Retrouvez l’essentiel de la conférence : « (S’)informer dans dix ans ».

Les quatre intervenants pensent que la technologie sera bénéfique pour le journalisme. Photo : Laura Bannier

 

Animé par Jérôme Bouvier, secrétaire général de Journalisme et citoyenneté. Avec Ludovic Blecher, directeur du fonds google-AIPG pour l’innovation numérique de la presse (FINP), Laurent Guimer, directeur de FranceInfo, Francis Morel, PDG des groupes Les Echos et Le Parisien-Aujourd’hui en France, président du SPQN, Emmanuel Hoog, directeur général et président de l’Agence France-Presse.

 

LES ENJEUX

(S’)informer dans dix ans est le fil rouge de ces Asssises 2017. Mais comment prédire l’avenir ? En 2017, de nouveaux outils vont s’imposer dans les rédactions. Le milieu journalistique devra probablement trouver, et construire, un nouveau modèle économique. Les rapports avec son public vont sûrement évoluer, reste à savoir de quelle manière. Et, comment peut-on se projeter dans un journalisme « du futur » où le public co-produit l’information ? Rendez-vous en 2027.

 

CE QU’ILS ONT DIT

Ludovic Blecher :  « La technologie sera le nouveau capteur de la société. Une technologie qui renouera le public à l’information, et au journalisme. Plus que jamais nous avons besoin d’outils pour déchiffrer et pour chiffrer. Il faudra arriver, dans dix ans, à créer une collaboration entre les journalistes et les chiffres. Le rôle du journaliste lui, continuera d’être le curateur d’expérience qui apporte de la compréhension et du contexte. Mais il est vrai que le journalisme est de plus en plus compliqué. Il demande de plus en plus de souplesse mais aussi d’exigences, de nouvelles méthodes de travail, et avec de nouveaux outils ! »

Laurent Guimer : « Les choses vont extrêmement vite. Je ris parfois quand on lit ce qu’on écrivait il y a dix ans. Le rythme de la transformation des médias va-t-il continuer à cette vitesse ? Avec le retour de la voix comme vecteur de l’information (Siri…), le son à de l’avenir. Les rédactions ont l’absolue nécessité de se recentrer sur ce qui fonde la valeur ajoutée d’un média. D’autant plus avec l’arrivée des robots. Enfin je ne vois pas de rupture ou de risque particulier à tenter des expériences de réalité virtuelle. Nous n’y arriverons peut-être pas, ou peut-être aussi plus rapidement que prévu. »

Francis Morel : « Je pense que dans la mesure où l’information, on l’aura partout et tout le temps, les journalistes auront un rôle encore plus important que maintenant. Il faut à la fois qu’ils analysent rapidement, décryptent, contestent, et qu’ils animent des débats sur la vie qui nous entoure. Les journalistes doivent avoir tous ces rôles. S’ils ne le font pas, la vie démocratique va être compliquée. »

Emmanuel Hoog : « On pourra trouver à l’avenir, avec des robots, avec de l’interactivité et en multipliant les sources, des moyens de production de masse de plus en plus importants. L’enjeu, c’est la capacité à garder des marques de référence, qui fonctionnent sur de la qualité. La confiance naît de la qualité, c’est ça qui finance l’écosystème. Si les marques s’effondrent, l’écosystème s’effondre. Sans le couple marque-qualité, l’économie va tomber. »

 

À RETENIR

Les techniques journalistiques actuelles ne sont pas vouées à disparaître, mais à s’enrichir du développement des nouvelles technologies, qui se combineront avec le travail du journaliste. Les robots de fact-checking se développent notamment. Les agences de presse travailleront avec de plus en plus de collaborateurs et faciliteront l’accès à leurs données. La qualité et la fiabilité sont essentielles et doivent se maintenir pour le futur. La question du support n’est pas tellement un problème, l’essentiel reste le contenu. Le travail du journaliste sera indispensable, mais de plus en plus varié et compliqué. En réalité il est impossible de prédire comment les choses se passeront, tout comme il y a dix ans les professionnels se trompaient sur la future évolution du métier.

Cyrielle Jardin et Manon Vautier-Chollet