreuve des conflits africains, INA Editions, 2016.
  • Marlène Coulomb-Gully, 8 femmes sur un plateau. Télévision, journalisme et politique, Nouveau monde éditions, 2016.
  • Marie-Soleil Frère, Journalismes d’Afrique, Bruxelles, De Boeck, 2016.
Enfin, le prix « Enquête et reportage »
  • Karam Al-Masri et Rana Moussaoui, Couvrir Alep, la peur au ventre et le ventre vide, AFP.
  • Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, i-Télé, une rédaction sous vide, Les Jours.
  • Richard Sénéjoux, Panama Papers, Luxleaks, Football Leaks… Quand les journalistes jouent collectif, Télérama.

Prix Éducation aux médias & Prix jeunesse de Tours

Valoriser l’éducation aux médias est l’un des objectifs des Assises du journalisme. Plusieurs prix sont donc remis lors d’une journée en partie dédiée à l’éducation aux médias.

Les Prix Éducation aux médias récompensent plusieurs projets menés en 2016. Le jury est composé de journalistes, d’enseignants d’écoles de journalisme et d’élèves.
Sont décernés :
– le Prix Éducation aux médias web et presse en ligne,
– le Prix Éducation aux médias presse écrite,
– le Prix de l’Initiative associative.