[INTERVIEW] Alpha Kaba : « Cela tient du devoir du journaliste de témoigner pour les personnes sans voix qui sont encore en captivité ou qui sont décédées »

Alpha Kaba est un journaliste guinéen réfugié à Bordeaux. Il vient de publier « Esclave des milices, voyage au bout de l’enfer libyen » aux éditions Fayard. Dans ce livre, il témoigne de l’horreur vécue pendant trois ans lorsqu’il est capturé par des miliciens et réduit en esclavage. 

Alpha Kaba, auteur d’Ésclave des milices, voyage au bout de l’enfer libyen.
(Photo : Lydia Menez / EPJT)

Il y a sept ans vous étiez journaliste en Guinée, qu’est-ce qui vous a amené à fuir votre pays ?

Alpha Kaba. En 2013, je travaillais dans une radio à Kankan qui organisait des émissions interactives autour de la vie sociétale. Nous dénoncions la corruption qui avait lieu dans l’administration locale. Un jour, le président devait se rendre à Kankan. Nous en avons profité pour organiser une émission sur le manque d’électricité, d’eau potable dans la ville, … Des manifestations ont éclaté et nous avons été pointés du doigt par les autorités comme instigateurs de ce mouvement. Notre radio a été pillée et j’ai dû fuir le pays.

Quels traumatismes laisse un tel fléau sur une vie humaine ?

A.K. J’ai été torturé, ligoté, frappé. Il n’y a pas de mot pour décrire ce que j’ai vu et vécu en Libye. Personne ne mérite de vivre ça.

Comment fait-on pour ne pas perdre espoir ?

A.K. C’est tout d’abord ma famille et ma fille qui m’ont permis de tenir. Je n’arrêtais pas de penser à eux. Je me disais qu’elle aurait besoin de revoir son papa. Je discutais aussi avec mes amis sur place, qui comme moi étaient des esclaves, pour ne pas perdre espoir. Ce n’était pas facile d’y croire, d’autant plus quand on subit des tortures quotidiennes. 

Avez-vous eu l’impression de vous dédoubler à un moment donné et d’être en reportage en même temps que vous viviez ce supplice ?

A.K. Au moment même où je vivais la situation, j’avais en tête l’idée de témoigner si je m’en sortais. Cela tient du devoir du journaliste de témoigner, pour les personnes sans voix qui sont encore en captivité ou qui sont décédées. Mais aussi pour attirer l’attention des autorités. Cela m’a permis de tenir, même si mes amis sur place ne savaient pas que j’étais journaliste. J’ai été obligé de le cacher pour ne pas que l’on pense que j’étais venu ici pour enquêter.

Pensez-vous que votre livre va ouvrir les yeux des journalistes occidentaux sur les conditions d’exercice du métier de journaliste sur le continent africain ?

A.K. C’est mon objectif. D’abord ouvrir les yeux du monde et des politiques sur la liberté d’expression, très restreinte dans la plupart des pays africains. Soit les journalistes sont au service de l’État ou alors ils s’exilent. Je suis optimiste. Je pense que ce message va être entendu et que le monde va s’imprégner des réalités journalistiques en Afrique.

Quelle est votre situation professionnelle aujourd’hui ?

A.K. Ce n’est pas facile, je cherche toujours du travail. Je suis diplômé de l’IJBA (Institut de Journalisme Bordeaux-Aquitaine). Je voudrais faire de la radio mais on me dit que mon accent est trop africain. Je suis aidé par des associations, parce que c’est un rêve d’enfant que je souhaite réaliser.

Pensez-vous pouvoir intégrer une rédaction en France ou un groupe d’indépendants à qui vous allez pouvoir apporter votre expérience personnelle et votre expertise sur le sujet ? 

A.K. Il reste toujours de l’espoir et j’ai pour projet d’intégrer une rédaction si l’occasion se présente. Il faut de la patience, c’est ce que j’ai appris en Libye. Je suis en train de mettre en place une association, à l’image de SOS Migrant ou Médecin sans frontière, afin de faire savoir à toute l’Europe que l’esclavage perdure.

Que pensez-vous de la politique migratoire européenne ? 

A.K. Je remercie l’État français pour m’avoir accordé le droit d’asile mais je trouve qu’il y a encore beaucoup de manques d’un point de vue humanitaire. Lorsque tu quittes ton pays, c’est parce que ton Etat est pillé et que tu ne parviens même plus à manger à ta faim. Le règlement Dublin III nous empêche de demander l’asile dans le pays que l’on veut. Ce qui est censé être un droit devient une obligation.

Où en êtes-vous dans vos démarches pour faire venir votre fille auprès de vous ?

A.K. Ma situation n’est pas encore assez stable pour faire venir ma fille. Je n’ai toujours pas d’appartement, je suis hébergé par un étudiant. Je m’occupe d’elle à distance. Elle vit actuellement chez ma grande soeur en Guinée-Bissau. Je lui envoie de l’argent pour la nourriture, les vêtement et sa scolarité en attendant qu’elle me rejoigne. 

Est ce que vous comptez retourner un jour en Guinée ? 

A.K. Même si la France me donne tout, il me faut retourner là-bas, c’est une étape nécessaire dans ma reconstruction. J’aimerais mettre à profit ma formation à l’IJBA, parce que contrairement à la Guinée j’ai eu la chance d’apprendre mon métier à l’école. Je voudrais contribuer à donner une nouvelle image à la presse guinéenne. 

Propos recueillis par Chloé Giraud et Louise Gressier.

[INTERVIEW] Edwy Plenel : «  Le pouvoir n’a eu de cesse avec des relais médiatiques de caricaturer ce mouvement des Gilets jaunes  »

Edwy Plenel est journaliste et président du site d’information Mediapart. Dans son livre La Victoire des vaincus, publié aux Éditions La Découverte, il analyse le mouvement des Gilets jaunes comme une victoire pour le peuple et détaille sa conception du journalisme.

Edwy Plenel, auteur de La victoire des vaincus
(Photo : Lydia Menez / EPJT)

Diriez-vous que La victoire des vaincus est un livre politique plus qu’un livre de réflexion journalistique ?

Edwy Plenel. Le mot politique, au sens partisan, n’est pas l’objet du livre. En revanche, depuis 43 ans que je fais ce métier, je pense que le journaliste est au coeur d’un principe démocratique : le droit de savoir des citoyens. Il y a une forme d’engagement démocratique dans le journalisme. Il a pour fonction de servir un droit qui est plus fondamental que le droit de vote ; parce que si je vote sans savoir ce qui est d’intérêt public, je peux voter à l’aveugle pour mon pire malheur. Ce livre est une réflexion sur l’événement des Gilets jaunes, pour en souligner la nouveauté et le réhabiliter par rapport à la façon dont il a été caricaturé. C’est un mouvement qui part de l’injustice fiscale et qui pose la question de l’égalité, qui est pour moi le moteur de l’émancipation. Par ailleurs, le pouvoir n’a eu de cesse avec des relais médiatiques de caricaturer ce mouvement. Ils ont choisi de se concentrer sur quelques dérives violentes du mouvement pour que ce peuple soit forcément laid, raciste, antisémite, ou encore xénophobe. Moi, je crois que la réalité de ce mouvement est beaucoup plus complexe et diverse. Derrière cela s’exprimait une certaine forme de haine de classes.

Mercredi soir, vous étiez sur le plateau de Paris Première face à Mounir Mahjoubi, Secrétaire d’État en charge du Numérique, qui rejette votre qualification « d’affaire d’État » pour désigner l’affaire Benalla. Est ce que Mediapart dispose d’informations supplémentaires pour qualifier cette « affaire d’État » ?

E.P. C’est déjà sur la table. Il y aura beaucoup d’informations à venir puisque c’est une enquête au long court, mais le rapport du Sénat, qui s’est appuyé sur des révélations de Mediapart, le montre déjà. Un collaborateur, « Monsieur Sécurité » du président, reconnu par toute l’institution, va, déguisé en policier, frapper des opposants politiques. Benalla aurait dû être écarté dès le 2 mai 2018. C’est ce que pense le préfet de police quand il prévient qu’il y a une vidéo où l’on voit les méfaits de Benalla. Non seulement il n’est pas viré, mais il est protégé. Le fait de protéger quelqu’un qui se comporte en nervi au sommet d’un État démocratique, c’est déjà une affaire d’État ! Puis arrivent coup sur coup trois révélations de Mediapart : la première, c’est les passeports diplomatiques, puis le contrat russe et enfin le viol du contrôle judiciaire et l’effacement des preuves. Je l’ai écrit dès le mois de juillet, le fait qu’il soit à ce point soutenu par Macron en fait forcément une affaire d’État. Concernant la réaction de Mounir Mahjoubi, c’est terrible de voir des gens qui, par ambition politique, en viennent à perdre leur sens critique.

En février dernier, Mediapart a subi une tentative de perquisition dans ses locaux. Est-ce pour vous la preuve d’une défiance envers la presse et plus particulièrement envers Mediapart de la part d’Emmanuel Macron ?

E.P. Pendant la campagne présidentielle nous lui avons dit que nous aurions surement, à Mediapart, des divergences sur les questions sociales et sur ses choix très libéraux économiquement. Je pensais que sur les questions de société, il était aussi politiquement libéral. Ma surprise s’est faite avec l’entretien du 15 avril 2018 chez Jean-Jacques Bourdin où l’on a découvert un président autoritaire qui, contrairement à sa promesse d’une « révolution démocratique profonde », est très peu respectueux des contre-pouvoirs et du pluralisme de la société. Souvenez-vous de sa phrase : « Nous avons une presse qui ne cherche plus la vérité ». C’est une antiphrase parce qu’en réalité il y a une presse qui l’embête en cherchant justement la vérité. Cela vaut aussi pour ses récentes déclarations à un groupe de journalistes, reprises par Le Point, où il parle d’une « information neutre ». Mais l’information est pluraliste, elle doit être rigoureuse, certes, mais certainement pas neutre. Pour moi, y compris sur la presse, Monsieur Macron n’est ni un libéral ni un progressiste.

Vous dites tout au long de votre livre que le journalisme et les Gilets Jaunes font front commun face au gouvernement et à la personne d’Emmanuel Macron, pourtant, vous n’hésitez pas à critiquer le travail des chaînes d’info en continu, ne serait-ce pas un peu hypocrite ?

E.P. Je parle de ma conception du journalisme et je ne critique pas explicitement tel ou tel média. Dans ces chaînes d’info en continu il y a des journalistes qui essayent de travailler au mieux pour leur indépendance et je me désolidarise de toute forme de haine du journalisme. Mon livre sert aussi à provoquer une réflexion dans la profession. Je pense que lorsqu’il y a un événement comme celui-ci, il faut mettre de côté tous ces commentateurs qui n’ont jamais sorti une info de leur vie et qui viennent sur les plateaux télé dire aux gens ce qu’ils doivent penser. C’est pour cela que la confiance est minée dans notre profession.

Propos recueillis par Louise Gressier et Léo Juanole

[INTERVIEW] Mathieu Delahousse : « Le djihadisme, c’est un échec éducatif, culturel et social »

Mathieu Delahousse est grand reporter et spécialiste des questions judiciaires à l’Obs. Il a publié La Chambre des coupables, aux éditions Fayard. Dans ce livre, il nous plonge au cœur des procès de djihadistes français, qui auraient pu faire la une des JT s’ils n’avaient pas été arrêtés à temps.

 

Pourquoi choisir d’écrire sur les djihadistes français maintenant, alors que nous ne sommes plus dans la tourmente médiatique des attentats terroristes ?

Mathieu Delahousse. Le spectaculaire est passé mais le djihadisme reste très présent en termes de problématique de sécurité et de justice. Nous sommes entrés dans la phase judiciaire. Ma théorie était de dire que les grands attentats seraient jugés mais que le grand procès du terrorisme avait déjà commencé par le biais de toutes les audiences que je raconte.

En dehors des audiences auxquelles vous avez assisté, quelles sont les autres sources que vous avez mobilisées ?

M.D. Il existe plusieurs niveaux de sources. Il y a l’audience en elle-même, qui apporte une grande partie des choses. Une audience publique apporte 65 % à 75 % des informations sur ces attentats. C’est une justice transparente. En revanche, j’ai fait une partie de l’investigation en consultant les procédures, en rencontrant tous les avocats et les magistrats qui ont pris part à ces procès.

Vous utilisez dans le livre le terme « d’invisibles » pour parler de ces jeunes djihadistes.  Pourquoi sont-ils invisibles ?

M.D. C’est à la fois une menace invisible, des dangers qui ont été mal considérés et des éducations ratées. C’est un échec éducatif, culturel, social. Souvent, ces gens ont trouvé dans le djihadisme le moyen de sortir de cette invisibilité, de devenir quelqu’un.

À qui vous adressez-vous en écrivant ce livre ?

M.D. Mon objectif était ambitieux. J’ai voulu me destiner à ceux qui s’intéressent à la réalité ordinaire du terrorisme. C’est au nom du peuple français que j’ai écrit. Ce n’est pas un livre sur les grands noms du terrorisme.

Comment fait-on pour écrire un livre sur les djihadistes sans les glorifier ?

M.D. Le but n’était ni de les glorifier ni de faire peur. Il s’agissait d’ouvrir les salles d’audience à l’opinion publique pour montrer la réalité. Je voulais faire du journalisme et pas de l’idéologie. J’ai essayé de montrer ces djhadistes dans leur médiocrité mais aussi dans leur réalité, comme on le fait avec des criminels de droit commun.

L’incarcération est-elle une mesure efficace contre la récidive ?

M.D. L’incarcération est indispensable. On ne peut pas laisser les djihadistes en liberté. La sanction sociale passe par la détention. En revanche, la prison a ses limites pour deux raisons : la durée et la radicalisation au sein des établissement pénitentiaire qui existe sans systématique.

Selon vous, faut-il rapatrier les djihadistes français détenus en Irak et en Syrie ?

M.D. Je suis favorable à ce qu’ils soient totalement pris en compte comme des délinquants étrangers et qu’ils soient jugés par les tribunaux français. La meilleure façon pour essayer de « récupérer » ces djihadistes est de les juger selon nos valeurs. Mais c’est aussi le meilleur moyen de les surveiller. Face au djihadisme, il faut faire la guerre mais il faut aussi miser sur la justice.

Propos recueillis par Chloé Giraud

[LE RÉSUMÉ] Europe : quel traitement éditorial en régions ?

#Europe_BenjaminBaixeras

(Photo: Benjamin Baixeras)

Retrouvez l’essentiel de la conférence « Europe : quel traitement éditorial en régions »

Animé par Romain Hugon, journaliste délégué de l’Union des clubs de la presse ; avec Xavier Delcourt, ancien responsable de la formation « eurojournalisme » du CUEJ, Marc Duminy, journaliste responsable d’édition à France 3 Nord Pas de Calais en charge du suivi du Brexit et des élections européennes, Pierre France, journaliste et fondateur de Rue89 Strasbourg, Jean-Yves Vif, ancien rédacteur en chef de la Montagne Centre France, journaliste et professeur associé d’université en particulier au DUT journalisme à Vichy.

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Le programme des Assises

La 12e édition des Assises internationales du Journalisme se dérouleront du 13 au 16 mars au MAME et au théâtre Olympia de Tours. « #LESMEDIAS, tous les mêmes ? » est le thème choisi pour cette année. Journalistes, éditeurs et citoyens seront amenés à s’interroger sur les pratiques journalistiques, la banalisation des discours de haine contre les journalistes ou encore la part de responsabilité de chacun dans cette crise. Ce sera également l’occasion de remettre en question cette expression devenue commune, #LESMEDIAS, qui nie les diversités éditoriales pour mieux contester le rôle d’une presse libre dans les démocraties. 

 

Lundi 11 mars 2019

De 20 heures à 23 heures 

Avant première du film Depuis Mediapart de Naruna Kaplan de Macedo.

 

Mardi 12 mars 2019

A 19 heures

Soirée débat à la bibliothèque centrale : l’info à portée de tous, à quoi servent encore les médias ?

 

Mercredi 13 mars 2019

Les Ateliers 

De 9 h 15 à 10 h 45

  • #Lesmédias. Informer en milieu hostile à l’étranger…et en France

 

  • Nouveaux médias : ils se sont lancés cette année

 

  • Quelles initiatives en Europe ? 

 

  • Donner le goût de l’info. Les initiatives des médias jeunesse

 

De 11 h à 12 h 30

  • Les entretiens de l’information : ils se sont lancés…et ça n’a pas marché

 

  • #Lesmédias. Les médias alternatifs : une information différente ?

 

  • #Lesmédias. Podcast : quand la presse papier monte le son

 

  • EMI : L’éducation populaire mobilisée

 

Jeudi 14 mars 2019

Les Ateliers 

De 9 h 15 à 10 h 45

  • Journalisme en résidence : bilan et prospective

 

  • Quel récit éditorial ultramarin en métropole ? 

 

  • La data au service de l’investigation 

 

  • #Lesmédias. Atelier recherche : la détestation des journalistes, une vieille histoire

 

De 11 h à 12 h 30

  • Le département invité des assises 2019 : Mayotte

 

  • Intelligence artificielle : les robots sont-ils nos amis ? 

 

  • #Lesmédias. Atelier recherche : diversité des journalismes et pluralisme de l’information

 

  • Présentation de trois initiatives médias / Quartiers populaires

 

Les débats

De 14 h à 16 h 

  • Femme dans les médias : bientôt l’égalité et la fin du harcèlement ? 

De 14 h à 15 h 30 

  • Présentation du rapport 2019 de l’observation de la déontologie de l’information avec Patrick Eveno

De 15 h 45 à 17 h 15

  • #Lesmédias. On vote dans deux mois : quelle Europe dans les médias ? 

De 15 h 45 à 16 h 15

  • Le baromètre social : la presse quotidienne régionale

De 16 h 15 à 18 h

  • Un comité d’éthique des médias d’information en France ? 

 

Le grand débat 

De 18 h 15 à 19 h 30

  • #Lesmédias tous les mêmes ? 

 

Les événements de la journée

De 12 h 30 à 13 h 

  • Intervention du ministre de la culture Franck Riester

 

De 19 h 30 à 20 h 15 

  • Remise des pris des Assises 2019 en présence des présidentes du jury Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin

 

Vendredi 15 mars

Les Ateliers 

De 9 h 15 à 10 h 45

  • Etudiants en journalisme, tous les mêmes ? 

 

  • Attentats, suicides, maladies graves : traiter du sensible

 

  • Droits voisins : un combat partagé

 

  • Enquête Scam : journaliste, auteur ou fournisseur de contenus ?

 

De 11 h à 12 h 30

  • Francophonie : réseau des journalistes d’investigation des deux rives de la Méditerranée

 

  • Culture du cœur : les oubliés de l’info ? 

 

  • Le blues du fact-checker et les moyens d’y remédier

 

  • #Europe : quel traitement éditorial en régions ? 

 

Les cartes blanches 

De 14 h à 14 h 45

  • Guy Lagache, directeur délégué aux antennes et à la stratégie éditoriale de Radio France

De 14 h 45 à 15 h 30

  • Gérald Bronner, sociologue, professeur à l’université Paris-Diderot et membre de l’institut

De 15 h 30 à 16 h 15

  • Gilles Bouleau, présentateur du JT de TF1

De 16 h 15 à 17 h 

  • Laurent Guimier, vice PDG d’Europe 1

De 17 h à 17 h 45

  • Dominique Wolton, directeur de recherche du CNRS

De 17 h 45 à 18 h 30

  • Hervé Brusini, directeur de l’information web France Télévisions et Pascal Doucet-Bon, directeur délégué de l’information France Télévisions

 

Les événements de la journée

De 13 h 30 à 14 h 

  • Remise des prix jeunesse de la ville de Tours

 

  • Conférence de presse des deuxième Assises internationales du journalisme à Tunis en octobre 2020

 

Des Workshops sont également organisés chaque jour sur inscription obligatoire et dans la limite des places disponibles : workshop@journalisme.com

La jeunesse africaine en faveur d’un « renouvellement des médias »

Les jeunes de l’ONG Enactus sont aux Assises, dans le cadre d’un partenariat.

A l’occasion de la conférence “comment les médias peuvent-ils encore séduire les jeunes ?”, nous avons demandé à des étudiants présents aux Assises, ce qu’ils pensent du paysage médiatique traditionnel, et ce qu’ils en attendent à l’avenir.

La jeunesse prend le pouvoir dans le paysage médiatique. C’est le cas du côté du site internet StreetPress, où la moyenne d’âge de la rédaction s’élève à 26 ans. Crée en 2009, le média français a su faire son trou, avec un adage : « on écrit les articles et on réalise les documentaires que l’on a envie de lire », comme l’explique Johan Weisz-Myara, journaliste de Streetpress. De l’autre côté de la Méditerranée, les initiatives se multiplient également. Mantchini Traoré, jeune malienne, est à l’origine de l’émission « Instant Thé », diffusée sur la télévision publique nationale. Et la productrice compte bien modifier le paysage médiatique traditionnel : « demandez aux jeunes ce qu’ils veulent, allez auprès d’eux, vous verrez ! » Cela tombe bien, c’est la question que nous sommes allés poser à six jeunes de 15 à 25 ans, tous présents aux Assises.

Aïcha Khoufi (Bénévole à l’ONG Enactus, 20 ans) : « Peut-être qu’il faudrait changer les sujets, qu’on parle moins de politique par exemple. »

Takwa Ben Halima (Membre du 25-21 Project, 18 ans) : « Honnêtement, je suis un peu désespérée de nos médias… En Tunisie, on ne trouve que les vraies informations sur Facebook. Nos chaînes nationales diffusent des mensonges, tout est caché. »

Henri Dumont (Bénévole à l’ONG Enactus, 25 ans) : « S’informer via la télévision c’est dépassé. Il faudrait une application mobile qui envoie des notifications en fonction de préférences qu’on aurait donné auparavant. »

Dorra Moalla (Bénévole à l’ONG Enactus, 19 ans) : « À la télévision, on ne trouve que des sujets politiques, des crises, ce qui est négatif… Sur internet on peut trouver des opportunités, des choses qui pourront être utiles à tout le monde. Il faudrait que les médias parlent plus de ce qui touche les jeunes. »

Ismaël Damak (Bénévole à l’ONG Enactus, 19 ans) : « Je pense qu’il faut cibler les jeunes. La télévision n’a pas évolué, elle ne touche plus les jeunes. Maintenant, ils sont touchés par les réseaux sociaux. »

Farès Amri (Bénévole à l’ONG Enactus, 23 ans) : « Il faut travailler sur les sujets qui intéressent les jeunes : la musique ou les blogueurs par exemple. En Tunisie, la politique c’est quelque chose de fou. C’est quelque chose d’impossible à comprendre, on ne peut pas en discuter. C’est réservé aux présidents, aux ministres… À ceux qui s’intéressent à la politique. »

Elise Pontoizeau

Jérôme Bouvier : « Pas de frontières entre les journalistes, un même métier, des mêmes valeurs »

À l’issue des Assises de Tunis, Jérôme Bouvier, fondateur et organisateur de l’événement nous livre son ressenti. Photo : Lucas Beulin.

Au terme des 1ères Assises internationales du journalisme de Tunis, Jérôme Bouvier, président de Journalisme & Citoyenneté et fondateur des Assises du Journalisme, est un homme heureux. Il nous livre son sentiment.

« C’était compliqué de monter ce grand événement, de trouver les partenaires pour nous suivre dans ce pari. J’ai eu beaucoup d’échos positifs au cours des trois jours. Ce qui m’a le plus frappé lors de ces Assises de Tunis, c’est une formidable énergie et une formidable diversité. 800 journalistes de 30 pays étaient réunis. On y a vu la réalité de notre métier. Et malgré les difficultés qui sont énormes, une envie de parole et d’échange toujours intacte. Il ne faut pas que des frontières se dressent entre les journalistes. Nous avons un même métier, des mêmes valeurs. Tous ces journalistes nous ont d’ailleurs encore fait voir leur appétit pour lancer des projets. Je suis toujours autant fasciné par l’envie de tous et cela donne envie de continuer l’aventure. Donc, rendez vous désormais en mars 2019 à Tours, avant une deuxième édition des Assises de Tunis à l’automne 2020. »

Aux Assises, naissent trois belles initiatives

 

Annonce de la création d’un réseau francophone d’investigation

Sandrine Sawadogo, secrétaire de rédaction à l’Economiste du Faso (Burkina Faso) :

« Je vous annonce aujourd’hui la création de « Initiatives Impact Investigation », un réseau francophone de journalistes d’investigation. Il faut du lien, de la collaboration entre journalistes d’investigation. Nous allons mobiliser des moyens financiers, assurer une meilleure diffusion, mais aussi former les journalistes aux techniques d’investigation. Notre projet est soutenu entre autres par RSF, Forbiden Stories, l’AFP… »

Lancement du réseau Hacks/hackers euromed

Antoine Laurent, consultant en stratégie numérique :

« Nous voulons mettre en lien les journalistes et les développeurs web. Ces derniers peuvent aider les journalistes à développer des applications, des infographies, des longs-formats interactifs. Hacks/hackers euromed va servir en somme à développer le journalisme interactif. »

Partenariat entre écoles de journalisme

Laurent Bigot, enseignant à l’École publique de journalisme de Tours (EPJT) :

« Aux Assises de Tunis, des étudiants de l’école publique de journalisme de Tours (EPJT) ont travaillé avec leurs homologues de l’Institut de presse et des sciences de l’information (Ipsi). L’idée est de renforcer le lien et les échanges entre différentes écoles de journalisme. »

Propos recueillis par Romain Pichon

En Afrique, les zones reculées face au défi de l’information

La radio est le média le plus populaire en Afrique. Il existe énormément de radio locales, leur diffusion ne dépasse pas 50 kilomètres à la ronde. (Crédit photo : Pixabay, jkebbie)

Sur le continent africain subsistent encore des régions reculées, sans accès à internet voire à l’électricité. La radio est alors la seule manière de s’informer pour les populations. Mais elle est elle-même confrontée à des difficultés.

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« L’espace global de l’information et de la communication est un bien commun de l’humanité »

Nejma Zghidi, psychologue, auteure et comédienne tunisienne, a lu lors de cette soirée quelques extraits de la Déclaration internationale du journalisme.

Lors de la soirée d’ouverture des Assises du journalisme de Tunis, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) présentait sa « Déclaration internationale sur l’information et la démocratie ».

 

Pour la soirée du jeudi, « Information et Démocratie », les visiteurs avaient rendez-vous au théâtre du 4ème art, un espace culturel en plein centre-ville de la capitale tunisienne. RSF présentait sa « Déclaration internationale sur l’information et la démocratie : des principes fondamentaux pour l’espace global de l’information et de la communication ».

Pour introduire la soirée, Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, n’y est pas allé par quatre chemins : « Jusqu’à présent, on voyait des journalistes découpés en morceaux au Mexique. Aujourd’hui, on voit ça dans une ambassade. Des régimes despotiques violent les droits des journalistes« . Sous les applaudissements nourris d’une salle comble, il a conclu : « Il ne peut pas avoir de démocratie si les gens ne sont pas bien informés. »

La Commission sur l’information et la démocratie, composée de 25 personnalités de 18 nationalités, a adopté cette déclaration solennelle à l’unanimité après deux mois d’échanges et d’écriture. Les rédacteurs posent ainsi des principes fondamentaux pour « garantir la liberté, l’indépendance, le pluralisme et la fiabilité de l’information, dans un contexte de mondialisation, de digitalisation et de bouleversement de l’espace public« .

La déclaration, un texte de six pages, a été dévoilée le 5 novembre. Pour la faire découvrir au public du Théâtre du 4ème art, Christophe Deloire a invité Nejma Zghidi, psychologue, auteure et comédienne tunisienne. De sa voix clair, cette dernière a lu des extraits de la déclaration.

Elle a commencé par le préambule :  « L’espace global de l’information et de la communication est un bien commun de l’humanité qui doit être protégé comme tel. Son organisation relève de la responsabilité de l’humanité tout entière, par l’intermédiaire d’institutions démocratiques, dans le but de faciliter la communication entre les individus, les cultures, les peuples et les nations, au service des droits humains, de la concorde civile, la paix, la vie et l’environnement« .

Nejma Zghidi a ensuite insisté sur le droit à l’information, « qui consiste en la liberté de rechercher et de recevoir des informations fiables et d’y accéder. L’information ne saurait être considérée comme fiable que si sa collecte, son traitement et sa diffusion sont libres« .

Christophe Deloire a enfin lancé un appel pour clôturer cette présentation et a expliqué que l’objectif de cette déclaration était de « mobiliser tous ceux qui sont attachés à préserver un espace public libre et pluraliste, condition de la démocratie« .

Vous pouvez retrouver en intégralité la déclaration internationale sur l’information et la démocratie sur le site de RSF :

https://rsf.org/sites/default/files/declaration_internationale_sur_linformation_et_la_democratie.pdf

 

Romain Pichon et Ewen Renou

Dorra Bouzid, esprit rebelle

Au fil de sa carrière, Dorra Bouzid a créé neuf organes de presse et écrit pour plus de trente titres à travers le monde. Photo : Clara Gaillot

Dans l’histoire de la presse tunisienne, Dorra Bouzid occupe une place de choix. Première femme journaliste, elle a dédié sa vie à défendre la liberté féminine du pays. Un combat qui a fait d’elle un symbole de l’émancipation.

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Les Assises du journalisme, ça sert à quoi ?

Jérôme Bouvier et Anne-Claire Coudray, présidente du jury des Assises 2017, lors de la remise des prix de la dixième édition des Assises Internationales du Journalisme, à Tours.

Durant trois jours, du 15 au 17 novembre 2018, la Cité de la Culture de Tunis accueille la première édition des Assises du journalisme hors de France. Un rendez-vous important et nécessaire pour les professionnels de la presse internationale. 

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Les moments forts de l’édition 2018 des Assises

Samuel Forey reçoit son prix. Photo : Malvina Raud


« Un journalisme utile ? » Ce fut, quatre jours durant, la question centrale de la onzième édition des Assises du journalisme, une nouvelle fois organisée à Tours.
Sur place, les étudiants de l’École publique de journalisme de Tours ((EPJT) se sont mobilisés pour réaliser un suivi en temps réel de l’événement, grâce à un live-tweet permanent ainsi que des résumés de chaque ateliers et conférences. Ils ont également interrogé de nombreuses personnalités du monde du journalisme, sur leur plateau TV ou dans les coulisses. Un journal, La Feuille, a été conçu et distribué tout au long des quatre journées : trois quotidiens de huit pages et un de quatre pages, concocté spécialement pour le Salon du livre. Voici une sélection des articles, enquêtes, résumés et rencontres composant les moments forts de cette édition  2018.

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[LE RÉSUMÉ]  « Atelier école : faut-il former les journalistes ? »

Est-il encore utile de former au journalisme ?
« Il faut que l’école leur apporte le réseau nécessaire pour s’insérer dans la vie active plus facilement. » Photo : Clara Gaillot

Retrouvez l’essentiel de la conférence « Atelier école : faut-il former les journalistes ? ».

Avec Véronique Rosa-Donati, secrétaire générale de la rédaction de TV5 Monde, Nicole Gauthier, directrice du CUEJ (Strasbourg) et Lucie Guesdon, cheffe de projet à la Chance aux concours. Atelier animé par Nicolas Sourisce, journaliste, maitre de conférences en sciences de l’information et de la communication, directeur de l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT).

 

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Journalistes et engagés, comment font-ils ?

JournalismeMilitantisme

Comment concilier sa vie professionnelle et ses engagements extérieurs ? Pour beaucoup, la question ne se pose pas. Pour les journalistes, c’est plus compliqué. Conflit d’intérêt, manque d’objectivité, prise de positions… Les risques sont nombreux. Trois journalistes engagés nous font part de leur expérience.

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[EN PLATEAU] Benjamin Bousquet, journaliste à France Info

Journaliste à France Info, Benjamin Bousquet est l’auteur du livre Journaliste, l’ennemi qu’on adore (Editions du Panthéon, 2017). Interrogé par Noé Poitevin sur le plateau de l’EPJT, il revient sur la défiance envers les journalistes et sur leur crédibilité dans les médias. Il livre aussi son point de vue sur notre enquête « Journalistes : détestés et admirés ».

 

[EN PLATEAU] Françoise Nyssen, ministre de la Culture

Françoise Nyssen, ministre de la Culture depuis près d’un an, s’est exprimée au sujet de l’éducation aux médias et de l’accès à l’information pour les plus jeunes. Elle a répondu aux questions de Noé Poitevin et Taliane Elobo.

 

[LE RÉSUMÉ] « Les régions aux Assises : focus sur les médias corses »

Focus sur les médias corses

Retrouvez l’essentiel de la conférence « Les régions aux Assises : focus sur les médias corses »

Animé par Pierre-Paul Battesti, vice-président du Club de la Presse Corse, avec Michelle CASTELLANI, rédactrice en chef de France Bleu RCFM ; Fabrice LAURENT, journaliste à Corse-Matin ; Nicole MARI, chef de service politique – économie à Corse Net Infos ; Thierry PARDI, rédacteur en chef du magazine Mediterraneo sur France 3, président du Club de la Presse Corse. (suite…)

[LE RÉSUMÉ] « Lutter contre les fake news : quelles propositions ? »

Lutter contre les fake news

Lutter contre les fake news, quelles propositions ? Photo : Malvina Raud

Retrouvez l’essentiel de la conférence « Lutter contre les fake news, quelles propositions ? »

Animé par Clara-Doïna Schmelk, rédactrice en chef d’Intégrales, avec Jean-Bernard Schmidt, vice-président de Spicee, Davina Frau-Meigs, membre du groupe d’experts sur les fake news de la Commission européenne, Vincent Lanier, premier secrétaire national du SNJ et Edouard Perrin, journaliste et président du collectif Informer n’est pas un délit.

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Prix éducation aux médias : un « serious game » récompensé

Remise des prix éducation à l'information 2018

Nous avons développé un serious game : à la fois amusant et ludique tout en faisant passer des informations. Photo : Clara Gaillot

Bastien Vonwyss et Julien Schekter ont remporté hier le Prix d’éducation à l’information dans la catégorie « Initiative d’un média francophone » pour leur jeu « Datak », pour Radio Télévisions Suisse. Plus de 18 mois d’investigation et des centaines d’articles ont été nécessaires pour élaborer ce jeu. Le but : vivre la vie d’un stagiaire  confronté à des choix du quotidien. (suite…)

[EN PLATEAU] Thomas Sotto, président des Assises 2018

Présentateur de l’émission Complément d’enquête sur France 2, Thomas Sotto est le président du jury des Assises du journalisme 2018. Face à Valériane Gouban et Thomas Cuny, il est notamment revenu sur la situation de France Télévisions et les liens entre journalisme et handicap, un thème qui le touche particulièrement.

[EN PLATEAU] David Carzon, directeur de la rédaction de Binge Audio

Réinventer le podcast, raconter l’information autrement pour renforcer le lien avec l’auditeur : tel est le mantra de David Carzon. Le directeur de la rédaction de Binge Audio a répondu aux questions de Valentin Jamin.

[EN PLATEAU] Gaëtan Després et les Jeunes Reporters

L’association Jeunes Reporters, primée aux Assises du journalisme 2017, permet aux enfants et adolescents d’apprendre les bases du métier de journaliste. Elle œuvre aussi à l’éducation aux médias. Gaëtan Després, l’un de ses administrateurs et coordinateurs, est venu répondre aux questions de Vanessa Sauvage-Turpin accompagné d’Adèle, une jeune reporter membre de l’association. 

Indépendance : pour quoi faire ?

« Notre indépendance repose sur trois piliers, elle est financière, commerciale et éditoriale. »

De plus en plus de médias se revendiquent indépendants, mais tous n’en ont pas la même définition. De qui est-on vraiment indépendant ? La liberté éditoriale est-elle liée à l’indépendance financière ? La relation avec le public est-elle différente ?

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Médiateur, garder le lien avec le public

« Une fois par mois je reprends les commentaires et les reproches des auditeurs »

 

Les médiateurs de presse sont peu connus. Ils ne sont que neuf à exercer ce poste en France. Quatre d’entre eux témoignent de leur expérience et détaillent leur travail au quotidien. 

 

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Médiacités, un an après

L’équipe du pure-player Médiacités. Photo : DR

 

 

 

 

Le journal d’investigation en ligne Médiacités a fêté son premier anniversaire en décembre. Après son lancement dans quatre villes (Lille, Toulouse, Lyon et Nantes),le site a ouvert une partie de son capital. Il vient de clore sa levée de fonds, après avoir récolté près de 350 000 €. Trois questions à Sylvain Morvan, l’un des cofondateurs.

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Cinq idées reçues sur les journalistes

Cinq idées reçues sur le journalisme. Photo : Clara Gaillot

 

 

 

 

 

Qui sont-ils, d’où viennent-ils, combien gagnent-ils : voici cinq idées reçues sur le métier de journaliste, dont la réalité est parfois (très) différente de l’image que le public peut s’en faire.

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