Retrouvez l’essentiel de la conférence « Comment faire émerger les médias de demain ? ».

Des aides sont disponibles pour créer des médias. Photo : Lucie Martin

 

Animé par Stéphane Rabut, vice président du Club de la presse de Lyon. Avec Martin Ajdari, directeur de la direction générale des médias et des industries culturelles (DGMIC), Jean-Christophue Boulanger, président du Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (SPIIL). Cécilia Gabizon, cofondatrice de StreetPress et cofondatrice de Media Maker, Julien Kostreche, cofondateur et codirecteur de Ouest Medialab et Christophe Leclerq, fondateur d’Euractiv.

 

LES ENJEUX

Depuis l’été 2016, une aide est accessible aux médias émergents. Cette aide a pour but de favoriser le pluralisme de l’information, et ainsi aider les citoyens à accéder à l’information. La question du web est un tournant également. L’État a ainsi lancé un fond de soutien et d’émergence pour les projets de médias, allant jusqu’à 50 000 euros. Le site Les Jours a pu en profiter notamment. Un des volets de ce programme, qui représente 5 millions euros au total, s’appuie sur la recherche, et sur la question de la monétisation.

 

CE QU’ILS ONT DIT

Martin Ajdardi : « Les médias de demain ne sont pas forcément numériques. Nous avons primé un média qui s’appelle Topo, qui est un bimestriel de 44 pages dédié à la bande dessiné. Pour l’État, la forme n’est pas importante, c’est le fond. L’indépendance des médias et l’éducation aux médias sont nos priorités aujourd’hui. »

Jean-Christophe Boulanger : « Avoir 50 000 euros de subventions pour lancer un journal c’est pas mal. Le pluralisme souffre beaucoup en région, et avec ces différentes aides, qui sont également juridiques, cela offre un cadre pour lancer des nouveaux médias. Je pense qu’il ne faut pas en demander davantage à l’État, c’est à nous médias, de nous battre pour émerger et rester indépendants. »

Cécilia Gabizon : « Quand on a crée la Street School nous voulions créer de nouveaux profils. Nous sommes partis de cette idée que le média de demain est le média d’aujourd’hui, car il est construit durant une époque qui, elle, est compliquée à saisir. La Street School s’est conçue sans business model, et elle marche. Media Maker est né dans la foulée. Il est vu comme un accélérateur dans la création de médias. »

Julien Kostreche : « Nous avons organisé des hackathons avec des journalistes, des informaticiens et des designers. Nous les avons proposés avec des écoles, en partenariat avec des médias. Très vite, les gens sont venus à nous. »

Christophe Leclerq : « Il faut analyser très tôt ce qu’il se fait ailleurs, dans les autres pays. Il faut également être en constante évolution c’est-à-dire se renseigner sur les tendances qui ne sont pas en France. Les petits pays ont des concepts internationaux et cela marche. Il faut s’inspirer de la presse allemande également, qui est riche et forte. La presse espagnole également, car suite à la crise, elle a du se transformer, évoluer. »

 

À RETENIR

Pour faire simple, si vous souhaitez créer votre média, des aides sont possibles (et recommandées). Il faut également être réaliste, et voir ce qu’il se passe actuellement. Un média émergent doit être ancré dans le présent. Mais pas que. Pour créer un média, comme l’a dit très justement Cécilia Gabizon, il ne faut pas confondre hobbies et travail. Quelques mots d’ordre : être accompagné, choisir son équipe, et surtout, bien envisager son business plan.

Martin Esposito