Retrouvez l’essentiel de la conférence : « Fake news et post-vérité ».

Pierre Ganz a longuement insisté sur la diversité des types de fausses informations. Photo : Lucie Martin

 

Animé par Laurence Benhamou, (AFP). Avec Gérald Bronner, professeur de sociologie à Paris 7 et membre de l’Académie des technologies, Pierre Ganz, vice-président de l’Observatoire de la déontologie des médias, Luc Hermann, producteur, journaliste et directeur de l’agence Premières Lignes et Alexandre Pouchard, journaliste, responsable adjoint des Décodeurs du Monde.

 

LES ENJEUX

La campagne de Donald Trump l’a prouvé : l’affirmation d’une vérité peut prendre le pas sur la vérité, et donc, la réalité. Le terme fake news est aujourd’hui entré dans le dictionnaire de la très prestigieuse université d’Oxford. Sa définition : « les faits objectifs ont moins d’influence sur l’opinion que les émotions et les croyances personnelles ». Mais alors, comment lutter contre ce phénomène ? Et avec quels outils journalistiques (fact-checking, enquête, décodage…) ?

 

CE QU’ILS ONT DIT

Gérald Bronner : « Nous sommes confrontés à une disponibilité colossale de l’information, car le marché a été dérégulé. Il faut réguler le marché de l’information sans prendre de mesures liberticides. Sur bien des sujets, les crédules ont instauré un monopole de l’information. Chacun doit avoir une responsabilité intellectuelle personnelle. »

Pierre Ganz : « Il faut raffermir la qualité de l’information car il existe plusieurs types de fake news. Nous ne pouvons pas nous dégager de notre responsabilité dans le désamour que ressentent pour nous nos concitoyens. Nous ne sommes parfois pas assez rigoureux. La chute du nombre de journalistes spécialisés fait baisser la qualité de l’information. Car un journaliste ne peut être compétent dans tous les domaines. Les journalistes doivent rester neutres et ne pas s’engager. »

Luc Hermann : « Nous devons absolument continuer à gagner la confiance de nos lecteurs, par le fact-checking, par la rectification de nos erreurs. Nous avons une responsabilité énorme envers nos concitoyens. Nous arrivons dans une course à l’information qui est très complexe, car produire de l’information d’investigation demande du temps et des moyens. »

Alexandre Pouchard : « La pression du temps réel fait que beaucoup de fausses informations circulent sur les réseaux sociaux. Très souvent, la vérification a moins d’impact que la fausse information, même si ce journalisme et son impact sont en expansion. Nous nous adressons aux indécis, pas aux personnes déjà convaincues par les fausses informations. »

 

À RETENIR

Les fake news se développent et c’est le rôle des journalistes de lutter contre ces dérapages. L’instantanéité de l’information ne doit pas faire oublier la rigueur à la profession. Les médias diffusent parfois eux-mêmes des fausses informations, malgré eux. Il y a une multitude de formes de fake news (la mésinformation, la désinformation, le complotisme…), qu’il faut différencier. Le meilleur moyen de combattre ces fausses informations est de réguler le marché.

Corentin Dionet