Les moments forts
de l’édition 2017
des Assises

De retour à Tours cette année, après une édition 2016 orientée sur la valeur de l’information, les Assises du journalisme ont une nouvelle fois apporté de nombreux éclairages sur l’avenir de la profession.

Pendant trois jours, les étudiants de l’EPJT se sont mobilisés pour réaliser un suivi en temps réel de l’événement grâce à un live-tweet permanent et des résumés de chaque atelier et conférence. Ils ont également interrogé de nombreuses personnalités du monde du journalisme, grâce à des plateaux vidéos en studio ou à des Facebook Live dans les coulisses. Les étudiants ont également conçu et diffusé une édition quotidienne de La Feuille, un journal papier de huit pages. Petite sélection des articles, enquêtes, portraits et résumés à retenir de cette édition 2017 des Assises. 

Après Laurent Joffrin (Libération) l’an passé, c’était au tour d’Anne-Claire Coudray (TF1) de présider le jury des Assises 2017. Photo : Simon Bolle

 

LES ENQUÊTES

 

  • Robots : amis ou ennemis ?

Depuis quelques années, les robots-journalistes s’immiscent dans les rédactions. Et commencent à inquiéter la profession. Peut-être à tort :

[ENQUÊTE] Robots : amis ou ennemis ?

 

  • Facebook va-t-il tuer les sites des médias ?

En deux ans, les réseaux sociaux et Google ont bouleversé la manière de consommer l’info avec des outils qui optimisent la lecture des articles sur smartphone. Une innovation qui ravit tout le monde, mais qui n’est pas sans risques :

[ENQUÊTE] Facebook va-t-il tuer les sites des médias ?

  • Information locale : les nouveaux explorateurs

Tours, Dijon, Chalon, Grenoble… De nombreuses villes assistent à la naissance de pure players. Ces sites d’info, qui entendent concurrencer la PQR, peinent à trouver leur équilibre financier.

[ENQUÊTE]. Information locale : les nouveaux explorateurs

 

LES PORTRAITS

 

  • Rémy Buisine, à l’état brut

Le calepin et le stylo, Rémy Buisine n’en a pas besoin. Le journaliste révélé sur Périscope a choisi le smartphone pour des vidéos sans filtre, diffusées sur le média Brut :

[PORTRAIT] Rémy Buisine, à l’état brut

 

  • À l’aise, Franck Annese

Intuitif, décontracté, curieux… Depuis 2003, Franck Annese, le patron du groupe So Press, secoue la presse magazine. Ses titres affichent une santé insolente :

[PORTRAIT] À l’aise, Franck Annese

 

  • Edwy Plenel, modèle payant

Ignorant les sceptiques, Edwy Plenel a créé Mediapart voilà neuf ans. Ce précurseur du pure player reste pourtant attaché à l’esprit de la presse traditionnelle :

[PORTRAIT] Edwy Plenel, modèle payant

 

LES VIDÉOS

 

  • Gülsün Güvenli

Venue spécialement pour les Assises, celle qui enseigne le journalisme à l’Université de Galatasaray, à Istanbul en Turquie, a répondu aux questions de Manon Vautier-Chollet sur le plateau de l’EPJT. Depuis quelques termps, le journalisme turc fait face à de grosse pressions. Une pression augmentée depuis la tentative de coup d’état de l’été dernier. Malgré tout, les journalistes, enseignants et étudiants en journalisme tentent de résister à la censure, et de ne pas perdre espoir.

 

  • Anne-Claire Coudray

La présentatrice de journaux du week-end, qui a remplacé Claire Chazal en septembre 2015, sur TF1 présidait le jury des Assises 2017. Depuis quelques années, le JT est en perte d’audience. Elle répond aux questions de Lucie Martin et Philippine David et analyse les tentatives d’adaptation aux évolutions technologiques de la part des médias.

 

 

  • Jason Reifler

Le fact-checking est l’art de vérifier les faits relatés par les personnalités politiques, les experts ou les médias. Pourquoi est-il si populaire aujourd’hui ? Est-ce un effet de mode ? Quels impacts a-t-il sur la société et peut-il renouer le lien de confiance entre journalistes et publics ? Pour répondre à ces questions, Lénaïg Le Vaillant et Salomé Mesdesirs ont reçu Jason Reifler, professeur en sciences politiques à l’Université d’Exeter (UK) et spécialisé dans le fact-checking.

 

(La vidéo étant en anglais, nous vous conseillons d’activer les sous-titres afin de bénéficier d’une traduction en français)

Pour aller plus loin, retrouvez ici l’ensemble des résumés sur les conférences et les ateliers des trois derniers jours.

La rédaction

[LE RÉSUMÉ] « Les beaux jours de la télévision »

Retrouvez l’essentiel de la conférence « Les beaux jours de la télévision ».

Bolloré a fait parler de lui pendant la conférence. Photo : Lucie Martin

 

Animé par Albéric de Gouville, rédacteur en chef de France 24, avec Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, journalistes à Les Jours et auteurs de Comment Vincent Bolloré a mangé Canal+ aux éditions du Seuil et Bruno Patino, directeur éditorial d’Arte et auteur de Télévisions aux éditions Grasset.

 

LES ENJEUX

L’image et la vidéo sont plus de plus présentes sur les réseaux sociaux mais la télévision, elle, est toujours là. Alors que la mutation numérique qu’elle a entamée s’annonce floue, certaines chaînes sont en pleine reconstruction.

 

CE QU’ILS ONT DIT

Bruno Patino : « L’histoire du livre est assez simple : j’ai toujours écrit sur l’évolution du média dans lequel je travaillais. La télé a été faite par des êtres humains et elle en train d’être prise par des systèmes. Je suis convaincu que le moment de disruption de la télévision ces dernières années, c’est Facebook Live et Periscope. Les chaînes se réfugiaient derrière le direct. Mais on s’est rendu compte qu’un réseau social pouvait faire du live. La télévision n’est pas en train de disparaître mais les chaînes vont être une des nombreuses propositions éditoriales en terme de vidéo. »

Raphaël Garrigos : « Vincent Bolloré a revendu Direct 8 à Canal contre de l’argent et des actions Vivendi et il a réussi à prendre la présidence de Vivendi. Un des premiers gestes de Canal + après avoir repris Direct 8, c’est d’avoir viré Jean-Marc Morandini. Quand Vincent Bolloré reprend le groupe, il met Jean-Marc Morandini sur Itélé. Si cette violence avait rapporté de l’argent à l’actionnaire… Mais ça ne marche pas. Vincent Bolloré fait de la télévision comme avec ses conteneurs en Afrique. »

Isabelle Roberts : « Ce qui est très violent dans l’histoire des licenciements des cadres de Canal +, c’est que Vincent Bolloré n’a même pas prononcé leur nom. Il a réussi à faire partir la rédaction d’Itélé sans plan social, ce qui n’est pas légal. Il a un aspect paternaliste envers les anciens de Direct 8, il leur dit bonjour. Certains l’appellent Papa Bolloré. »

 

À RETENIR

Les beaux jours de la télévision : un nom pas forcément approprié pour cette conférence au cours de laquelle ont été abordées le moment compliqué que vit Canal+ et la mutation en cours de la télévision.

Marcellin Robine

L’édition Print
du vendredi 17 mars

Si vous n’avez pas la possibilité d’être à Tours aujourd’hui, ou qu’il n’y a plus de numéro disponible, voici la version numérique du troisième journal papier de huit pages réalisé par les étudiants en deuxième année à l’EPJT.

[ENQUÊTE] Opérateurs mobile, sauveurs
de la presse ?

SFR et Orange proposent une initiative inédite : coupler abonnements téléphoniques et kiosques en ligne. Les opérateurs ont la volonté de donner un second souffle à la presse écrite. Mais ce modèle est-il une solution pour des journaux qui peinent à se vendre ?

En janvier 2017, l’application SFR Presse aurait été téléchargée 1,5 million de fois. Photo : Martin Esposito

 

Le Figaro, Libération, Le Parisien – Aujourd’hui en France, l’Express, Sud Ouest, le Journal du dimanche, Elle, Paris Match… Tous ces titres sur une même plateforme, tous réunis dans une application téléchargeable sur les téléphones portables, les tablettes et les ordinateurs. C’est ce que propose SFR Presse depuis le mois d’avril 2016. L’offre contenait à l’origine 18 titres. Depuis, elle n’a cessé de s’enrichir au fil des mois, pour atteindre le nombre de 65.

Un kiosque virtuel : rien de nouveau à première vue. L’un des plus connus, le néerlandais Blendle regroupe déjà plus de 100 titres, dont le New York Times et le Huffington Post. Mais les différences de fonctionnement sont majeures. Pour SFR, le kiosque est compris dans la plupart des abonnements mobile et englobe tous les titres alors que pour Blendle, l’achat se fait à l’unité. Les personnes qui n’ont pas de forfait chez l’opérateur ne sont pas en reste. Elles peuvent s’abonner pour la modique somme de… 19,99 euros par mois. C’est parfois le prix d’un unique abonnement pour certains titres de presse.

Le principe ? Les utilisateurs téléchargent les journaux de leur choix au format PDF, avant la sortie en kiosque. L’accès en avant-première et en illimité est garanti pour 65 titres. Et ça semble marcher : l’opérateur annonçait, dans un communiqué de presse en date du 8 mars 2017, avoir franchi les dix millions de téléchargements. Pour le seul mois de janvier 2017, SFR Presse a battu des records : l’application aurait été téléchargée 1,5 million de fois. Une explosion certainement due à l’arrivée de nouveaux titres sur la plateforme : Elle, Paris Match, Le Figaro, Le Figaro Magazine, Madame Figaro, Télé 7 jours et La DépêcheEt tout ça pour le même prix.

 

 

SFR n’est pas le seul opérateur à avoir mis en place une offre. Depuis juillet 2015, Orange est partenaire de ePresse. Ce kiosque en ligne compte plus de 500 titres. Mais le système diffère : l’engagement comporte là quinze crédits mensuels à dépenser dans le catalogue de quotidiens. Un titre correspond généralement à un crédit. L’option est uniquement accessible aux clients Orange. Les abonnés déboursent seulement 10 euros par mois, sans engagement, et peuvent résilier leur abonnement dès qu’ils le souhaitent.

Johan Hufnagel, numéro deux de la direction de Libération, paraît satisfait du service : « Faire partie du service SFR Presse est extrêmement intéressant. SFR a 18 millions de clients, ce qui représente pour nous un immense réservoir de lecteurs. » A l’heure où les kiosques meurent à petit feu, SFR Presse représente une option intéressante. Libération enregistrait par exemple pour l’année 2015 une importante baisse de 17,04 % de ses ventes en kiosque, selon l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias.

Merci les opérateurs ?

Michel Combes, le PDG du groupe SFR voit grand pour le projet : « Tous nos compétiteurs vont faire la même chose : je pense que notre initiative sera copiée, y compris à l’étranger. »  Et si la presse toute entière devait dire merci aux opérateurs ? En façade, le modèle paraît être une véritable révolution. Dans les faits, c’est bien moins idyllique.

Dès lors qu’on aborde la question de la rémunération, les portes se ferment. Libération fait partie des titres les plus téléchargés chaque jour sur l’application SFR Presse mais Johan Hufnagel reste discret concernant les tarifs. Il confie tout de même que « tous les titres de presse ne touchent pas la même somme. Libération est en train de négocier, dans l’intérêt de tous. » Selon une enquête du magazine Challenges de février, « l’éditeur ne perçoit généralement que quelques centimes par exemplaire. »

C’est pour ça que certains refusent de se soumettre à ce système. Etienne Gernelle, directeur du Point, s’indignait mardi 14 mars dans l’émission L’instant M sur France Inter : « SFR est une machine à tuer la presse. » Il reproche à l’opérateur les tarifs qu’il propose. Une rémunération trop faible qui met, selon lui, en danger la qualité de la presse. D’autres, comme le magazine Society, ont quitté le service.

 

 

Cela n’empêche pas les opérateurs mobiles de se présenter comme les sauveurs de la presse. « Nous rémunérons les journaux, c’est une nouvelle source de revenus pour eux », se félicitait Michel Combes, le 10 février 2017 devant l’Association des journalistes médias. Certes, mais cette nouvelle offre peut aussi ralentir les autres options de ventes, en kiosques, avec des abonnements directs à un titre… Des offres qui sont, finalement, davantage rémunératrices que le téléchargement d’exemplaires en passant par SFR ou Orange.

Cet intérêt soudain pour sauver la presse pourrait cacher aussi un tout autre dessein : assurer une optimisation fiscale. La presse bénéficie d’un taux de TVA à 2,1 %, nettement plus bas que celui appliqué habituellement sur les abonnements téléphoniques, qui s’établit à hauteur de 20 %. Le groupe, en couplant le service SFR Presse et les abonnements, finit, grâce à ce tour de magie, par faire des économies sur ses reversements de TVA à l’Etat. Le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne dénonçait une « instrumentalisation fiscale » dans un communiqué publié le 28 avril 2016 avant de rappeler que « ce taux réduit tire sa légitimité du rôle constitutionnellement reconnu de la presse pour permettre aux citoyens d’accéder à l’information nécessaire à la formation de leurs opinions. »

Patrick Eveno, spécialiste de l’histoire des médias et utilisateur assumé de l’application, admet que le modèle ne va peut-être pas durer avant de poursuivre : « Certes, la rémunération est faible mais SFR Presse donne quelques années de sursis à des titres, comme Libération, dont le modèle est déjà mort. »

Philippine David et Léna Soudre

 

L’édition Print
du jeudi 16 mars

Si vous n’avez pas la possibilité d’être à Tours aujourd’hui, ou qu’il n’y a plus de numéro disponible, voici la version numérique du deuxième journal papier de huit pages réalisé par les étudiants en deuxième année à l’EPJT.

[LE RÉSUMÉ] « Fact-checking, contournements politiques et enjeux de vérité »

Découvrez le résumé de l’atelier : « Fact-checking, contournements politiques et enjeux de vérité ».

En cette période de campagne électorale, le fact-checking est plus que tout au centre des rédactions. Photo : Lucie Martin

 

Animé par Jérémie Nicey, équipe de recherche Prim, Université de Tours. Sont intervenus Jason Reifler, lab, CEmaP, Université d’Exeter, Laurent Bigot, lab. CARISM, IFP/Université Panthéon-Assas, Pascal Froissart, lab. CEMTI, Université de Paris 8 et Pauline Moullot, journaliste, Désintox, Libération.

 

LES ENJEUX

Le fact-checking peut paraître neuf alors qu’il revient au fondement du journalisme. Régulièrement utilisé pour vérifier la véracité des déclarations, il est aujourd’hui détourné par les politiques qui innovent pour répondre à cette vérification des faits. Certains candidats à la présidentielle ont même leurs propres cellules de fact-checking.

 

CE QU’ILS ONT DIT

Jason Reifler : « Une question est apparue : est-ce que le fact-checking améliore les connaissances des votants ? Des sondages ont prouvé que oui. Mais les gens étaient différemment touchés. Ceux qui s’intéressent peu à la politique ont eu l’impression d’avoir de meilleures connaissances. D’autres étaient plus réticents. »

Laurent Bigot : « Le travail des services de fact-checking n’est pas forcément repris ni par les autres médias ni par leur propre rédaction. Les fact-checkers n’ont donc aucune chance de convaincre tout le monde. Par ailleurs, le ton qu’ils emploient parfois fait qu’ils ne peuvent convaincre que les convaincus, en tout cas jamais les militants du même bord politique que la personnalité fact-checkée. »

Pascal Froissart : « Nous nous sommes indignés des fake news de Donald Trump. Tout le monde s’est énervé pendant dix jours en se demandant pourquoi croire quelqu’un qui dit des choses fausses. Mais en vrai, pendant tout ce temps, il a atteint son objectif, il a muselé l’opinion publique à coup de fake news. »

Pauline Moullot : « Beaucoup de partis politiques réalisent eux-mêmes du fact-checking. Mais cela n’a rien à voir avec nos pratiques du fact-checking journalistique. On le voit dans les débats : quand les équipes de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon disent qu’ils vérifient « L’Emission politique » de France 2, elles ne font que s’en prendre à leurs opposants et produisent des contenus partisans. »

 

À RETENIR

Aujourd’hui, les politiques s’approprient le fact-checking et l’utilisent contre les journalistes pendant des débats. Certains mettent au point des stratégies pour ne pas s’exposer au fact-checking. Mais cette pratique a permis aux journalistes de reprendre la main sur le contrôle de l’information et également regagner en crédibilité. Mais ils doivent faire face aux méthodes de contournement des responsables politiques.

Bastien Bougeard

Pour aller plus loin :

[ENQUÊTE] En revenir aux faits ?

[INTERVIEW] La parole aux photojournalistes (3/3) : Johanna de Tessieres

Le métier de photojournaliste est depuis quelques années en crise. Elément central de l’univers de la presse, il ne fait pourtant l’objet d’aucune conférence lors de cette dixième édition des Assises du journalisme. Malgré leur absence, trois photojournalistes prennent la parole pour parler de leur profession et de son avenir. Pierre Morel travaille pour Le Monde, Les Jours ou encore Libération. Johanna de Tessieres est photojournaliste belge freelance depuis une dizaine d’année. Troisième rencontre de notre série.

« Je suis hyper curieuse de voir comment cela va se passer dans dix ans. Pour le moment, nous sommes dans une période charnière et nous cherchons un nouveau modèle pour continuer d’exister. Ce n’est pas une période facile mais elle est très enrichissante. Tout est à créer donc c’est assez excitant. L’une des choses qui m’inquiète pour l’avenir – et qui est un problème déjà existant – c’est le fait que des groupes de presse nous mettent la pression pour que nous filmions. C’est un peu comme s’ils ne croyaient plus en la photo. Personnellement, je refuse de faire de la vidéo, ce n’est pas mon métier. Mais l’avenir de la photo sur le web est une vraie interrogation avec la concurrence de la vidéo. »

Propos recueillis par Yleanna Robert et Manon Vautier-Chollet

[LE RÉSUMÉ] « EMI : jamais sans la famille ! »

Retrouvez l’essentiel de la conférence « EMI : jamais sans la famille ! ».

Selon les responsables de médias français, les parents ont un rôle à jouer dans l’éducation à l’information de leurs enfants. Photo : Lucie Martin

Animé par Marie-Laure Augry, médiatrice des rédactions de France 3, avec Stéphane Fouéré, vice-président national en charge des droits et libertés et international à la FCPE, Olivier Gérard, coordonnateur du pôle média-usages numériques à l’UNAF, Hélène Grimbelle, secrétaire nationale de la Ligue de l’enseignement ; Alexandrine Blavet, PEEP, Laurent Garreau, CLEMI.

LES ENJEUX

Lutter contre la désinformation. Apprendre à décrypter les milliers d’informations que se partagent les jeunes, cela ne peut ne faire sans les familles. Pour la première fois, les responsables des grandes associations familiales et de parents d’élèves étaient réunis pour parler de l’EMI.

CE QU’ILS ONT DIT

Stéphane Fouéré : « Les parents sont les premiers éducateurs des enfants, il faut du dialogue avec les chefs d’établissement. Dans la relation à l’enfant, il faut que l’enfant soit entendu en tant que citoyen, de jeune qui s’implique dans l’établissement scolaire. Je pense qu’il y a des points d’appui dans le primaire. On essaye d’intervenir dans les temps d’activité périscolaire. On ne doit pas construire des murs aujourd’hui mais des passerelles, des ponts pour mieux se connaître. Mais un mur se construit entre parents et écoles. Il faut donc faire rentrer les parents dans l’école, dans des espaces, des temps dédiés. »

Alexandrine Blavet : « Les parents sont souvent démunis, ils n’ont pas grandi avec les médias numériques. Les jeunes peuvent trouver n’importe quoi sur internet, il y a une non maîtrise des parents sur l’information, sans filtre, avec une utilisation individualiste. On organise des temps de formations aux parents de collégiens. On soutient le développement de médias dans les établissements. L’éducation aux médias doit d’abord être faite en famille. Pour cela, il faut apprendre aux parents à faire attention »

Hélène Grimbelle : « Ce qu’on entend remonter des parents, c’est un besoin d’éducation aux médias et à l’information. On fait partie des associations de la société civile et on porte un message, une vision sur l’école. Dans la loi de refondation de l’école, il y a la base d’une évidence : on ne peut pas former un citoyen sans EMI dans l’école. Je ne suis pas d’accord avec le titre de la conférence « EMI : Jamais sans la famille ». Il faut garder des moments éducatifs hors de la famille. »

Olivier Gérard : « Avant 6 ans, beaucoup d’enfants ont accès à l’information. Il faut mettre un place une EMI pour les enfants mais aussi pour les parents. J’aimerai que l’année prochaine, on discute d’initiative d’EMI en direction des familles et qu’on agrandisse la semaine des médias au week-end pour que les familles puissent s’impliquer. »

Laurent Garreau : « 77% des enfants s’informent par internet. On publie un guide vendredi, qui sera disponible sur internet et dans les centres de documentation Canopé. Il aide les parents à informer ses enfants, conseille sur les réseaux sociaux, aide à maîtriser le temps d’écran en famille et parle de la protection des enfants aux images violentes et pornographiques. »

À RETENIR

Selon les associations de parents d’élèves, les parents ont besoin d’une formation au numérique. Ils proposent de se retrouver dans un an afin d’échanger sur l’EMI en direction des familles et d’ajouter une journée aux Assises pour le grand public et les familles.

Marcellin Robine

[INTERVIEW] La parole aux photojournalistes
(2/3) : Pierre Morel

Le métier de photojournaliste est depuis quelques années en crise. Elément central de l’univers de la presse, il ne fait pourtant l’objet d’aucune conférence lors de cette dixième édition des Assises du journalisme. Malgré leur absence, trois photojournalistes prennent la parole pour parler de leur profession et de son avenir. Pierre Morel travaille pour Le Monde, Les Jours ou encore Libération

« Que dire… Je pense que plus je fais ce métier, plus je me dis que le problème dans la profession est la sous-utilisation des droits. Sans oublier le manque d’organisation et de professionnalisme des photographes… Il faut que la photo soit le domaine le plus important de l’enseignement dans les écoles pour former des journalistes ultra-rigoureux. Le déficit est aujourd’hui énorme. Beaucoup ne savent que très peu de choses sur la pige. Une autre clé pour un marché sain : que les photojournalistes soient plus solidaires et organisés entre eux. Dans dix ans, j’espère aussi que la profession aura réglé les problèmes liés à la diffusion de la photo, avec, notamment, la question de la rémunération sur Instagram.  »

Propos recueillis par Yleanna Robert et Manon Vautier-Chollet

[INTERVIEW] La parole aux photojournalistes (1/3) : Virginie Nguyen Hoang

Le métier de photojournaliste est depuis quelques années en crise. Elément central de l’univers de la presse, il ne fait pourtant l’objet d’aucune conférence lors de cette dixième édition des Assises du journalisme. Malgré leur absence, trois photojournalistes prennent la parole pour parler de leur profession et de son avenir. Virginie Nguyen Hoang est photojournaliste freelance depuis janvier 2012. Première rencontre de notre série.

« Je pense que le métier de photojournaliste sera toujours le même dans dix ans mais avec plus d’outils. On évolue avec la technologie. Il faudra encore davantage combiner vidéo et photos et s’orienter vers le marché du web plutôt que celui des magazines et journaux. Ma crainte est de ne plus être capable de vivre de mon métier ou de plus pouvoir le pratiquer. J’espère vraiment que dans dix ans il y aura davantage de possibilités de financer et de publier des histoires au long court. Il faudra aussi que le public accorde plus d’importance au photojournalisme car sans lecteurs, on ne peut pas espérer que la crise de la presse se termine. J’espère aussi que les écoles de journalisme prendront plus de temps pour enseigner à leurs étudiants l’éthique du journalisme et l’aspect financier. Car ce n’est pas parce qu’on débute qu’il faut donner ses images gratuitement pour se faire un nom. »

Propos recueillis par Yleanna Robert et Manon Vautier-Chollet

[LE RÉSUMÉ] « L’EMI, ce n’est pas qu’à l’école ! »

Retrouvez l’essentiel de la conférence « L’EMI, ce n’est pas qu’à l’école ! »

L’éducation aux médias est encore un vaste chantier. La conférence a été l’occasion de revenir sur les différents projets en cours, hors du cadre scolaire. Photo : Martin Esposito


 

Animé par Valérie ROHART, journaliste – Globe reporters, avec Thibault COECKELBERGHS, coordinateur GSARA (Belgique), Vincent PECHAUD, cofondateur de La Smalah et Jonathan VAUDEY, chargé de coordination et de développement Les Lucioles du Doc.

 

LES ENJEUX

On a trop tendance à limiter l’éducation à l’information au seul milieu scolaire, elle concerne pourtant bien d’autres publics. Les initiatives se multiplient dans les bibliothèques, les hôpitaux, les foyers jeunes travailleurs ou en milieu carcéral… Sortir du milieu scolaire permet de toucher plus de publics, et pas seulement les jeunes ou les enfants.

 

CE QU’ILS ONT DIT

Thibault Coeckelberghs : « Le fait de ne pas être à l’école, c’est un vrai avantage. Nous n’avons pas seulement une heure de cours pour mettre en œuvre un atelier. Nous pouvons aller plus loin. Les contraintes sont moins importantes quand on sort de l’école. Mais ça implique de se rendre visible, de montrer une caméra, un studio radio, de donner envie. Il faut se rendre dans toutes les maisons de quartiers, aller directement à la rencontre des publics. »

Vincent Pechaud : « On les met face aux émissions qu’ils regardent tous les jours, le JT avec leurs parents par exemple, ou face à YouTube, aux réseaux sociaux. Chez eux, ils peuvent tomber sur des fake news ou des théories du complot. Ensuite, les algorithmes font que ce type de vidéos, d’articles, viennent de plus en plus à eux. Ils peuvent avoir du mal à distinguer ce qui relève du vrai et du faux, et croire ces informations vraies au même titre que ce qu’ils voient sur les JT. Notre rôle, en les faisant participer, c’est de leur expliquer comment fonctionnent les algorithmes, l’information, YouTube, les réseaux sociaux… »

Jonathan Vaudey : « On essaie de co-construire des projets avec des personnes très critiques vis-à-vis des médias, que ce soit des jeunes, des moins jeunes. On les laisse choisir la thématique qu’ils ont envie de traiter. Notre dernier atelier a été la réalisation d’un documentaire avec des détenus à la maison d’arrêt de Fleury-Merogis. La plupart des membres du groupe avaient une télévision dans leur cellule. Ils rejetaient fortement les médias et en même temps, consommaient beaucoup la télévision comme il y a peu d’activités en prison. Ils étaient très au fait de l’actualité et avaient le sentiment, en tant que spectateurs, qu’on leur répétait toujours la même chose. Ils en sont ressortis encore plus critiques, mais en réalisant un produit journalistique, ils ont compris le fonctionnement de la machine médiatique, ce qui peut leur permettre ensuite de faire le tri. »

 

À RETENIR

Eduquer aux médias hors de l’école permet de passer plus de temps sur un projet, d’être moins contraint autant pour les responsables des ateliers que pour les publics et de toucher plus de personnes. La plupart des volontaires porte généralement un regard très critique sur les médias. L’idée est de leur donner des clés pour comprendre la machine médiatique et ainsi ce qu’ils reprochent aux médias, à travers la réalisation de produits journalistiques.

Léna Soudre

L’édition Print
du mercredi 15 mars

Si vous n’avez pas la possibilité d’être à Tours aujourd’hui, ou qu’il n’y a plus de numéro disponible, voici la version numérique du premier journal papier de huit pages réalisé par les étudiants en deuxième année à l’EPJT.

[INTERVIEW] Sandy Montañola, responsable du DUT de Lannion : « Comprendre les évolutions techniques pour garder la main »

Sandy Montañola est responsable du DUT journalisme de Lannion. Selon elle, il faut que les étudiants apprennent à collaborer avec les techniciens pour ne pas se laisser dépasser par la technologie.

Dans un contexte où le métier de journaliste est en constante évolution, comment former les étudiants tout en sachant que les outils actuels risquent de devenir obsolètes ?
On essaye d’expliquer aux étudiants que leur métier évolue constamment. On leur apprend à être en veille sur les nouveaux outils qui apparaissent, utilisés par des médias, et à réfléchir également sur une approche critique. Tout ça pour dire que le journalisme ne dépend pas que de la technique et qu’il y a quand même des fondamentaux à apprendre, peu importe les évolutions technologiques.

Votre but est de rendre les étudiants autonomes. Comment cela se manifeste-t-il dans vos programmes ?
On a eu une adaptation progressive de nos programmes. Par exemple, on avait des cours de recherche d’outil et d’information et ont les a adaptés au web, comme le travail de veille. On leur apprend aussi à dialoguer avec des professions techniques comme des développeurs, graphistes. C’est une des façons de s’adapter aux évolutions.

Avec la multiplication des nouveautés, comment différencier l’indispensable du gadget ?
C’est relatif, à toutes les époques on dit qu’il y a une révolution. On a eu ces mêmes discours avec l’arrivée de la TV ou d’internet. Au niveau des outils, oui il y a pleins d’outils sur internet. Donc on essaye de leur apprendre, dans une perspective critique, à aller chercher les outils qui sont adaptés pour l’évolution de leur métier à eux, ou du genre journalistique concerné. Pour nous, l’essentiel c’est que les journalistes gardent la main. Dans un contexte où de nouvelles professions apparaissent (développeur, graphiste), il faut que les étudiants arrivent à collaborer avec eux pour comprendre les technologies et ne pas en être victime. Et idéalement qu’ils puissent adapter l’outil à leurs besoins. Notre école propose une formation de deux ans et ce serait une illusion de se dire qu’on va apprendre aux journalistes à être développeur. Mais ils doivent avoir des notions pour répondre aux attentes de leur futurs employeurs.

Est-ce vous que anticipez, ou vous vous adaptez aux médias ?
Je pense que les écoles ont une grande marche de manœuvre car il n’y a pas la pression du modèle économique. Quand on a commencé à faire du web documentaire, ce n’était pas encore très développé dans les médias. Car à l’époque, ils se posaient la question du modèle économique. Le web documentaire fait partie des choses qu’on a pu anticiper car justement c’est le lieu pour. Certains membres de l’équipe pédagogique sont allés à des rencontres sur le journalisme avec l’iPhone. Le but n’est pas d’arrêter de filmer avec les caméras mais d’essayer de s’adapter et de voir les contraintes de ce nouveau format. Autant les professeurs que les étudiants font des recherches sur les nouveaux outils.

Comment devrait évoluer le journalisme dans dix ans ?
Pour moi, l’enjeu est de continuer à former des étudiants qui réussissent à avoir suffisamment de culture médiatique discursives pour garder cette identité de journaliste. Quant à la technique, si elle aide l’éditorial, c’est intéressant. Finalement, l’enjeu est de réussir à collaborer avec plusieurs professions qui élaborent les outils de demain pour qu’ils nous soient utiles, tout en gardant une liberté éditoriale.

Propos recueillis par Lénaïg Le Vaillant et Salomé Mesdesirs

[INTERVIEW] Nicole Gauthier, directrice du CUEJ : les étudiants doivent « développer leur faculté d’adaptation »

Nicole Gauthier est directrice du Centre universitaire d’enseignement du journalisme (CUEJ) à Strasbourg. Pour elle, le rôle des écoles, aujourd’hui comme dans dix ans, est de former des journalistes autonomes et attentifs aux innovations.

Dans un contexte où le métier de journaliste est en constante évolution, comment former les étudiants tout en sachant que les outils technologiques actuels risquent de devenir obsolètes rapidement ?

Nous leur apprenons à se servir des outils mainstream du moment. Mais surtout nous les sensibilisons à la veille permanente et continue, et au fait qu’un outil d’aujourd’hui ne sera pas celui de demain. Ce sont les seuls à pouvoir se construire une attention à ces mutations ; une attention qu’ils devront poursuivre après leur formation. Car ils le savent : on ne peut pas apprendre quelque chose à l’école et le faire fructifier pendant des années. Ça ce n’est plus possible, aujourd’hui. Bien sûr, il y a toujours des fondamentaux qui constituent le socle de l’information, mais tout le monde doit développer une faculté d’adaptation à ces mutations : les écoles, les médias, les journalistes y compris les étudiants.

L’enjeu des écoles est donc de pousser les étudiants à être autonomes dans la recherche de nouveaux outils ?

Oui. Un exemple : les logiciels de data. Souvent nos étudiants nous demandent pourquoi nous ne leur donnons pas un catalogue de ces logiciels. Je trouve que ça ne sert à rien. Dans trois ou six mois, l’outil qu’on leur aura présenté aura soit disparu, soit été vendu, soit sera devenu payant… Nous pouvons leur indiquer des pistes, mais il y a une partie de la recherche que nous ne pouvons pas faire à la place des étudiants, et heureusement. Car ça fait partie de la construction de l’univers professionnel que chacun doit être en mesure de faire.

Avec la multiplication des nouveautés, comment différencier l’indispensable du gadget ?

Aujourd’hui, il y a un certain nombre d’études sur les pratiques de l’information, sur l’ordinateur, la tablette ou encore le smartphone. On peut en observer l’évolution sur plusieurs années, que cela soit du point de vue du consommateur ou des entreprises. D’ailleurs, quand nous échangeons avec les entreprises, nous voyons comment elles utilisent le smartphone non pas comme outil commercial ou de consommation, mais comme outil journalistique : pour poster des vidéos sur le site, créer des alertes… On a des repères en termes d’usage professionnel. Mais selon moi, ce n’est pas si grave qu’on utilise un outil destiné à disparaître dans trois mois. L’important c’est pourquoi on a choisi cet outil en particulier. En quoi est-ce pertinent de l’utiliser à un certain moment ou un autre ? Que permet-il de faire, quel type de phase d’apprentissage permet-il de combler ? Et finalement, est-ce qu’il a rendu de bon et loyaux services ?

Vous êtes plutôt dans l’anticipation ou vous vous en tenez aux outils déjà instaurés ?

Les deux. Par exemple, on utilise In design parce qu’il est installé dans la profession, et accessoirement qu’il a fait ses preuves. Mais on travaille aussi sur la construction de médias interactifs avec des étudiants de l’IUT d’Haguenau, formés aux métiers du multimédia et de l’internet. On coproduit avec eux, et on invente des choses qui n’existent pas. Rien de révolutionnaire, mais c’est l’occasion de réfléchir en même temps au fond et à la forme du journalisme en associant nos étudiants à des graphistes ou à des développeurs. Donc il y a deux types de réponses. Et je défends les deux : qu’on puisse utiliser les logiciels professionnels qui sont encore très répandus au sein des médias et qu’on puisse par ailleurs, pour d’autres productions et une autre offre éditoriale, être dans une démarche d’innovation et de faire des choses à nous, si je puis dire.

Le journalisme dans dix ans s’appuie plutôt sur le fond ou la forme ?

Les formes de narration ou le fond, elles évoluent et se multiplient. Après dans dix ans, je n’en sais rien. On a déjà du mal à savoir pour l’année prochaine… Il y a à la fois des choses extrêmement pérennes comme l’investigation et il y a des choses qui évoluent beaucoup. Il y a des nouveaux outils, des nouveaux modes de consommation de lecture, des nouveaux formats, la rapidité de la circulation de l’information… Mais on est aussi sur un mélange, avec des éléments durables et d’autres en pleine mutation et qui sont pour certains assez fantastiques.

Propos recueillis par Lénaïg Le Vaillant et Salomé Mesdesirs

[INTERVIEW] Marc
Capelle : « Ne pas trop fantasmer sur la possibilité d’anticiper »

Marc Capelle est l’ancien directeur de l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Lille. Il dirige actuellement l’ESJ PRO médias qui propose des formations continues. Selon lui, les écoles peuvent anticiper les outils de demain. Mais elles doivent surtout se concentrer sur la réalité professionnelle d’aujourd’hui.

Depuis septembre 2015, Marc Capelle dirige l’ESJ PRO médias. Photo : Marc Capelle

Dans un contexte où le métier de journaliste est en constante évolution, comment former les jeunes journalistes tout en sachant que les outils actuels risquent de devenir obsolètes ?
L’ESJ pro est là pour accompagner les rédactions dans leur bascule vers le numérique. Nous ne sommes pas là pour inventer les outils de demain. Si nous organisons des formations pour apprendre à faire un live sur Facebook, c’est parce que c’est un besoin actuel. Les médias doivent développer leur présence sur les réseaux sociaux, et particulièrement la couverture de sujet en live sur Facebook. Il faut apprendre à le faire correctement du point de vue technique mais aussi éditorial. Si dans cinq ans Facebook n’existe plus, il sera remplacé par autre chose. En formation initiale, on peut se dire que notre rôle est de suggérer de nouvelles pratiques, de faire évoluer les médias. C’est moins notre problématique en formation continue. Nous devons d’abord coller à la réalité des besoins de la profession aujourd’hui plutôt que de rêver ce qui va exister dans dix ans.

Avec la multiplication des nouveautés technologiques, comment faire le tri entre l’indispensable et le gadget ?
En formation continue, nous sommes là pour répondre aux demandes et aux besoins de nos clients. En général, ils savent ce qu’ils veulent, donc nous n’avons pas besoin de faire le tri. Cependant, il nous arrive d’envoyer des équipes dans des congrès nationaux ou internationaux pour anticiper sur ce que nous pourrions avoir à faire. Mais nous ne sommes pas non plus un centre de recherches.

Donc vous anticipez ?
Oui, nous avons une petite marge de manoeuvre. Mais il faut être réaliste, dans les écoles de journalisme, et dans les organismes de formation en continue, nous sommes là pour tenir compte de la réalité professionnelle d’aujourd’hui. On ne peut pas se dire dans dix ans ça sera comme ça, donc aujourd’hui on fait comme ça. C’est bien gentil, mais derrière il y a des jeunes diplômés qui doivent trouver un travail, non pas dans dix ans, mais maintenant. Il ne faut pas trop fantasmer sur la possibilité d’anticiper. Je ne dis pas qu’il ne faut pas anticiper mais ça ne doit pas être l’essentiel de l’activité d’une école.

Faut-il former un étudiant à s’adapter aux prochaines évolutions plutôt que de le former à un média en particulier ?
Certes, il y a des spécialisations de fin de cursus, mais les apprentis sont avant tout formés pour s’adapter aux demandes variées. C’est l’esprit global de la formation et aussi l’attente des employeurs. Il ne faut pas faire des outils une obsession. Ce qui est important, à fortiori dans un environnement de plus en plus bouffé par la technique, c’est de se former à être et à rester positionné comme journaliste et non pas comme technicien de l’information. Les outils, on finit toujours par les maitriser et s’y adapter. Aller chercher des informations, lever le nez de son écran, comprendre que c’est sur le terrain que ça se passe… Ça c’est essentiel.

Propos recueillis par Lénaïg Le Vaillant et Salomé Mesdesirs

 

 

[ENQUÊTE] Les enfants, les grands oubliés des JT

Ils sont un demi-million à s’installer, chaque soir, devant un journal télévisé. Les enfants entre 4 ans et 10 ans visionnent les mêmes images que les adultes. Alors, pourquoi n’auraient-ils pas leur propre émission ? Nos voisins britanniques et allemands ont leurs JT destinés aux enfants depuis plus de trois décennies. En France, les tentatives sont timides, laborieuses ou de courte durée.

Franck-André Rauschendorf, l’un des présentateurs d’Arte Journal Junior. Photo : Capture d’écran d’Arte

« Salut, je suis heureux de vous retrouver pour ce journal junior ! Soyez les bienvenus », lance Frank-André Rauschendorf. Le présentateur d’Arte Journal Junior prend place sur le plateau. Classique jusqu’ici. Mais derrière lui, les décors des capitales sont remplacés par une mascotte animée. Et tous les reportages lancés par le présentateur ont été écrits spécialement pour des enfants de 8 à 12 ans.

Cette émission est la seule à occuper le créneau des JT destinés aux enfants en France. La grande ligne directrice ? Décrypter et expliquer le monde. En 2014, Jean-François Ebeling, rédacteur en chef d’Arte Journal Junior, se rend en Allemagne pour voir comment travaille la rédaction de Logo!, la référence des journaux pour enfants depuis 1989 : « Je ne savais pas comment m’y prendre. Je faisais essentiellement du news. J’ai surtout retenu une leçon : il ne fallait censurer aucun sujet. »

Lancé en 2014 en hebdomadaire, Arte Journal Junior devient un JT quotidien un an plus tard. Axé sur l’international, le journal propose toujours une formule plus longue et magazine le dimanche. Un portrait d’un enfant étranger sert de fil rouge, comme celui de Marcos Jesus, un enfant andalou dans une école de corrida ou encore Aminata, une jeune Malienne qui ne peut pas aller à l’école, faute d’argent.

« L’audience est très variable, explique Jean-François Ebeling. On passe du simple au double, de 50 000 à 100 000 téléspectateurs. » Une audience faible par rapport à celle des dessins-animés. « On n’est pas TF1 ou France 2. Nous avons du mal à se faire connaître auprès des parents. » La chaîne franco-allemande fait pourtant confiance à l’émission. Récemment, Jean-François Ebeling a pu embaucher un assistant de production. « Ça ne se verra pas directement à l’antenne, mais on va pouvoir développer plus de projets. »

Problème : le journal est diffusé à 7 h 35, et l’horaire sera même avancé à 7 h 10 à partir du 13 mars. Or, selon la psychologue Geneviève Djenati, qui travaille sur les images des scénarios de dessins animés, il faudrait diffuser ces JT destinés aux enfants à l’heure du goûter : « Les écrans occupent trop l’esprit le matin, et l’enfant n’a pas possibilité d’échanger avec des adultes sur ce qu’il a vu alors que le soir si. »

Jean-François Ebeling ne cache pas son désir d’avoir un JT en fin d’après-midi et regrette que ce ne soit pas en son pouvoir. Pour pallier ce problème, la chaîne donne exceptionnellement la priorité au web. Le journal est diffusé la veille, à 18 h sur le site et la chaîne Youtube, avant de passer à la télévision le matin.

Le journal, parce qu’il est également diffusé outre-Rhin, en allemand, fait très peu écho aux préoccupations nationales. C’est un parti-pris compréhensible et cohérent avec la ligne éditoriale forte de la chaîne. Mais en conséquence, les enfants français n’ont pas accès à un JT sur l’actualité de leur pays.

Si l’offre existe en France, elle reste fragile, incomplète, alors qu’ailleurs, elle fonctionne. La BBC diffuse Newsround depuis 1972 et la chaîne publique allemande ZDF a fait de son magazine Logo! une référence depuis sa création en 1989. Rien d’impossible donc d’autant plus que la France a déjà fait l’objet de tentatives.

En 1998, l’idée d’un journal télévisé pour enfants est évoquée lors du Parlement des Enfants. Message reçu pour France Télévisions qui lance en 2000, A toi l’actu@, sur France 3. Présenté par Peggy Olmi, Thomas Sotto puis François Barré, le programme propose un véritable journal d’information quotidien, après l’école. Tous les sujets sont évoqués, des marées noires aux Pokémon, des enfants soldats aux célébrités de l’époque.

Au bout de deux ans, le programme est remplacé par Mon Kanar, produit par 2P2L et présenté par François Pécheux. D’abord en quotidienne, le programme change plusieurs fois d’horaires pour passer en hebdomadaire à la rentrée 2005. Des bouleversements qui ont contribué à l’arrêt du programme quatre mois plus tard. Entre 2005 et 2014, en France, plus aucun programme d’information n’est proposé aux jeunes.

Après la violence des attentats de Charlie Hebdo, on prend alors conscience de l’importance d’adapter l’information pour les enfants. Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation, en visite dans une école fin janvier 2015, s’interrogeait très clairement : « Est-ce qu’il ne faudrait pas un journal télévisé d’actualité pour les enfants ? »

L’appel lancé par la ministre a été entendu par LCI en mars 2015, avec l’hebdomadaire le Petit JT en partenariat avec Mon quotidien. Présenté par Benjamin Cruard, le programme devient bihebdomadaire en 2016 et est diffusé le mercredi et le week-end. Mais la direction a décidé de concentrer ses forces sur l’élection présidentielle. Le Petit JT, en stand-by depuis fin décembre, n’est même pas sûr de revenir à la rentrée 2017. Ce choix montre que, pour le moment, l’information destinée aux enfants n’est pas une priorité dans les rédactions, alors que l’élection présidentielle est un enjeu de taille à leur expliquer.

Pour Benjamin Cruard, l’année électorale n’est pas la seule fautive : « La chaîne n’avait sûrement plus les moyens de mettre en oeuvre l’émission. Pour une économie de chaîne d’information en continu, cela coûte cher. » Pourtant, LCI doit beaucoup au Petit JT. L’émission a aidé la chaîne à plaider son dossier auprès du CSA pour passer sur la TNT gratuite. Il fallait montrer une différence par rapport aux autres chaînes. « Le problème aussi, c’est que les enfants n’ont pas le réflexe d’aller voir ces JT, complète le présentateur du Petit JT. Mais quand ils sont devant, qu’ils prennent l’habitude, ils ne lâchent pas. Le manque de communication fait échouer ces émissions. »

Mémona Hintermann-Affégée, présidente du groupe de travail Audiovisuel et Éducation au Conseil supérieur de l’audiovisuel, souhaite mettre une pression supplémentaire sur les chaînes, publiques et privées. « Il y a une solution : que l’Etat force l’audiovisuel public à faire un journal pour enfants. Pour les chaînes privées, elles exploitent gratuitement des fréquences qui appartiennent à notre pays. Il faut donc exiger des programmes lors des renouvellements de convention. C’est au CSA d’agir. »

Mais que fait le service public ? Mis à part la pastille Un jour Une question et le contenu riche sur la plateforme francetveducation, on ne trouve pas de reportages pour les enfants sur France Télévisions. Amel Cogard, directrice de France TV Education, confie qu’un projet est en réflexion mais pas encore à l’oeuvre : « C’est vrai qu’il n’y a rien à l’antenne. Nous ne savons pas quelle forme ça doit prendre : de l’actualité pure, du magazine, du décryptage, du reportage… Nous vous en dirons plus pendant les Assises du journalisme. »

Marcellin Robine et Léna Soudre

[INTERVIEW] « Faire des Assises un lieu d’action »

Marc Mentré est président de l’association Journalisme & citoyenneté, qui organise les Assises du journalisme et de l’information. Selon lui, cette 10e édition conciliera préoccupations professionnelles et thèmes grand public : de l’élection présidentielle au développement d’algorithmes producteurs d’information, des rencontres avec les auteurs, lors du Salon du livre de journalisme, au workshop consacré à Google…

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Je suis citoyen…

Vous avez décidé de venir aux Assises du journalisme 2017 par curiosité mais vous ne vous en sortez pas de tous ces ateliers et débats organisés pendant trois jours ? Nous vous proposons ici trois parcours pour profiter de l’évènement de la meilleure des manières.

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Je suis lycéen…

Vous êtes lycéen et vous ne vous retrouvez pas parmi tous ces ateliers et débats ? Suivez le guide, nous vous proposons trois parcours afin de profiter au mieux des Assises du journalisme 2017.

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Assises du journalisme à Tours : le début d’une histoire

Depuis neuf ans, les Assises du journalisme posent leurs valises un peu partout en France. Lille, Strasbourg, Poitiers, Metz et Paris les ont déjà accueillies par le passé. Pour la première fois, c’est à Tours que des dizaines de conférences, 200 intervenants et quelque 2 000 visiteurs se sont donnés rendez-vous : les Assises du journalisme ouvrent leurs portes ce mercredi au centre de congrès Vinci, au cœur de la Touraine. 

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Programme 2016

9e édition des Assises du Journalisme

PROGRAMME COMPLET

LES ATELIERS

MERCREDI 9 MARS

Nouvelles pratiques

Robots et journalistes : vers le grand remplacement ? 9h30 – 11h00
Avec Helena Blancafort (co-fondatrice et directrice des opérations de Syllabs), Dominique Cardon (sociologue, Orange Labs et Université de Marne-la-Vallée), Samuel Laurent (journaliste au Monde.fr, créateur et responsable des Décodeurs), Bertrand Pecquerie (CEO de Global Editors Network). Animé par Maëlle Fouquenet (journaliste, responsable des formations numériques, ESJ-Pro).

Reportage à 360° et journalisme en réalité virtuelle. 11h00 – 12h30
Avec Raphaël Beaugrand (rédacteur en chef, Okio Report), Vincent Nguyen (concepteur, co-réalisateur et co-présentateur de 360@, France 5), Aksel Piran (COO de VideoStitch), Eric Scherer (directeur de la prospective, France Télévision).

Marsactu

Quand la presse local innove. Avec le Laboratoire de l’information locale. 11h00 – 12h30
Avec Soizic Bouju (directrice de l’innovation éditoriale du Groupe Centre France – La Montagne), Yves Harté (Sud-Ouest), Yohan Nicolas (rédacteur en chef de France Bleu Touraine), Clémentine Vaysse (Marsactu) et Jean-Pierre Vittu de Kerraoul (président de Sogémédia). Animé par Marie-Christine Lipani (IJBA) et Patrick Eveno (Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Animé par Loïc Hervouet, journaliste, ancien directeur de l’ESJ LIlle.

Ethique

Carte de presse : quels revenus pour l’obtenir ? 9h30 – 11h00
Avec Basile Ader (Avocat), Isabelle Bordes (CFDT journalistes, journaliste à Ouest-France), Claude Cordier (vice président de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels) et Emmanuel Vire (secrétaire général SNJ-CGT).

Nouvelle économie

Reportage, média : trouvez vos mécènes grâce au financement participatif. 9h30 – 11h00
Avec Adrien Aumont (Cofondateur de KissKissBanBank), David Even (directeur de publication de Soixante-Quinze), Charles-Henry Groult (Le 4 heures).

Quand les citoyens financent l’info. 11h00 – 12h30
Avec Adrien Aumont (Cofondateur de KissKissBankBank), Gabrielle Boeri-Charles (J’aime l’info), Michel Françaix (Député) et Denis Sieffert (Politis). Animé par Didier Falcand (Les clés de la presse).

Lycée Grandmont éducations aux médias Crédit - Apolline Merle

Education aux médias

Comment les jeunes s’informent ? 9h30 – 11h00
Avec Cécile Bourgneuf (journaliste, cofondatrice du P’tit Libé), Amel Cogard (directrice de France TV Education), Monique Dagnaud (directrice de recherche émérite CNRS), Emmanuelle Daviet (responsable de l’opération InterClass, France Inter) et Laurence Fredet (rédactrice en chef de la revueTopo). Animé par Fleur de la Haye (journaliste chef de rubrique actualité Phosphore).

médiaéducation

Lancement de la plateforme Mediaeducation.fr. 11h00 – 12h30
Avec Alain Devalpo (journaliste Globe reporters), Elodie Gautier (déléguée académique à l’éducation aux médias, coordinatrice du Clemi, Académie de Créteil) et Valérie Rohart (journaliste). Animé par Manola Gardez (directrice de l’Alliance internationale de journalistes) et François Longérinas (directeur général de l’EMI-CFD).

Remise des prix éducation aux médias par Marie-Laure Augry ainsi que les prix jeunesse de la ville de Tours. 12h30 – 14h00

JEUDI 10 MARS

Formation

Enseigner l’entrepreneuriat aux jeunes journalistes. 9h30 – 11h00
Claire Berthelemy (cofondatrice et directrice générale de L’Imprévu), Sébastien Bossi-Croci (créateur et rédacteur en chef de Ijsberg magazine), Faustine Kopiejwski (cofondatrice de Cheek magazine), Charlotte Menegaux (responsable des enseignements multimédia ESJ Lille), Alice Pitoizet (cofondatrice et directrice générale de Particité.fr), Jacques Rosselin (directeur de l’EFJ). Animé par Pierre Haski (cofondateur de Rue89).

Libertés

Indépendance et modèles économiques, l’Europe interpellée ! 9h30 – 11h00
Avec Christophe Deloire (secrétaire général de Reporters sans frontières), Roberto Fasino (chef du service de la culture, des questions sociales et du développement durable à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe), Christophe Leclercq (fondateur d’Euractiv), Renate Schroeder (directrice de la Fédération européenne des journalistes). Animé par Giovanni Melogli (responsable des Affaires européennes, Alliance internationale de journalistes)

Ethique

Sponsoring, native advertising : valoriser son média à tout prix ? 9h30 – 11h00
Avec Vincent Coquaz (journaliste, @rrêt sur images), Eric Mettout (directeur adjoint de la rédaction L’Express), Viviane Rouvier (responsable des opérations spéciales, Le Point Communication). Animé par Emmanuel Parody (secrétaire général du Groupement des Éditeurs de contenus et de Service en Ligne – GESTE -, ex-directeur des rédactions de ZDnet, CNETFrance et Gamekult).

Lanceurs d’alerte : état des lieux, préconisations, actions. Avec RSF. 11h00 – 12h30
Avec Patrick Apel-Muller (directeur de la rédaction de L’Humanité), Rémy Garnier (lanceur d’alerte – Affaire Cahuzac -, ancien vérificateur fiscal d’Agen), Stéphanie Gibaud (lanceuse d’alerte, Affaire UBS), Eloise Lebourg (journaliste et gérante de Mediacoop), Corinne Lepage (présidente, Le Rassemblement Citoyen – Cap21 et avocate).

Les journalismes

COP21, quel bilan éditorial trois mois après ? 9h30 – 11h00
Jean-Baptiste Comby (maître de conférences à l’Institut français de presse de l’université Paris 2), Catherine Guilyardi (journaliste, réalisatrice de documentaires pour la BBC et France Culture, auteure du livre Que feriez-vous si vous saviez ? aux éditions Le Pommier), Anne-Sophie Novel (Place To B), Emile Palmantier (Radio Campus France). Animé par Geneviève De Lacour (Association des journalistes environnementaux).

Le photojournalisme se réinvente. Avec l’AFP. 11h00 – 12h30
Avec Molly Benn (chargée de la communauté francophone sur Instagram), Michel Diard (membre de la Scam), Francis Kohn (directeur de la photographie à l’AFP en France et à l’International), Jean-François Leroy (directeur et fondateur de Visa pour l’image), Béatrice de Mondenard (journaliste, auteure du rapport de la Scam « Photojournaliste, une profession sacrifiée »), Pierre Morel (photojournaliste). Animé par Wilfrid Estève (président de l’association RUP FreeLens, directeur du Studio hans lucas).

Mise en place d’une dynamique locale autour des médias citoyens participatifs.
Avec l’Université Populaire pour une Information Citoyenne (UPIC) 9h00 – 12h30

Nouvelles pratiques

Des incubateurs pour les médias ? 11h00 – 12h30
Avec Jean-Cristophe Boulanger (président du Syndicat de la Presse Indépendante d’Information en Ligne – SPIIL -, PDG de Contexte), Émilie Friedli (directrice adjointe de Créatis, résidence d’entrepreneurs culturels), Nathalie Guicherd, responsable incubateur des start-ups, Groupe Amaury), Mael Inizan (innovation programs manager, NUMA), Johan Weisz-Myara (fondateur de StreetPress et co-fondateur de Media Maker). Animé par Ziad Maalouf (journaliste, présentateur et producteur de l’émission l’Atelier des médias, RFI).

Drones : quelle valeur ajoutée pour l’info ? 11h00 – 12h30
Avec Antoine Machon et Antoine Lagarde (ingénieurs, fondateurs de Dronecontrast), Benjamin Turquier (responsable du pôle vidéo de L’Express.fr). Animé par Arnaud Mercier (professeur à l’Institut Français de Presse, président du site d’information theconversation.com/fr, responsable de l’Observatoire du Webjournalisme).

VENDREDI 11 MARS

Nouvelles pratiques

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Data reporters, quelle plus-value pour une rédaction ? 9h30 – 11h00
Avec Marie Coussin (data journaliste, Askmedia), Nicolas Kayser-Bril (fondateur de journalism++), Sylvain Lapoix (data journaliste et co-auteur de #Datagueule, France 4), Cédric Rouquette (journaliste, fondateur de l’agence CReaFeed, directeur des études au CFJ Paris).

Comment le journalisme regarde ailleurs pour innover ? Avec l’EPJT. 11h00 – 12h30
Bastien Kerspern (game designer pour Casus Ludi) et Alexandre Leray (graphiste open source). Animé par Benoit Renaudin et Nicolas Sourisce de l’Ecole publique de journalisme de Tours.

Ateliers Recherche. Avec le Comité Recherche des Assises.

Actionnariat de presse et transformations du journalisme. 9h30 – 11h00
Avec Claire Blandin (maître de conférence en Histoire contemporain UPEC – CRHEC), Rodney Benson (Université de New York), Matthieu Lardeau (Université de Clermont-Ferrand) et Julie Sedel (maître de conférence en sociologie et en science politique (Université de Strasbourg)).

Le média comme marque. 11h00 – 12h30
Avec Caroline Marti (maître de conférence au Celsa), Alan Ouakrat (chercheur post doctoral Université de Lorraine) et Valérie Patrin-Leclère (maître de conférence Celsa). Animé par Antoine Boilley (secrétaire général de France Télévisions).

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Francophonie

La langue française, respect ! Un impératif pour les journalistes. Avec l’Ucp2f et l’Uipf. 9h30 – 11h00
Avec Jean-Pierre Colignon (journaliste, ancien correcteur du Monde), Patrice Gelinet (membre du CSA, en charge de la langue française et de la francophonie, de l’outre-mer et de la radio), Aurore Vincenti (linguiste, chroniqueuse dans l’émission Agora, France Inter). Présenté par Jean Miot (vice-président de l’Union internationale de la presse francophone). Animé par Romain Hugon (journaliste, délégué de l’Union des clubs de la presse de France et francophone).

Les journalismes

Actualité internationale : la nécessité de l’information citoyenne. Avec Médias Citoyens. 9h30 – 11h00
Avec Radjaa Aboudagga (journaliste, ancien correspondant à Gaza), Rafika Bendermel (journaliste, fondatrice du Tunisie Bondy Blog), Garance Le Caisne (journaliste indépendante, auteure de Opération César, Au coeur de la machine de mort syrienne), Julien Pain (rédacteur en chef et créateur des Observateurs, France 24), Youcef Seddik (journaliste, directeur du Centre de Presse d’Alep). Animé par Thierry Borde (journaliste, animateur et fondateur de Médias Citoyens).

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Médias des villes, médias des champs, les médias de proximité en zones urbaines et rurales. Avec la Coordination Permanente des Médias Libres. 11h00 – 12h30
Avec Laurent Cougnoux (Le Lot en Action), François Malabave (Radio Fréquence Mistral), Nordine Nabili (journaliste, Bondy Blog), Jean-Noël Robillard (TV Bruits). Animé par Eloise Lebourg (journaliste, gérante de Mediacoop).

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LES DÉBATS PUBLICS

MERCREDI 9 MARS

L’éducation aux médias hors de France. 14h00 – 15h45
Avec Evelyne Bévort (EuroMediaLiteracy, ancienne directrice déléguée du Clemi), Aralynn McMane (directrice exécutive Worls Association of Newspapers and News Publishers), Nic Nickels (secrétaire général Editpress), Dr Ida Pöttinger (représentante du comité Global Media Literacy de l’Association pour l’éducation aux médias), Patrick Verniers (président du Conseil supérieur de l’éducation aux médias). Animé par Albéric de Gouville (rédacteur en chef France 24 et vice-président de la Maison Des Journalistes).

Ils ont innové cette année. 14h00 – 15h45
Avec Sylvain Attal (directeur adjoint chargé des nouveaux média France 24/ partenariat avec Mashable), Raphaël Garrigos (journaliste, cofondateur de Les Jours), Didier Pourquery (directeur de la rédaction The Conversation) et Alexandre Michelin (directeur de Spicee). Animé par Alice Antheaume (directrice adjointe de l’école de journalisme de Sciences Po Paris).

Des rédactions à l’image de la société ? 16h00 – 17h45
Avec Florian Bardou (journaliste pigiste, représentant de l’Association des Journalistes LGBT), Marc Epstein (président de la Chance aux Concours), Mémona Hintermann-Affejee (membre du CSA, grand reporter à France 3 jusqu’en 2013), Widad Ketfi (journaliste, pigiste au Bondy Blog), Wassim Nasr (journaliste, Les Observateurs & Pas 2 Quartier, France 24), Catherine Puiseux-Kakpo (présidente du Comité diversité du groupe TF1). Animé par Rachid Arhab (écrivain, ancien journaliste et ex-membre du CSA).

Infomédiaires et médias : quel partage de la valeur ? Avec Les Entretiens de l’Information et l’INA. 16h00 – 17h45
Philippe Colombet (Google), Johan Hufnagel (Directeur de la rédaction de Libération), David Lacombled (directeur délégué à la stratégie des contenus chez Orange), Clara Schmelck (Intégrales magazines), Nikos Smyrnaios (Université de Toulouse) et Sebastien Soriano (président de l’Arcep). Animé par Jean-Marie Charon (chercheur associé à l’EHESS et président de la CNMJ).

Comment lutter contre les théories du complot ? 18h00 – 20h00
Agathe André (journaliste à Charlie Hebdo et présidente de Dessinez Créez Liberté), Luc Hermann (journaliste-producteur, PREMIÈRES LIGNES), Thomas Huchon (réalisateur #ConspiHunter, Spicee), Daniel Schneidermann (fondateur d’@rrêt sur images).

 

JEUDI 10 MARS

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Quatre chaînes tout info, est-ce trop ? 14h00 – 15h45
Avec Hervé Beroud (directeur de la rédaction, BFMTV), Nicolas Charbonneau (directeur adjoint de l’information, TF1), Guillaume Zeller (directeur de la rédaction d’ITélé). Animé par Laurence Benhamou (chef du service Médias, AFP).

Rencontre étudiants – employeurs. 14h00 – 15h45
Avec Laurent Drezner (secrétaire général des rédactions de BFMTV et BFM Business), Valérie Lelasseux (chargée du recrutement à la Nouvelle République), Rémi Monnier (secrétaire général de Sud-Ouest) et Eric Thomas (chargé du recrutement de l’AFP). Animé par Marie-Christine Lipani (IJBA Bordeaux / Mica) et les étudiants des écoles de journalisme reconnues par la profession.

L’Observatoire de la Déontologie de l’Information présente son 3e rapport annuel. 14h00 – 15h45
Avec Bernard Angaud (président de la société des lecteurs du Monde), Michèle Léridon (directrice de l’information de l’Agence France Presse) et Marie-Christine Saragosse (présidente de France Médias Monde). Présenté par Patrick Eveno (président de l’Observatoire de la déontologie de l’information).

Le baromètre social des Assises du journalisme. Bilan de l’emploi des journalistes en 2015. 16h00 – 16h15
Animé par Jean-Marie Charon (chercheur associé à l’EHESS et président de la Conférence nationale des métiers du journalisme).

Concentration, indépendance, secret des sources, les grands dossiers de l’année. 16h15 – 17h45
Avec Patrick Bloche (député, président de la Commission des affaires culturelles), Marie-Anne Chapdelaine (députée), François Ernenwein (rédacteur en chef La Croix), Laurent Joffrin (directeur de publication Libération), Vincent Lanier (premier secrétaire général du SNJ). Animé par Richard Sénéjoux (Télérama).

Journalisme, terrorisme, état d’urgence. Avec RSF. 18h00 – 20h00
Avec Christophe Deloire (secrétaire général de Reporters Sans Frontières), Eric Valmir (chef du service reportage de France Inter).

 

VENDREDI 11 MARS

Quel est le prix de l’info sportive ? Avec l’Agence France Presse (AFP). 14h00 – 15h45

Avec Vincent Duluc (journaliste à L’Equipe), Florent Gautreau (journaliste RMC info), Didier Lauras (chef du département sport de l’AFP), Jean-Marc Michel (président de l’Union des journalistes de sport en France) et Karim Souanef (sociologue).

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Médias et laïcité. 16h00 – 17h45
Avec Jean-Louis Bianco (Observatoire de la Laïcité) Jean Birnbaum (directeur du Monde des Livres), Christophe Habas (Grand Orient de France) et Jean-François Kahn (journaliste et écrivain).

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Le Grand reportage : quels regards sur les migrants ? Avec l’Institut national de l’audiovisuel (INA). 18h00 – 20h00
Edith Bouvier (journaliste indépendante), Géraldine Poels (Responsable de la valorisation scientifique INA), Olivier Poujade (grand reporter France Inter), Phiippe Rochot (grand reporter), Christophe Stramba-Badiali (photojournaliste). Animé par Patricia Loison (journaliste France 3).

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LES SOIRÉES

Soirée d’ouverture « Le Prix de l’info »

Avec Julia Cagé (professeur d’économie à Sciences Po Paris), François D’Orcival (Presse et Pluralisme), Jacques Trentesaux (L’Express).

Débat et présentation de l’enquête exclusive Harris Interactive avec Presse et Pluralisme. Mercredi 9 mars, 20h30 – 22h30.

Remise des prix des Assises du journalisme par Laurent Joffrin,

Jeudi 10 mars, 20h30 – 22h30, à l’Hôtel de ville de Tours.

Interview à front renversé

Les journalistes face aux politiques. Vendredi 11 mars, 20h30 – 22h30.

ET AUSSI…

 

« Capa et la couleur » au Château de Tours. 25, avenue André Malraux. 37000 Tours. Visite privée proposée par l’équipe du Jeu de Paume, le vendredi 11 mars de 13h à 14h (réservation : administration@journalisme.com).

Salon du livre du journalisme. Rencontre avec les auteurs des livres qui font l’actualité avec la libriairie La Boîte à Livres. Du mercredi au vendredi au centre de congrès Vinci.

Exposition #jedessine en partenariat avec Dessinez, créer, liberté. Exposition de dessins reçus à la rédaction de Charlie Hebdo après les attaques de janvier. Dans le péristyle de l’hôtel de ville, du 8 au 13 mars.

Exposition Reporters sans frontières, 30 ans de campagnes en partenariat avec RSF. Sur le Boulevard Heurteloup du 9 au 11 mars.

Reportage pour mémoire de Philippe Rochot en partenariat avec Les promenades photographiques de Vendôme. Sur l’Avenue André Malraux, du 8 au 13 mars.

L’oeuvre-monument « Anything to say ? » de l’artiste Davide Dormino. Sur le parvis de la gare de Tours du 8 au 13 mars.

Les collages du collectif de photojournalistes #Dysturb. Dans plusieurs espaces publics de la ville à partir du 9 mars.

Démonstration de drone journalisme. Le jeudi de 12h30 à 13h30, au centre de Congrès de Vinci.

Présentation du dépôt légal du web à l’INA. Le jeudi de 12h30 à 13h30, au centre de Congrès de Vinci.

Le programme en PDF

Télécharger le programme complet en cliquant ici.
Le résumé du programme est disponible ici.

Prix & Jury

Les Assises du journalisme sont l’occasion de récompenser des projets et publications journalistiques. Au programme : les traditionnels Prix des Assises du journalisme, mais aussi plusieurs autres récompenses liées à l’éducation aux médias.

Prix des Assises du journalisme

Chaque année, l’association Journalisme et citoyenneté couronne le meilleur des enquêtes et des reportages publiés dans la presse ou en librairie. Pour la 10e édition cette année, pas moins de quatre prix seront remis. Le jury peut également décider de remettre un prix spécial. Le jury de ces Assises 2017 est composé d’étudiants issus des 14 écoles de journalisme reconnues par la profession. Il est présidé par Anne-Claire Coudray.

Le Grande prix « journalisme de l’année »

Ce premier prix sera décerné au journaliste, ou à la rédaction, qui aura le mieux incarné le journalisme et ses valeurs.

  • La rédaction de Nice Matin pour sa couverture de l’attentat du 14 juillet à Nice.
  • Sammy Ketz et le bureau de l’AFP de Beyrouth, pour sa couverture de la guerre en Syrie, et notamment la bataille d’Alep.
  • La rédaction d’i-Télé pour son combat collectif en faveur de l’indépendance éditoriale des rédactions.
  • David Thomson, journaliste à RFI, pour son travail sur le Jihad, notamment son enquête « Les revenants ».
  • Édouard Perrin, Premières Lignes, Cash Investigation, pour ses enquêtes sur les pratiques fiscales (Luxleaks) et son travail sur les Panama Papers.
Le prix des Assises, catégorie « Journalisme »
  • Laurent Mauduit, Main basse sur l’information, aux éditions Don Quichotte, 2016.
  • Aude Lancelin, Le monde libre, aux éditions Les liens qui libèrent, 2016. Prix Renaudot de l’Essai 2016
  • Claude Angeli et Pierre-Edouard Deldique, Les Plaisirs du journalisme, aux éditions Fayard, 2016.
Le prix des Assises, catégorie « Recherche »
  • Camille Dupuy, Journalistes, des salariés comme les autres ?, aux éditions PUR, 2016.
  • François Robinet, Silences et récits. Les médias français à l’épreuve des conflits africains, INA Editions, 2016.
  • Marlène Coulomb-Gully, 8 femmes sur un plateau. Télévision, journalisme et politique, Nouveau monde éditions, 2016.
  • Marie-Soleil Frère, Journalismes d’Afrique, Bruxelles, De Boeck, 2016.
Enfin, le prix « Enquête et reportage »
  • Karam Al-Masri et Rana Moussaoui, Couvrir Alep, la peur au ventre et le ventre vide, AFP.
  • Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, i-Télé, une rédaction sous vide, Les Jours.
  • Richard Sénéjoux, Panama Papers, Luxleaks, Football Leaks… Quand les journalistes jouent collectif, Télérama.

Prix Éducation aux médias & Prix jeunesse de Tours

Valoriser l’éducation aux médias est l’un des objectifs des Assises du journalisme. Plusieurs prix sont donc remis lors d’une journée en partie dédiée à l’éducation aux médias.

Les Prix Éducation aux médias récompensent plusieurs projets menés en 2016. Le jury est composé de journalistes, d’enseignants d’écoles de journalisme et d’élèves.
Sont décernés :
– le Prix Éducation aux médias web et presse en ligne,
– le Prix Éducation aux médias presse écrite,
– le Prix de l’Initiative associative.