Retrouvez l’essentiel de la conférence « Le journalisme en résidence ».

Selon les intervenants, il y a un besoin de réappropriation de l’information par les citoyens. Photo : Lucie Martin

 

Animé par Nordine Nabili (Université de Cergy-Pontoise), avec Marie-Emmanuelle Boileau (journaliste montréalaise en résidence à Tours), Jean-Michel Dumay (journaliste en résidence dans le Val d’Oise), Julia Beurq (journaliste en résidence à Allones), Arnaud Jacquart (journaliste en résidence à Tulle) et Lucas Roxo (journaliste en résidence à Roubaix).

 

LES ENJEUX

Le journalisme en résidence est né d’une réflexion des acteurs des médias de quartier en 2009. L’idée est de s’inspirer des enseignements des artistes en résidence. Pourquoi ne pas proposer à des écoles ou à des associations de faire un travail plus concret en collaboration avec des journalistes ? Depuis un an et demi, l’idée a fait son chemin. Aujourd’hui, nous avons les premiers acteurs du journalisme en résidence. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils s’impliquer pour continuer de faire vivre cette expérience ? Cinq journalistes rendent compte de leur expérience.

 

CE QU’ILS ONT DIT

Jean-Michel Dumay : « Je suis allé en résidence car j’ai la conviction que les citoyens ont le besoin de se réapproprier l’information. L’univers médiatique est concentré dans un « ballon » excentré. C’est ce que je remarque avec les personnes avec lesquelles je travaille : elles ne se sentent pas concernées. »

Julia Beurq : « Le but est de partir des bases, ce que les élèves connaissent des médias et des journalistes, pour arriver à la construction d’un format journalistique. Il faut redonner de l’importance à l’information et à la manière dont on s’informe et pousser les jeunes à avoir un esprit critique. »

Arnaud Jacquart : « À part les écoles de journalisme, il n’y a pas de formation à l’information. C’est ce que le journaliste en résidence vient combler. Mon idée est d’accompagner dans l’information pour déconstruire les préjugés envers les médias. »

Lucas Roxo : « Il y a de nombreux médias et pigistes qui n’arrivent pas à vendre des reportages, qui sont pourtant de qualité. J’ai eu envie d’avoir une plus-value, j’ai donc travaillé sur la réappropriation des outils médiatiques par les jeunes de quartier populaire. Je suis arrivé à Roubaix avec cette idée de permettre à certains de ces jeunes d’accéder à des écoles de journalisme. » 

 

À RETENIR

À travers leurs expériences, les journalistes intervenants ont mis en évidence le besoin de la réappropriation de l’information par les citoyens. Beaucoup se méfient aujourd’hui des médias et ne se sentent pas concernés par certaines informations. Le rôle du journaliste en résidence est de permettre une éducation à l’information et à la manière de s’informer. Ce projet tend à se développer grâce au soutien du ministère de la Culture et de la Communication, et de l’Education nationale.

Laura Bannier