Pour séduire les (jeunes) internautes présents sur les réseaux sociaux, les médias misent sur des vidéos très courtes et conçues pour le mobile. C’est le news snacking.

Le nouveau média Brut s’est imposé comme une référence dans le domaine de l’information courte. Photo : Martin Esposito.

Durée d’attention réduite, lecture verticale de son smartphone… Informer et divertir le plus rapidement possible, c’est le défi que les nouveaux médias souhaitent relever à l’ère des Facebook, Snapchat et Twitter. On appelle cela le news snacking, la consommation de nombreuses vidéos d’informations courtes.

Problème : cette audience est plutôt difficile à capter. Collée à son smartphone en continu, grâce auquel elle s’informe du bout des doigts, la génération des 18-24 ans s’informe majoritairement sur les réseaux sociaux, au détriment des médias traditionnels comme la télévision.

La start-up NowThisNews, née en 2012, est le précurseur américain du news snacking. A son lancement, sa promesse éditoriale était radicale : informer en moins d’une minute. « Nous nous sommes libérés des contraintes de la diffusion traditionnelle », explique son rédacteur en chef, Ed O’Keefe. Un modèle qui s’est développé en France sous les noms de Brut ou Explicite. L’âge moyen des journalistes de ces nouveaux médias se rapproche souvent de celui de son public, l’objectif étant d’être au plus proche pour mieux percuter le lecteur.

Positionné sur des sujets de politique et de société, Brut publie entre cinq et huit contenus par jour, confectionnés par une équipe d’une douzaine de personnes, journalistes comme graphiste. « Selon nous, les formats télévisuels n’intéressent plus les jeunes et il n’y avait pas d’offre alternative indépendante », explique Laurent Lucas, le directeur éditorial de Brut.

Mais dans des formats aussi brefs, qu’en est-il du sens de l’information ? Laurent Lucas le reconnaît lui-même, il est parfois impossible d’informer en une minute. « Nous préférons ne pas faire un sujet plutôt que d’essayer de le réduire et de le bâcler », explique t-il. A l’heure des fake news et des « faits alternatifs », informer sur les réseaux sociaux reste un pari risqué.

Laura Bannier et Lucie Martin

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