[LE RÉSUMÉ] « Les beaux jours de la télévision »

Retrouvez l’essentiel de la conférence « Les beaux jours de la télévision ».

Bolloré a fait parler de lui pendant la conférence. Photo : Lucie Martin

 

Animé par Albéric de Gouville, rédacteur en chef de France 24, avec Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, journalistes à Les Jours et auteurs de Comment Vincent Bolloré a mangé Canal+ aux éditions du Seuil et Bruno Patino, directeur éditorial d’Arte et auteur de Télévisions aux éditions Grasset.

 

LES ENJEUX

L’image et la vidéo sont plus de plus présentes sur les réseaux sociaux mais la télévision, elle, est toujours là. Alors que la mutation numérique qu’elle a entamée s’annonce floue, certaines chaînes sont en pleine reconstruction.

 

CE QU’ILS ONT DIT

Bruno Patino : « L’histoire du livre est assez simple : j’ai toujours écrit sur l’évolution du média dans lequel je travaillais. La télé a été faite par des êtres humains et elle en train d’être prise par des systèmes. Je suis convaincu que le moment de disruption de la télévision ces dernières années, c’est Facebook Live et Periscope. Les chaînes se réfugiaient derrière le direct. Mais on s’est rendu compte qu’un réseau social pouvait faire du live. La télévision n’est pas en train de disparaître mais les chaînes vont être une des nombreuses propositions éditoriales en terme de vidéo. »

Raphaël Garrigos : « Vincent Bolloré a revendu Direct 8 à Canal contre de l’argent et des actions Vivendi et il a réussi à prendre la présidence de Vivendi. Un des premiers gestes de Canal + après avoir repris Direct 8, c’est d’avoir viré Jean-Marc Morandini. Quand Vincent Bolloré reprend le groupe, il met Jean-Marc Morandini sur Itélé. Si cette violence avait rapporté de l’argent à l’actionnaire… Mais ça ne marche pas. Vincent Bolloré fait de la télévision comme avec ses conteneurs en Afrique. »

Isabelle Roberts : « Ce qui est très violent dans l’histoire des licenciements des cadres de Canal +, c’est que Vincent Bolloré n’a même pas prononcé leur nom. Il a réussi à faire partir la rédaction d’Itélé sans plan social, ce qui n’est pas légal. Il a un aspect paternaliste envers les anciens de Direct 8, il leur dit bonjour. Certains l’appellent Papa Bolloré. »

 

À RETENIR

Les beaux jours de la télévision : un nom pas forcément approprié pour cette conférence au cours de laquelle ont été abordées le moment compliqué que vit Canal+ et la mutation en cours de la télévision.

Marcellin Robine

[LE RÉSUMÉ] L’information, propriété privée ?

Découvrez l’essentiel de la conférence : « L’information, propriété privée ? » Animée par Dominique Gerbaud, ancien Président de RSF. Invités : Aude Lancelin auteur de « Le Monde libre », édition des liens qui libèrent et Laurent Mauduit, auteur de « Main basse sur l’information, éditions Don Quichotte.

LES ENJEUX

Depuis plusieurs années, plusieurs milliardaires ont racheté des groupes et des titres de presse. Cette pratique peut présenter des dérives : dilution ou changement de la ligne éditoriale, journalistes censurés et contestation réduite. Aujourd’hui, certains journalistes n’hésitent pas à claquer la porte des rédactions.

ILS ONT DIT

Aude Lancelin : « J’ai vécu, une expérience de lutte, extrêmement rassurante humainement. Elle n’était pas politisée. Elle se dressait contre les actionnaires. Mais elle était également désespérante collectivement. Nous avons compris que les chartes éthiques ne nous protégeaient pas. Le capital continue d’avancer. Ces textes ne sont que des paroles. »
Laurent Mauduit : « Quand Matthieu Pigasse a racheté Le Monde en 2009, il rêve d’asservir le journal pour porter la candidature de Dominique Strauss-Khan à la présidentielle. C’était contraire à l’idée des fondateurs du journal. »

À RETENIR

Le rachat de titres de presse ont pu être fait en raison d’un contexte économique délicat mais aussi grâce aux relations que certains d’entre eux entretiennent avec certains hommes politiques. La grève à Itélé a montré que des journalistes pouvaient se soulever. Mais les rédactions doivent obtenir un statut juridique, des droits moraux et ainsi protéger son intégrité. Internet peut également apparaître comme un appel d’air pour la liberté.

Bastien Bougeard