Avec BoxSons, Pascale Clark, ancienne grande voix de France Inter, se reconvertit dans le podcast. Et elle souhaite changer nos habitudes. 

Pascale Clark n’oublie pas que la radio, c’est le son avant tout. Photo : Lucie Martin

 

Quelle est l’originalité de votre projet ?

Boxsons est un média sonore indépendant. Média, parce que c’est l’actualité qui est notre matière première, même si on se paye le luxe de choisir ce qui nous intéresse et d’y passer du temps. Sonore, parce c’est le son qui nous guide, nous croyons à la force du son et au pouvoir des vocations qu’il entraîne. Indépendant, ce n’est pas juste une coquetterie ou un mot : nous avons choisi de sortir sans publicité et sans l’argent de ces cinq ou six grands financiers qui détiennent tous les médias français. Tout le monde regarde ailleurs, mais c’est extrêmement préoccupant. La sanction peut être sournoise et peut parfois prendre la forme de l’autocensure. Tant qu’à créer un média aujourd’hui, autant échapper à cette mainmise. C’est plus compliqué car nous dépendons uniquement des abonnés, nous avons fait le pari d’un modèle payant. Nous essayons de créer une communauté qui pense comme nous qu’un autre son est possible, un son qui n’a plus de contrainte, un son qui est travaillé par des professionnels du son.

 

Le son peut-il rivaliser avec l’image ?

L’image est partout et dès le début nous ne voulions pas de vidéo sur BoxSons. Parce qu’elle n’apporterait rien, parce que c’est un autre métier et parce que nous sommes déjà sous une avalanche d’images. Il n’y a plus beaucoup de son à la radio. Le son est pourtant tellement incroyable, c’est le pouvoir de l’imagination.

 

Quelles sont les différences entre le podcast et la radio traditionnelle ? 

Nous passons du temps pour réaliser nos sujets, on passe du temps avec les gens qu’on interviewe. Ensuite, les gens écoutent quand ils veulent, dans la jungle urbaine, dans le métro puisqu’on peut télécharger avant, en voiture, dans son tracteur pour les agriculteurs qui labourent, sur son ordinateur en cuisinant, sur son tapis dans la salle de gym. Nous avons même crée des podcasts pour aider les insomniaques à dormir. C’est pour toutes les situations de la vie… On peut écouter du son de manière légère sans que cela soit nécessairement de la musique. On cherche à accompagner la mobilité et le quotidien. Notre vocation, c’est de multiplier les formes et les formats. Il y aura du très long parce qu’on n’en trouve plus ailleurs, mais il y aura aussi du très court. Certaines personnes choisiront justement selon la durée du podcast.

Propos recueillis par Colin Mourlevat